L’Etoile du Bronx d’Eriq LaSalle (1996) par Tootsif

 

Avec ses dons inouis et son inventivité surprenante, Earl Manigault s’est rapidement imposé sur les trottoirs de Harlem comme le joueur de basket le plus prometteur de sa génération. En sombrant dans la drogue, il va briser définitivement tout espoir de carrière. Mais, il saura sa chance au deuxième rebond pour enfin devenir une légende.

affiche l'étoile du bronx

SAISIR SA VIE AU (RE)BOND

The G.O.A.T. The Greatest Of All Time. Cette question du meilleur de tous les temps hante le monde du basket depuis de nombreuses années. Quel est le joueur qui a le plus apporté à ce sport faisant ainsi que ce dernier transcende actuellement ce simple statut pour être en même temps certes du sport, mais aussi un spectacle et un business ultra lucratif ?

M.J diront une majorité d’européens qui ont découverts ce sport grâce à ses exploits au sein des Bulls des 90’s et de la Dream Team De Barcelone.

Mais non, c’est Kareem Abdul Jabbar diront d’autres. Ou Magic Johnson, le roi du showtime. Et pourquoi pas Wilt Chamberlain le possesseur de la plupart des records nba ? Ou alors Oscar Robertson le seul joueur à avoir fait une saison avec une moyenne de triple double (plus de 10 points, 10 rbonds, 10 passes par match) ?

Les prétendants sont donc nombreux auprès des passionnés de basket, chacun jouissant tant d’arguments en sa faveur (les titres, tant collectifs qu’individuels, la notoriété) qu’en sa défaveur (l’absence de concurrence pour certains) mais tous ayant eu un impact certains sur la célèbre league de basket américaine : la NBA.

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Pourtant, un nom revient auprès des plus fins connaisseurs sans que ce dernier n’ait jamais foulé un parquet professionnel : celui d’Eal « the goat » (tiens tiens, mais là c’est dans le sens de cabri vu sa détente) Marigault.

Et avec L’Etoile du Bronx, son histoire va nous être contée. The Goat est il the G.O.AT ?

L’Etoile du Bronx est donc un biopic, mais un vrai qui, contrairement à nombre d’entre eux, ne fait pas l’impasse sur les périodes les plus sombres d’Earl Marigault et surtout ne le pose pas en victime de circonstances le dépassant.

Alors, oui, Earl Marigault était un putain de basketteur qui, avec un gabarit des plus « banals » (1 m 85, ce qui pour le minipouce que je suis est loin d’être banal), était doté de capacité physique hors du commun puisque la légende veut qu’il soit l’inventeur du dunk 720 ° (2 tours de rotation avant de claquer son dunk) et qu’il soit capable d’aller chercher des pièces posées sur le haut du panier. A cela il ajoutait un touché de balle divin.

Earl Manigault était donc en avance sur son temps et aurait pu, du, être l’ambassadeur du basket auprès du grand public comme le furent les Docteur J, Magic et Jordan.

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Et L’Etoile du Bronx va nous montrer la découverte de ce talent sur les playground (terrains de basket de quartier) de Harlem où son talent et ses capacités hors normes étonnent et détonnent même auprès de ses adversaires.

Malheureusement, nous sommes dans le Harlem des années 60 où le quartier est une zone délaissée par les autorités au profit des gangs qui font des rues leur terrain de jeu et Earl est un gamin qui grandit dans cet environnement.

Heureusement, Earl a un « gourou » en la personne de Rucker (Forrest Whitaker), l’employé de la ville qui s’occupe du terrain où il s’entraîne, et alors qu’il semblait de plus en plus glisser dans l’échec après son renvoi de son collège à quelques jours de la finale régionale de basket qui l’opposait à l’autre phénomène local, Lew Alcindor (aka le futur Kareem Abdul Jabbar, pivot superstar des Lakers), ce dernier va lui permettre d’intégrer un collège pour jouer au basket.

