L’armée des douze singes de Terry Gilliam (1995) par Marc Shift

Fin 1996 la Terre est ravagée par un virus d’origine inconnu, obligeant les humains à se réfugier sous la surface. Les scientifiques prennent le pouvoir, menant des expérimentations dont le voyage dans le temps, pour comprendre les origines du virus.

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Contre-inception

Ce film est tout simplement visionnaire, même si pour moi il commet la bourde habituelle de pas mal de films d’anticipation, il est visionnaire. De quelle bourde habituelle je parle? Et bien la manie de mettre des dates, de situer une action dans un futur proche (à la sortie du film) qui devient donc un lointain passé si on ne le découvre que maintenant.

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Mais Terry Gilliam n’est pas n’importe qui, pour moi c’est même l’un des plus grand réalisateur qui existe, certes avec une filmographie somme toute assez courte, et que certains n’hésitent pas à qualifier d’inégale. Je ne vais pas forcément leur donner tort, mais un réalisateur qui sort Brazil, Las Vegas Parano, et donc l’armée des douze singes fait forcément partie des plus grands. Et donc quand il met une date à la fin du monde, il ne le fait pas comme le premier venu et du coup ça en devient intelligent.

Car avec ce film on nage en plein paradoxe temporel, avec des allers et retours entre le présent du héros (environ 2035, donc c’est encore le futur), le passé « d’action »(celui où le virus s’est répandu en 96) et les sauts dans le « grand » passé (ces sauts auront une importance cruciale). Donc ne pas établir une temporalité claire serait suicidaire pour la compréhension du film.

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Ici l’important n’est pas le voyage dans le temps en lui même (on y assiste qu’une fois, dans une séquence assez baroque mais courte), mais les répercutions sur les personnages et l’intrigue. De toute façon ne cherchez pas d’action, les films de Terry Gilliam sont plutôt avares de ce côté, et ce n’est pas plus mal.

Mais revenons au film, nous sommes en 2035 et la Terre a été ravagée par un virus extrêmement puissant ayant décimé 95% de l’humanité, et cette dernière pour survivre a dû se réfugier sous terre. Le monde est alors dirigé par les scientifiques, qui utilisent des cobayes désignés volontaires pour explorer des pistes dans le passé, et comprendre les origines du virus. James Cole (Bruce Willis) est sélectionné, mais dans un premier temps il n’est pas envoyé à la bonne année, et pris pour un fou il est interné dans un asile, mis sous sédatif ,se retrouvant dans l’incapacité d’agir et d’enquêter. Mais il fera dans ce lieu étrange deux rencontres déterminantes.

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Contrairement à son habitude Terry Gilliam ne pose pas vraiment sa patte sur le scénario, qui est sensé être un remake du cultissime « film » (car techniquement c’est plutôt un diaporama) La jetée. Plutôt qu’un remake on parlera d’une influence majeur, et Gilliam trouve le script tellement intrigant, intelligent et déconcertant qu’il n’y touchera pas. Par contre il imposera sa vision et même ses délires sur le plan visuel, tout en restant dans les clous du budget (Universal lui imposera un budget somme toute modeste, en échange il obtiendra le final cut).

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Car que ce soit sur le scénario (OK y a des trucs un peu téléphonés mais je m’en fous) ou sur le plan visuel le film est simplement génial. Et quand on parle de délires, ce sont de vrais délires. Un exemple? Vous le voyez vous ce fameux hamster dans sa cage, dont le tournage a duré une journée entière car Gilliam n’était satisfait du résultat? C’est dans le coin en haut à gauche de l’écran lors des interrogatoires, vous ne voyez pas? Normal, c’est projeté en gros à 20 images secondes, sous le seuil de la vision humaine.

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Bon hors de ça (et peut être d’autres choses qu’on ne voit pas….) visuellement le film fait très fort, avec des décors très réussis (l’architecture grandiose de Philadelphie est mise à contribution, on a même droit à une relecture de la scène des marches de Rocky), et dans un pur style Gilliam pour les scènes futuristes vraiment baroques et inquiétantes.

Et n’oublions pas la performance des acteurs avec sans doute le meilleur rôle de sa vie pour Bruce Willis, assez loin de son univers habituel, oubliez l’action-man (il casse même son image « glamour » quand on le voit bavant et stone lors des scènes dans l’asile) et le regard « bleu acier » dont Gilliam lui a interdit l’utilisation.

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Brad Pitt se tient dans le même registre et montre aussi toute l’étendue de son talent. Et pourtant le film repose très largement sur les frêles épaules de Madeleine Stowe (que Gilliam a découvert en voyant Blink), actrice plutôt méconnue, ce qui est bien dommage tant son talent et sa classe (ainsi que sa beauté mais ça c’est une question de goût) traversent le film .Et n’oublions pas Peter Morse, toujours impeccable dans son registre….

Avec un grand réalisateur maitrisant son sujet de bout en bout, porté par des acteurs au sommet de leur art, avec une histoire encore très actuelle n’en jetez plus, ce film est culte!!

Entre culte et chef d'oeuvre
Entre culte et chef d’oeuvre

L’armée des douze singes de Terry Gilliam (1995) Musique Paul Buckmaster, avec Bruce Willis,  Brad Pitt,  Madeleine Stowe,  Peter Morse, Christopher Plummer……durée 2h09.

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