Profit de David Greenwalt et John McNamara Saison 1 (1996) par Mat Castle

Jim Profit, jeune cadre ambitieux, débarque dans une boite réputée, « Gracen and Gracen ». Attentionné avec tout le monde, Profit est en réalité un pur sociopathe capable de tout pour s’élever hiérarchiquement dans l’entreprise. Manipulations, mensonges, meurtres, sont ses chevaux de bataille pour réussir. Son supérieur et une ses collègues vont percer à jour le Yuppie et essayer de le faire tomber,très très mauvaise idée….

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Mat Castle is back, et il a la gnak!!!

« Machiavel avec un ordinateur portable », « Rastignac de la haute finance », « Sous le visage rassurant du cadre parfait…s’épanouit le cerveau le plus tordu, pourri et arriviste qu’on ait croisé dans une série depuis bien longtemps » ce sont là que quelques réactions dithyrambiques de la presse U.S et française concernant la découverte de « Profit » et son anti-héros extrême Jim Profit. Un cas qui reste encore aujourd’hui unique dans l’univers des séries ricaines car le perso principal du « show » n’a aucune qualité humaine.

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De nos jours, ces héros torturés sont légions mais que ce soit Vic Mackey (« The Shield« ), Tony Soprano (« Les Soprano« ) ou le Al Swareangen de « Deadwood » (pour ne parler que de l’âge d’or des « tv show » du début des années 2000) ces protagonistes, outre leurs actes parfois abominables, se rattachaient à des éléments fédérateurs comme la famille ou les proches ce qui touchait du coup une audience qui était incitée à les suivre la semaine suivante malgré leurs dérives. Avec « Profit »(hallucinant Adrian « Heroes » Pasdar, le rôle de sa vie) c’est impossible.

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Dès les premières minutes du « pilote », qui reste un modèle d’écriture, cet employé du département des acquisitions de « Gracen and Gracen » manipule de façon ordurière une collègue pour soutirer des infos, et là c’est l’effet boule de neige: S’allier avec une responsable pour mieux la trahir et la faire virer, se faire passer pour un alcoolique anonyme pour atteindre en plein cœur la femme malade de son patron et séparer du même coup le couple (en n’oubliant pas de cacher dans leur domicile conjugal de la drogue pour mettre le mari sous les barreaux) ou bien encore faire chanter le psy d’une ennemie qui doit la rendre anorexique et déprimée après des séances d’hypnose, rien n’arrête Profit.

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Impitoyable jusqu’au bout des ongles, on peut se demander pourquoi le Malin s’est réincarné dans ce costard cravate. La raison est aussi effrayante que cet être odieux. Laissé à l’abandon par un père atroce, Profit (qui est un nom d’emprunt) durant sa jeunesse passera sa vie dans un carton, nourri comme un chien, changé une fois par semaine et élevé par la sacro-sainte télévision qui fera office de Maman, pour info le carton avait le logo « Gracen and Gracen » imprimé sur le coté…

Une certaine vision complètement tordue de la famille reconstituée qui sera le leitmotiv de ce psychopathe (le trauma devenant un poisseux rituel).

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Se servant de son taf pour retrouver son paternel avant de l’euthanasier sans aucune émotion, ou en couchant avec sa belle mère toxique pour l’envoyer tel un cheval de Troie pourrir l’environnement des hauts pontes de la société où il bosse, Profit prolonge la malaise, la voix off à la Bret Easton Ellis et le regard « talk » face caméra de l’acteur principal nous rend malgré nous complices de ses agissements.

La série est composée de 8 épisodes quasi parfaits, dont on sort mi-fasciné mi-répulsé par ce que fait le bonhomme qui retombe toujours sur ses pattes malgré ses plans à hauts risques (un segment le mettra en face de son équivalent féminin, un petit moment de faiblesse pour Profit, dont cette « muse » profitera…avant de se prendre un retour de flamme terrible).

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D’un cynisme désarmant, le bébé de Greenwalt et McNamara (futurs créateurs de… »Lois et Clark« !!!!) défonce tous les tabous de l’époque en les détournant avec un génie rare, à coups d’allusions et de non-dits, la censure de l’époque (sexualité débridée, drogues et allusion à l’homosexualité féminine, nous sommes en 1996, La révolution HBO/Showtime n’était pas encore en route, la série était de plus diffusée sur le network castrateur « Fox »).

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Bourrée d’audace et de provocations en touts genres ce joyau noir n’a naturellement pas trouvé son public; trop dérangeant, trop cru et carrément « avant-gardiste » pour des spectateurs qui n’avaient pas l’habitude d’être bousculés de la sorte.

« Profit », malgré le poids des ans et quelques tics datés (les logiciels informatiques « virtuels », les modems..), reste un coup de boule monumental, une série addictive et grinçante, une plongée dans l’horreur qui montre les pires bassesses de l’homme et du capitalisme dont on ne ressort pas indemne. Complétement hors normes et culte, votre serviteur n’a pas trouvé mieux depuis en terme de divertissement cathodique, tout simplement.

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Profit de David Greenwalt et John McNamara  (1996, USA), chaine : FOX, avec Adrian Pasdar, Lisa Zane, Lisa Blount, Scott Paulin… durée 1X 1H30 puis 7X 45min.

P.S. de Marc Shift :voici toutes les B.A., un peu longuet mais la série vaut vraiment le coup

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4 commentaires

  1. Ah Profit…
    Le père de tous les anti-héros modernes.
    Je n’ai vu que le pilot pour l’instant mais en effet, c’est très bon. Dommage que ce genre d’ovni ne trouve jamais preneur.

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  2. Découvert ça sur « canal jimmy » à un moment ou les séries n’étaient pas encore « hype »; cette chaînes diffusait des petites perles comme « Les Soprano » ou la série d’animation très mature « Spawn » « Profit » fut LA série qui me fit aimer ce format de télévision. Pour une fois l’exception culture française a du bon c’est le seul public qui a reconnu l’immense valeur de cette série lors de sa diffusion. « Profit » avait tout simplement dix ans d’avance, la fin de la saison (même si elle se suffit à elle même) en appelait une deuxième ou apparemment l’ami Jim entrait en politique, mais toujours dans l’ombre en éminence grise,et fricotait avec l’IRA pour se débarrasser de Meltzer son ennemie, ça aurait donné..

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