Le film semble donc s’inscrit donc dans la veine classique du film d’initiation avec un jeune, talentueux mais en marge, trouve sa voie grâce à une figure autoritaire qui le recadre dans le droit chemin.

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Ca y est va t on encore assister à une énième success story ? Non, car on sait que la carrière magnifique à laquelle Marigault semblait promis n’a jamais eu lieu.

Le film va alors nous expliquer comment cette voie royale a dérapé.

Certes la figure tutélaire de Rukker va disparaître très tôt, ce qui va profondément marquer Earl, mais ce dernier est aussi un petit con trop sûr de ses qualités qui pense que son « seul » talent suffit à faire de lui un grand joueur. Le clash avec un entraîneur qui prône le collectif sur le talent individuel n’en sera que plus violent.

Et à partir de là la vie de Manigault va tourner à l’enfer : plongée dans les drogues dures et la délinquance en m^me temps qu’il abandonne sa compagne et son fils.

Cette deuxième phase va aussi nous permettre de plonger plus profondément dans l’Amérique des années 60 alors engluées dans la guerre du Vietnam. Une Amérique tellement tournée vers ce conflit qu’elle ne prend pas en compte les souffrances d’une partie de son peuple laissée pour compte. Ainsi des quartiers comme Harlem deviennent de véritables zones de non droits aux mains de caïds, qui par la drogue et la violence les contrôlent ainsi que leurs habitants.

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Heureusement, pour Earl quand on n’est au fond du trou on ne peut que remonter et un passage par la prison et d’un gardien fan de sa légende va lui permettre de décrocher des drogues (là aussi le film se permet une vision critique du traitement par les autorités américaines de ses drogués puisque la désintox passait par l’emploi de méthadone, drogue encore plus dangereuse) et de reprendre sa vie en main. La Happy End est alors en route puisque s’il ne fera jamais la carrière de basketteur à laquelle son talent le promettait il reprendra le rôle de Rucker pour devenir une figure protectrice de la jeunesse de Harlem, en faisant des terrains de basket une zone de paix.

L’Etoile du Bronx reprend donc une structure très classique de chute/rédemption qui, couplée à une réalisation très plate (le film est à la base un téléfilm) font que le film est assez mollasson et risquent de laisser totalement de marbre les non fans de basket.

C’est dommage car, certes les images de playground feront plaisir à ceux qui comme moi mangent et respirent basket, mais la sincérité des acteurs (Don Cheadle, James Earl Jones, Forrest Whitaker, Eriq « Urgences » LaSalle) et sa vision sans concession d’une Amérique des années 60 laissant sa communauté noire totalement au bord de la route apportent un vrai fond à ce film et pourront convaincre les béotiens du ballon orange.

Un film moyen

« L’Etoile du Bronx » d’Eriq LaSalle (1996). Avec : Don Cheadle, Forrest Whiaker, Eriq LaSalle, James Earl Jones. Distribué par Lune Vidéo. Durée : 01 H 50.

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5 commentaires

  1. Tient je te donne les stats de mon dernier match:
    18-20 pts, entre 15 et 20 rebonds (j’ai perdu le compte), 8 contres, 5 interceptions, 1 pertes de balle. Mais j’attends toujours le contact des scouts NBA…..

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    • Même pas, y avait des djeuns qui couraient partout (et vite), sautaient comme des cabris, et même avec un shot….c’est juste que je sais défendre, moi je vénère des joueurs comme Rodman, Bill Russell ou encore Mourning. des bourrins de défense quoi…..

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      • Bizarrement tes joueurs cités ne m’étonnent pas ! Je parie que t’étais fan de Detroit version Bad boys aussi.
        Moi c’est plus les attaquants racés genre Pippen, Iverson, Paul Pierce

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      • Pippen était aussi et surtout un très bon défenseur, mais en attaquant c’est plus des noms comme « Do » Wilkins, Joe Dumars, Drexler, Olajuwon, mais ça reste très 90′, mais je trouve que dans l’ensemble c’est devenu moins technique et plus physique mais je suis encore un peu….

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