Serenity, l’Ultime Rébellion de Joss Whedon (2005) par Tootsif

 Le capitaine Malcolm Reynolds est un vétéran endurci, qui eut le tort de choisir le mauvais camp dans la guerre galactique. Les armes se sont tues, l’ordre règne sous l’autorité de l’Alliance, et Malcolm le rebelle s’est lancé dans de nouvelles aventures aux commandes du vaisseau Serenity.


A l’école des futures élites, la jeune River manifeste également une farouche indépendance d’esprit. Ses facultés télépathiques et ses dons de lutteuse inquiètent les dirigeants. Ceux-ci ont choisi de mettre l’adolescente au secret. Une équipe médicale s’efforce de modeler son esprit et de juguler ses « mauvaises tendances » par l’administration de drogues .


Lorsque son frère, Simon, l’extrait de force du Centre de Conditionnement et se réfugie avec elle à bord du Serenity, le régime confie à son meilleur limier, l’Opérateur, le soin de les neutraliser…

affiche Serenity

DERNIER BAROUD D’HONNEUR

L’aventure télévisuelle Firefly a tourné court pour Joss Whedon puisque la série n’a pas dépassé le cap d’une saison, et en plus cette dernière fut tronquée, laissant ses fans sur leur fin avec nombre de questions sans réponse et un immense sentiment de gâchis. Mais, il était dit que la série serait à l’image de ses personnages principaux, imprévisible et capable de se sortir des situations les plus désespérées.

En effet, grâce au soutien de ses fans qui surent se mobiliser et faire entendre leur voix pour exiger, si ce n’est le retour de la série, au moins une conclusion à cette dernière digne de ce nom et grâce à des ventes dvd (et de produits dérivés type comics) de la série bien au dessus des prévisions, il était dit que le Serenity et son équipage reviendraient pour un dernier baroud d’honneur.

image serenity - 2

Et quel baroud d’honneur : un film ! Pas un épisode rallongé, pas un DTV, un film, un vrai !

Et faire ça c’est couillu mais aussi sacrément casse gueule car sortir un film tiré d’une série en salle demande à ce que le film puisse satisfaire le grand public qui n’a pas connu la série. Or, les fans de Firefly attendaient eux du film qu’ils répondent aux questions laissées en suspens par la série, pas besoin d’expliquer l’univers puisque ces derniers le connaissaient déjà !

Se trouve ainsi que le film a le cul entre deux chaises, cherchant à contenter les 2 publics à la fois pour au final ne satisfaire à aucun des 2

image serenity - 3.

Si effectivement Serenity forme une histoire à peu près indépendante et compréhensible par la présence d’un flashback initial qui permet de comprendre le contexte global du monde créé par Whedon celui-ci restera hermétique à nombre d’éléments et aura du mal à comprendre les liens entre les membres de l’équipage et nombre de pistes du métrage.Comment comprendre la peur qu’inspire les Reavers lorsque l’on ne les a jamais vu à l’œuvre ? Comment comprendre la situation particulière de Simon et de River au sein du Serenity et la peur que cette dernière peut inspirer aux autres par ses coups de folie imprévisible si on n’a pas vu de quoi elle est capable même sur ses proches ? Qui sont Shepperd ou Inara pour l’équipage ?

Le néophyte de la série passera ainsi à côté de nombre d’interaction entre les personnages et aura du mal à comprendre pourquoi cet équipage si disparate est aussi lié.

image serenity - 4

Mais le fan de la série sera lui aussi perdu, frustré par le film. En effet, ce dernier condense son récit pour en faire un pur film se science fiction/action, zappant ainsi tout l’esprit western qui faisait tout le sel de la série et lui apportait sa différence.

Alors oui, Whedon a plus de pognons et se fait plaisir en nous offrant de chouettes paysages à la Coruscant dans Star Wars mais il oublie ce côté rétro futuriste qui faisait le charme de la série, qui montrait vraiment la différence entre les colonies dont le développement s’ est fait dans la sueur et le sang. On est ainsi bien loin des teintes ocres, sables qui apportaient ce cachet visuel à la série.

Et puis surtout il y a ce sentiment de frustration de voir nombre de questions posées par la série restée sans réponse : quid des passés de Shepperd et Inara (pour Shepperd ce dernier est balayé d’un rapide «  mieux vaut pas en parler ») ? Pourquoi les expériences sur River et que sont devenus ces hommes aux mains bleus qui la poursuivaient dans la série ?

image serenity - 5

Et, même si des questions importantes trouvent des réponses (l’origine des Reavers, d’ailleurs plutôt inspirée) un sentiment génial de frustration demeure chez le fan : pas toutes les réponses, un univers plus ramassé qui perd en grande partie son originalité, des liens entre l’équipage moins travaillés….

Mais, malgré tous ses défauts, ce dernier baroud d’honneur du Serenity et de son équipage fait plaisir car il permet au moins de donner une fin décente à la série puisque toute la fine bande (même si hélas certains personnages ne font qu’une courte apparition) part pour sa plus grande aventure qui l’enverra dans les tréfonds de l’espace.

Se dégage alors un souffle épique et un sentiment d’urgence comme rarement la série en aura connu avec des vrais moments épiques où l’on flippe pour notre courageux (ou fou?) équipage (la traversée de la zone des Reavers est juste génial) et même si le scénar prend moins le temps de développer les relations entre membres du Serenity (ben ouais il y a une mission suicide à accomplir quand même), les liens qui les unissent transparaissent malgré toutes les épreuves qu’ils traversent et qui vont mettre leurs liens à rude épreuve.

image serenity - 6

Voilà, les pérégrinations du vaisseau Serenity de classe Firefly sont terminées et même si tout n’est pas parfait Malcolm Reynolds et son équipage partent plutôt avec les honneurs et le fan que je suis les voit s’éloigner avec un sentiment partagé : triste de ne plus jamais les revoir et heureux du sale coup qu’ils auront jouer à l’Alliance.

Et un truc : Disney ! filez à Whedon les clefs de la franchise Star Wars ! Car merde Avengers et Firefly foutent juste une grosse baffe à toutes les réalisations du overhypé J.J. Abrams.

Un film moyen

« Serenity, l’ultime rébellion » de Joss Whedon (2005). Avec : Nathan Fillion, Summer Glau, Gina Torres, Alan Tudyk. Distribué par United International Pictures. Durée : 01 H 50.

 

Publicités

2 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s