Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi (2003 – version longue) de Peter Jackson par Tootsif

Les armées de Sauron ont attaqué Minas Tirith, la capitale de Gondor. Jamais ce royaume autrefois puissant n’a eu autant besoin de son roi. Mais Aragorn trouvera-t-il en lui la volonté d’accomplir sa destinée ?
Tandis que Gandalf s’efforce de soutenir les forces brisées de Gondor, Théoden exhorte les guerriers de Rohan à se joindre au combat. Mais malgré leur courage et leur loyauté, les forces des Hommes ne sont pas de taille à lutter contre les innombrables légions d’ennemis qui s’abattent sur le royaume…
Chaque victoire se paye d’immenses sacrifices. Malgré ses pertes, la Communauté se jette dans la bataille pour la vie, ses membres faisant tout pour détourner l’attention de Sauron afin de donner à Frodon une chance d’accomplir sa quête.
Voyageant à travers les terres ennemies, ce dernier doit se reposer sur Sam et Gollum, tandis que l’Anneau continue de le tenter…

affiche lsda  le retour du roi

TOUT VOYAGE A UNE FIN

Faire une semaine spéciale sur la fantasy sans aborder la trilogie cinématographique Le Seigneur des Anneaux aurait, outre le fait de nous priver d’un bon petit paquet de vues (oui je suis arrivé à une vision bassement matérialiste et comptable du blog, tout d’un blasphème, et comme vous le savez le blasphème n’est pas dans le genre de la maison, croix de bois, crois de fer !

Et devant l’énormité de la tache il fut décidé à l’unanimité (moins les absents. Mais ceux là ont toujours torts) de se partager cette œuvre. Et ça tombait bien puisque l’on était 3 à décider de ça et qu’il y avait 3 films ! Putain ce que le monde est bien fait quand même ! J’en viendrais presque à croire en l’existence de Dieu !

Bon ce qui tombait beaucoup moins bien c’est que j’héritais du 3eme volet, Le Retour du Roi, qui, dans sa version longue (celle dont je vais vous parler puisque je suis un pur et dur cinéphile et pas un p’tit joueur) dure la sympathique durée de 4 h 20, et qui, est le tome du Seigneur des Anneaux que j’apprécie le moins.

le retour du roi - 1

Car si j’éprouve le plus grand respect pour l’univers et la mythologie que Sieur John Ronald Reuel Tolkien (et ouais son nom en entier claque) a inventé, faisant ainsi de lui le « père » de la fantasy moderne, je suis désolé mais à mes yeux Tolkien est un piètre conteur dont le parti pris hyper descriptif rend l’œuvre par moment ultra chiante (franchement qui n’a jamais eu envie de tuer Tom Bombadil ? Que celui là me jette la première pierre).

Et, dans Le Retour du Roi on atteint la quintessence du style ampoulé et, hélas, barbant de Tolkien avec la traversée du Gorgoroth et une ascension final de la Montagne du Destin par Frodon et Sam dont la lenteur exaspérante à fait refermer le bouquin à nombre de personnes. Alors ok, c’est pour ménager le suspens, pour que l’on croit qu’il n’y a plus aucun espoir, pour que l’on ressente le poids de la charge de Frodon, de sa mission, de comment l’Anneau peut ronger son porteur malgré toute la pureté et innocence première de ce dernier et tout le tralala sur lequel les adeptes de la glose se feront un plaisir de se masturber, mais désolé c’est d’un long et d’un lent !

Sans compter un final à rallonge à l’intérêt des plus relatifs.

le retour du roi - 2

Heureusement Peter Jackson a bien compris que ces passages pouvaient être problématiques pour la rythmique de ses films et tout comme il avait eu le bon goût de sucrer ce putain de pied léger de Tom Bombadil, il n’hésite pas à couper dans le final pour essayer de permettre à son film de garder un rythme constant sur une durée de plus de 4 heures et d’alterner avec plus de brio que le livre entre action et émotion.

