Prisoners (2013) de Denis Villeneuve par Flow

En eaux troubles.

Un film noir ayant la réputation de ressembler à l’excellent Mystic River de Clint Eastwood. Comment aurais-je pu passer à côté ! Et effectivement, Prisoners partage quelque chose avec ce dernier mais sans dépasser le stade de la vague similitude. En effet, il s’éloigne assez rapidement du modèle pour livrer quelque chose de différent et de très intéressant…

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Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuves, entraînant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable… Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent…

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Je suis fan de tous ces films noirs dans lesquels des enfants disparaissent. Si l’ambiance est travaillée, je suis aux anges. Être témoin de l’âpreté des enquêtes, de la réaction des parents et de l’effet de l’histoire sur l’enquêteur me fascine toujours.

Prisoners ne déroge pas à la règle et s’inscrit même avec vigueur dans les codes du genre. Porté par un casting excellent (Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal en tête), le film va même plus loin en nous prenant à parti. Évoluant constamment en eaux troubles, une histoire à priori binaire est transformée en chemin sinueux duquel on sort sans savoir à qui accorder notre sympathie. La force du film de Denis Villeneuve est de placer victimes et bourreaux sur le même pied d’égalité et d’humanité. Alors que certains sont prêt à enlever des enfants, d’autres sont prêts à toutes les extrémités pour les retrouver. On est tiraillé tout du long entre compassion et répulsion pour les personnages des parents tant ils sont sur la corde raide, prêt à basculer à tout moment. Le réalisateur parvient à transformer un simple récit où chaque protagoniste est normalement clairement identifié en histoire qui transpire l’humanité et la complexité.

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De ce point de vue, Prisoners est une réussite qu’on se doit de féliciter. Hélas, le film ne laisse pas un souvenir impérissable, une fois le générique de fin terminé. La faute à une longueur atrocement excessive (2h30) et à une deuxième partie qui se perd sur des pistes scénaristiques peu intéressantes qui le pousse à abandonner la singularité qui faisait sa force. Ce resserrement sur l’enquête nous conduit vers une fin à la Saw (toute proportion gardée, bien évidemment) un brin poussive. Dommage

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Prisoners est un film intéressant qui provoque chez le spectateur des émotions contradictoires. Entre compassion et répulsion, on est tout de suite attaché à ces personnages pour lesquels on peine très rapidement à affirmer s’ils sont coupables ou victimes. Trop long, le film se perd un peu même si il est difficile de lui en vouloir tant le travail effectué sur l’ensemble est de qualité. A découvrir.

Note:

Bon-5

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4 commentaires

  1. Plutot d’accord avec ton avis même si je mettrai un point de moins. Oui, les acteurs sont très bons, la réali magnifique mais le rythme lent tend par moment vers le chiant et surtout le scénar se perd dans des sous intrigues vaines alors qu’il aurait gagné à être plus centré sur 3/4 protagonistes.
    Par ailleurs l’enquête ne progresse qu’à travers des coups de chance, éléments fortuits alors que tous les éléments sont présents pour un côté enquête plus poussé.

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  2. Ben si je suis plutôt fan des polars/enquêtes bien sombre. J’avais plutôt apprécié dans le même genre Killing Fields de la fille de Michael Mann et j’aime bien les Dans la Brume Electrique, Zodiac, Seven et autres.
    Mais là l’avancée scénaristique se fait franchement mal et le rythme lent (qui à la base ne me déplait franchement pas) a tendance à devenir mou. Un récit plus resséré dans les thèmes abordés, dans les développements scénaristiques n’aurait pas été un mal. Là on peut facile couper 20/30 minutes

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    • Ah oui, c’est vrai que Dans la brume électrique t’avais plu, j’avais oublié.
      Seven à mon avis, ce n’est pas du tout le même délire (on est plus proches d’un Saw) mais je sais qu’on est pas d’accord ^^
      Mystic River, Gone Baby Gone tu en as pensé quoi ?
      Killing Fields tu fais bien de m’en parler. Je voulais le voir mais j’e l’avais zappé.

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