Miami Vice – Deux Flics à Miami de Michael Mann (2006) par Tootsif

Miami… Deux agents fédéraux et la famille d’un informateur ont été sauvagement exécutés. Une nouvelle enquête commence pour Sonny Crockett et son coéquipier Ricardo Tubbs, avec une certitude : la fuite qui a permis ce massacre en règle provenait des sommets de la hiérarchie… Les deux inspecteurs découvrent rapidement que les tueurs étaient au service de la Fraternité Aryenne, organisation suprématiste liée à un réseau de trafiquants internationaux doté d’un système de protection ultra-sophistiqué. Poursuivant leurs investigations, les deux partenaires prennent contact avec l’administratrice financière du cartel, Isabella, une sinocubaine aussi experte en investissements et transferts de fonds qu’en blanchiment d’argent. La séduisante Isabella offre contre toute attente à Sonny une chance d’exorciser ses démons…

affiche miami vice

MIAMI’S NIGHT

La première fois que j’ai entendu dire que Michael Mann allait se charger de l’adaptation cinématographique de Deux Flics à Miami je me suis dit, euh ouais, ok, mais le style chemises pastelles, manches de costard remontées et mocassins à gland ça colle pas trop au style que Mann a développé avec ses 2 bombes Heat et Collateral, merveilles de polars urbains noirs et ultra stylisés.

Alors, ok Mann est l’un des créateurs de la série Miami Vice, lui donnant ainsi une légitimité à s’occuper de son adaptation ciné, ok, la série est le reflet de son époque au style vestimentaire très particulier (je sais j’ai grandi dedans et je peux vous dire que quand je regarde les photos ça fait frissonner), mais bon le style à la cool de la série détonne assez avec le style actuel de Mann.

image miami vice - 1 - jamie foxx

Alors cette version grand écran des aventures de Sonny Crockett et Ricardo Tubbs (déjà ces noms, putain, comment ça sonne 80’s) sera t-elle un back to the 80’s ou une relecture moderne des personnages ?

Bon, dès les premières images on est fixé ! Mann continue sur sa lancée de Heat et Collateral c’est à dire le polar urbain ultra léché. Et ouais, c’est putainement d’ultra léché ! Mann est un dieu de la belle image et nous le rappelle dès le premier plan et à chacun de ceux qui vont suivre.

Si comme moi vous kiffez les ambiances nocturnes où les éclairages urbains se reflètent sur les carrosseries des voitures pendant qu’une musique hypnotisante vous transporte ailleurs vous serez alors au Paradis cinématographique avec Miami Vice !

image miami vice - 2 - jamie foxx - colin farrell

En plus Mann nous rappelle d’entrée qu’il n’est pas qu’un simple faiseur de belles images mais qu’il est aussi un putain de metteur en scène ! Les vingts premières minutes sont aussi tendues que les sous vêtements d’une combattante de Dead Or Alive (pour les béotiens du jeu vidéo vous irez jeter un coup d’oeil sur internet) !

D’une tension constante on enquille les situations fortes : entre une petite virée en discothèque, un deal qui tourne mal et un autre sur le fil du rasoir, la première demi-heure est une tuerie de rythme et de tension.

Malheureusement tout cela était trop beau pour être vrai puisqu’on va vite perdre en intensité, le film se complaisant dans un remplissage facile et franchement mou. Alors, oui, j’aime les belles images, mais me taper 10 minutes de balade en offshore et bien ça fait franchement beaucoup !

image miami vice 3 - colin farrell

Le deuxième tiers du film est d’une mollesse sans nom, parasité qu’il est par une romance censée a priori dynamiser le récit (puisque Sonny va toucher à la dame du méchant trafiquant) mais qui au final n’apporte rien au récit, d’ailleurs très (trop) simpliste. Oin assiste donc à un remplissage monstre à coup de scènes de danse et autres discussions creuses qui vient foutre en l’air une première demi-heure plutôt jouissive.

Heureusement le final, très mal amené d’ailleurs avec des rebondissements tirés par les cheveux, remet les choses en l’ordre avec une fusillade bien sentie qui nous renvoie aux plus belles heures de Heat et Collateral.

D’ailleurs là est peut être la plus grande faiblesse de Miami Vice : une désagréable impression de déjà vu quand on a, comme moi, maté une dizaine de fois ses 2 précédents polars.

image miami vice - 4 - jamie foxx - colin farrell

Entre la scène de discothèque qui fait écho à celle Collateral, la fusillade finale proche de celles de Heat et une romance censée dynamiser le récit et créer un sentiment de doutes chez les personnages comme c’était le cas (avec beaucoup de talents) dans Heat, nombre de scènes renverront aux précédentes œuvres de Mann.

Ainsi, le manque de consistance du récit tant dans son histoire que dans sa construction ainsi que la désagréable impression d’assister par moment à un condensé de ses précédents films, nuisent au rythme d’un récit pourtant commencé tambour battant et dont on espérait une montée en puissance tout le long du film.

Malheureusement ce n’est pas le cas et ça fout un peu les boules car vu la réalisation classieuse et le casting qui le fait bien (le duo Colin Farrell/Jamie Foxx ça roxxe du poney et ça pue la classe à des kms à la ronde contrairement à une Gong Li pas trop crédible en bomba latina) on attendait une pure tuerie de ce Miami Vice.

Un film moyen

« Miami Vice – Deux Flics a Miami» de Michael Mann (2006). Avec : Colin Farrell, Jamie Foxx, Gong Li, Ciaran Hinds. Distribué par United International Pictures. Durée : 02 H 15.

 

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2 commentaires

  1. Ce film m’a méchamment gavé de A à Z!! Hyper stylisé mais qui brasse du vent…un film pour acteurs qui veulent poser, sans fond, sans enjeux, sans…rien.

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