Bon ok, le final est encore à mes yeux un poil trop long et les états d’âme du geignard de Frodon à la limite de l’horripilant (trop appuyer sur le côté « c’est mon fardeau, ma destinée » tue justement par moment cette tension dramatique), et même si Peter Jackson a coupé là où il fallait (merci de ne pas avoir fait revenir Saroumane à La Comté). Le final se traîne globalement en longueur avec des scènes pas forcément bien inspirées (le couronnement d’Aragorn aussi vite expédié qu’il manque d’émotion et le réveil de Frodon très kitsch dans sa réalisation et bien loin de l’effet escompté)

Mais le reste du film est de très grande qualité même si les petits défauts de réalisation de PJ, présents depuis le début de la saga sont hélas toujours bels et bien là.

le retour du roi - 3

En effet, ce dernier à la désagréable manie de tourner les scènes dramatiques au ralenti ce qui nuit à l’effet recherché car un sentiment de too much se fait ressentir. Ben ouais voir la souffrance, le désespoir au ralenti tendis que retentit une musique pompeuse derrière a plus tendance à m’agacer qu’à susciter chez moi l’émotion. A

A ceci il faut ajouter son désagréable amour des grandes phrases sentencieuses voire pompeuses (notamment dans la bouche de Gandalf) et des petites blagounettes potaches (le concours entre Gimli et Legolas, le surf sur oliphant de Legolas) qui nuisent à la dramaturgie du récit.

Le dernier défaut, propre à ce film, concerne le moment de pure bravoure du récit c’est à dire la bataille devant les portes de Minas Tirith. En effet cette dernière n’atteint pas l’intensité de celle du gouffre de Helm (faut dire que vu la claque il était dur de refaire un tel exploit) avec un affrontement entre le roi sorcier et Eowyn trop vite expédié.

Mais comme j’aime à le répéter tout ceci n’est que chiures de mouches sur le plafond de la chapelle Sixtine car le film est quand même de haute volée.

le retour du roi - 5

En effet celui-ci synthétise parfaitement une aventure longue de 3 ans qui a su trouver le juste équilibre entre action et émotion, grande histoire et petites.

Car Si Peter Jackson a su trancher et faire les coupes nécessaires au bon rythme du film il n’a à aucun moment couper sur la richesse de l’univers et les histoires propres aux personnages de Tolkien.

En effet alors qu’il aurait pu se contenter pour gagner l’adhésion du public de nous faire un film que de batailles mais non P.J va plus loin et nous montre ainsi les forces et faiblesses de chacun des protagonistes.

Et pour quel succès ! Voir ainsi la relation difficile entre Faramir, fils qui recherche à tout prix l’approbation de son père, et ce dernier, Denethor, qui ne voit en lui qu’un pauvre substitut à son fils aîné, Boromir, qui était le seul à le comprendre et le satisfaire est un pur régal. Et quelle émotion quand Denethor, sans un regard pour son fils qui part se sacrifier en vain, déclare qu’il préférait que ce soit lui qui soit mort plutôt que Boromir !

présentation le retour du roi

Il y a donc l’émotion et il y a le spectacle. Comment ne pas être bouche bée devant la majesté des murs de Minas Tirith ? Comment ne pas faire corps avec les cavaliers du Rohan quand Théoden les invective avant de les jeter dans une bataille où beaucoup perdront la vie ? Comment ne pas frémir quand les cris des montures des nazguls déchirent le ciel ?

Et il y a tout le reste : ce casting ultra classieux, ces putains de décors naturels qui vous décollent la rétine (cette scène de l’allumage de feux d’alarme est juste somptueuse), cette musique épique, ses effets spéciaux impressionnants mais hyper naturels faisant que la saga se clôture admirablement malgré les défaut qui parsèment tout le métrage.

Car à la fin il ne restera qu’une seule impression : celle d’avoir assisté à une odyssée comme rarement le cinéma nous en a montré et qui, une fois achevée, laisse clairement un sentiment de manque. On était si proche de la Terre du Milieu.

Un bon film

« Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi » (version longue) de Peter Jackson (2003). Avec : Elijah Wood, Sean Astin, Viggo Mortensen, Orlando Bloom, Ian McKellen. Distribué par Metropolitan FilmExport. Durée : 04 H 23.

Publicités

3 commentaires

  1. C’est vrai qu’il y a plus de défaut dans celui là que dans le deuxième volet, pourtant le plus dur à faire d’après Jackson.
    Mais ce qu’il manque le plus à mon sens dans ce volet, c’est de sentir l’implication de tous les peuples de la terre du milieu (pourtant bien plus présent dans le bouquin), et c’est vrai que Jackson cède parfois trop à la simplicité, mais au final quelle puissance tout de même!!!

    J'aime

    • En même temps le bouquin a une fin à ultra-rallonge ( cette ascension qui n’en finit pas, ce putain de retour à la Comté avec Saroumane) donc PJ fait avec le matériau originel (et il a le bon goût de faire quelques coupes)

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s