Les innocents de Jack Clayton (1961) par Bruce Kraft

A la fin du XIXe siècle, Miss Giddens, une jeune institutrice, est chargée, par un oncle inquiet, d’éduquer Flora et Miles, deux enfants orphelins, dans un vieux manoir. Au fil des jours elle s’interroge sur leur comportement et commence à avoir d’étranges visions….

945_2

Papy Bruce est de retour pour vous parler d’un film en noir et blanc qui date de 1961, ça ne nous rajeunit pas…et pourtant. Ce film est un petit bijou véritablement intemporel, grâce aussi à l’époque de l’histoire, tant il regorge de qualités. Adapté d’un roman de Henry James (Le tour d’écrou) et scénarisé par Jack Clayton himself avec l’aide du célèbre Truman Capote, Les innocents s’inscrit dans la longue liste des classiques de l’horreur.

the innocents

Tout d’abord pour son aspect visuel grâce à la photographie en noir et blanc de Freddie Francis où les contrastes, procurés par un positionnement remarquable des lumières, sont d’une qualité rare. Et pour les plus observateurs, vous remarquerez que la focale est davantage refermée sur certains plans pour accentuer les profondeurs de champs et ainsi augmenter l’ambiance paranoïaque du film.

deborah_kerr_the_innocents

Toujours sur l’aspect technique il y a aussi un réel effort sur la mise en scène et les cadrages offrant des plans vraiment superbes (le fantôme sur le lac avec des champs/contre-champs biens exécutés). Clayton rajoute à cela une ambiance sonore partagée entre cris d’enfants, et d’animaux, et une mélodie mystérieuse chantée/fredonnée/jouée au piano.

innocents4

Au niveau des acteurs c’est aussi une réussite complète avec une Deborah Kerr (miss Giddens) remarquable (tout comme les deux gosses) et qui a compris que c’est personnage qui doit faire douter le spectateur dans sa lecture du film et toute son ambiguïté car, oui, (j’adore le suspens grâce à un car suivit d’un oui entre deux virgules) Les innocents peut se comprendre de deux manières différentes. C’est la cerise sur le gâteau en fait.

the-innocents-deborah-kerr

Non content d’avoir instauré une ambiance ultra parano et un sentiment de malaise à travers, notamment, quelques scènes mettant en avant une sexualité infantile, Clayton demande aussi au spectateur d’interpréter son film plutôt que de lui faire gober une quelconque fin sans réflexion. Attention les amis car c’est devenu tellement rare de réfléchir en ces temps de blockbuster que ça risque de faire mal au cerveau de certains d’entre vous.

the-innocents-clayton

Tout ça pour dire qu’il est impératif, sinon tant pis pour votre cerveau, de voir Les innocents et comprendre comment on se retrouve avec des centaines de films de fantômes venant d’Espagne (Les autres) et du Japon (The Grudge, Ring). Essentiel je vous dis.

flam7

Les innocents (GB) de Jack Clayton (1961). Avec Deborah Kerr, Michael Redgrave, Megs Jenkins. Durée: 1h39.

Publicités

3 commentaires

    • Perso je ne n’ai jamais lu de Henry James….je vais essayer de rattraper cette erreur aussi!! Tu dis que tu n’as pas réussi à lire le livre mais pourquoi?

      Les innocents est essentiel, comme je le dis dans la critique, pour comprendre et voir quel a été la base de l’énorme vague de films de fantômes modernes…ceci dit si tu veux le voir je te conseille Youtube car en DVD il est cher et en téléchar….oups!! On ne le trouve pas…

      J'aime

      • C’est assez rare que j’abandonne une lecture, mais le style est vraiment plat, ennuyeux, vieillot. Mais peut-être étais-je mal luné, va savoir…

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s