Excalibur de John Boorman (1981) par Marc Shift

Le roi Uther Pendragon, roi guerrier, n’arrive à unifier le royaume de Bretagne que grâce à l’aide du magicien Merlin. Le roi demande une dernière faveur à son mage, mais le prix à payer sera élevé….

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It’s a kind magic

Le mythe de l’épopée arthurienne et pour moi une œuvre fondamentale, à peu près au même titre que l’Illiade et l’Odyssée. Si les œuvres d’Homère sont considérées comme les premières œuvres littéraires occidentales, sans conteste les œuvres de Chrétien de Troyes sont fondatrices de la langue française (ce sont les premières œuvres en langue « vulgaire ») et de tout un pan de la culture occidentale.

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Ce sont ces œuvres qu’on retient alors qu’en très grande partie à la base il y a des poèmes, des contes, des chants qui sont racontés, transmis et transformés jusqu’à leur fixation définitive sur papier. Définitive ? Heureusement non car c’est tout un univers qui ne demande qu’à être repris, réinterprété pour le meilleur et pour le pire.

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L’influence de ces œuvres est encore très présent, que ce soit au cinéma, en musique ou en littérature, et ce qui est très intéressant c’est que peu de monde au final se dira « Mais il ne respecte pas le bouquin !! » ne serait ce que cet univers à près de 1000 ans. C’est énorme quand on y pense. Et à part pour les spécialistes linguistiques il est quasi impossible de lire les textes originaux tant la langue a évolué.

Et Excalibur dans tout ça ? J’ai presque honte de dire que je ne connaissais pas ce film, qu’un collègue m’a très chaudement recommandé et que donc j’ai finit par regarder. J’ai bien fait.

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Excalibur n’est pas à proprement parler un film fidèle au matériel d’origine, prenant d’ailleurs des libertés dès le prologue où l’on voit le roi Uther Pendragon possesseur de cette épée des rois qui constatant son échec en tant que pacificateur, plante Excalibur dans un rocher au seuil de sa mort. Seul son fils, Arthur, élevé dans l’ignorance de son rang, sera capable de la déloger et d’unir le royaume grâce à sa bravoure et surtout grâce à ses vertus….

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La grande force du film réside de toutes façons dans son récit grâce à un scénario (écrit par John Boorman et Rospo Pallenberg) taillant dans le vif mais tout en gardant l’essence du monde arthurien, à savoir esprit chevaleresque, amour courtois, une culture encore très panthéiste pourtant moribonde qui laissera sa place à l’occident chrétien. Vu comme ça ça fait pompeux mais le récit évite cet écueil en laissant les personnages au cœur du récit, sans symbolisme lourdingue le film n’appuyant pas trop sur le côté mystique de la quête. A noter que si vous n’avez que peu lu sur la légende arthurienne il est possible qu’il vous manque un fil conducteur clair, car à trop tailler dans le vif le film est assez elliptique dans le dernier tiers…

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Après il y a le choix du registre de jeu des acteurs où on a un Merlin (Nicol Williamson) à la diction très sentencieuse, un Arthur (Nigel Terry) franchement falot dans le premier tiers, et globalement une sensation de jeu assez théâtral (du moins dans la diction) qui déplaira sans doutes à pas mal de monde. Mais c’est faire fi du sadisme de John Boorman à faire porter l’armure en toutes circonstances que ce soit pour les scènes de combats (ça a vieillit mais ça reste bien troussé) jusque dans la boue, chevauchés, et même la saillie royale (là ça doit faire mal quand même). Au début il y a un côté rebutant pour finalement se rendre compte que ça colle plutôt bien à l’univers.

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Et puis John Boorman n’a pas vraiment son pareil pour donner corps à cette histoire, en tournant presque toutes les scènes en extérieur avec des décors en dur, avec une très belle photographie donnant un côté très naturaliste à l’ensemble et paradoxalement un côté très éthéré, les cadrages, les costumes sont très soignés et la musique donne un souffle indéniable à l’ensemble il faut dire qu’en choisissant Richard Wagner et Carl Orff (réarrangé par Trévor Jones) difficile de ne pas faire épique.

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Le projet initial était une adaptation de la trilogie de Tolkien. Dommage. Dommage que John Boorman n’ai pas pu faire une trilogie sur les légendes arthurienne on aurait eu là un immense chef d’œuvre…

excellent, au dessus de la mêlée
excellent, au dessus de la mêlée

Excalibur de JohnBoorman (1981, USA-GB) tiré du livre éponyme de Thomas Mallory avec Nicol Williamson, Nigel Terry, Helen Mirren, Gabriel Byrne, Liam Neeson…..durée 2h20

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4 commentaires

  1. Il ne dure que 2h20 ? Bah, de toute manière, j’ai toujours aimé ce film. Jamais la féerie n’a été aussi sombre. Ce film est vraiment prenant, et n’exploite pas la magie pour distraire les enfants.

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  2. Ma première claque dans le genre!! Je l’ai vu au collège dans l’indifférence totale du public soufflant comme si on lui avait imposé le film….bon, on lui avait imposé!!

    Une œuvre un peu folle et pharaonique pour un réalisateur maintenant tombé dans l’oubli.

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