No Pain No Gain (2013) de Michael Bay par Flow

Singularité.

Il y a deux façons d’aborder No Pain No Gain. Si on prend le film sans s’intéresser au contexte de sa fabrication, on est face à un produit pas détestable mais assez ennuyant (malgré sa durée acceptable de 2h10min) et en somme totalement oubliable. Si on s’intéresse à tout ce qui l’entoure, il devient singulier, car il est le premier film de Michael Bay qui n’est pas une grosse machinerie vide et nauséabonde. Et ça, ça mérite tout de même qu’on s’y attarde un peu.

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À Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle et Adrian Doorbal, aussi influençables qu’ambitieux. No Pain No Gain s’inspire de l’histoire incroyable mais vraie de ces trois kidnappeurs amateurs qui, à la recherche d’une vie meilleure, se retrouvent embarqués dans une série d’actes criminels qui dégénèrent rapidement… Rien ne se déroule jamais comme prévu.

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Michael Bay représente tout ce qui va mal à Hollywood. Ses blockbusters coûtant des millions de dollars, dans lesquels tout est prétexte à filmer des explosions de plus en plus vides de sens, peinent à masquer, derrière un humour lourdaud, une idéologie nauséabonde vantant la toute puissance d’une Amérique qui ne peut, que, dominer le monde. Il est difficile de discerner chez le bonhomme une réelle volonté de présenter son pays en leader naturel au reste du monde dans une visée de propagande tant il est possible de voir dans ses grosses machines rutilantes une naïveté quasi infantile.

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Encore plus après ce No Pain No Gain, film à petit budget et (presque) dénué d’explosions, qui apparaît comme une prise de conscience un brin tardive. Le film est une charge contre le rêve américain, voire même le modèle américain (le capitalisme sauvage dont le personnage de Whalberg veut profiter) que le réalisateur s’évertuait à défendre jusqu’ici. Bay semble avoir honte (il le dit clairement au début du film) de son pays, qui produit de tels arrivistes. L’imagerie classique du réalisateur est là: les symboles patriotiques, les muscles saillants et les belles poupées siliconées n’ont pas disparus mais ils apparaissent pour la première fois de manière négative. Assez troublant quand on connaît le cinéma de Bay.

Pour autant, le film est loin d’être une réussite. Ennuyeux, il ne laisse pas un souvenir impérissable, malgré toute la bonne volonté des acteurs. De plus, les tics visuels du réalisateur sont toujours présents et ils donnent toujours autant mal au crâne.

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No Pain No Gain est une oeuvre singulière dans la filmographie de son réalisateur et c’est pour cette raison qu’on se souviendra de lui. Et non pour lui-même car il n’offre pas grande satisfaction en matière d’intrigue ou de divertissement. Curieux.

Note:

Moyen-4

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