Gravity (2013) de Alfonso Cuarón par Flow

Sensation(nel).

Les fils de l’homme (son dernier film en date) était une tuerie. Il alliait un scénario intelligent à une mise en scène puissante (l’utilisation magistrale du plan séquence). C’était en 2006 et le réalisateur mexicain a su se faire attendre depuis. Totalement justifié tant Gravity repousse les limites du cinéma.

Gravity-Affiche

Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste.

Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

GRAVITY

Gravity est une grosse claque. En quatre-vingt-dix petites minutes, Alfonso Cuarón repousse les limites de ce qui avait été fait jusqu’ici, visuellement parlant. Son film est soumis à d’énormes contraintes spatiales (sans jeu de mots) et techniques. Les personnages évoluent dans des endroits confinés (les stations spatiales en tout genre) ou alors dans l’espace infini et il faut tenir compte de la gravité (ou de son absence). Un vrai casse-tête dont le réalisateur s’extirpe haut la main, en faisant exploser, au passage, toute les limites. Il n’y a rien que sa caméra se refuse.

Et c’est là que se situe le véritable tour de force. Le réalisateur parvient à faire ressentir au spectateur chaque situation qu’il filme grâce à la puissance qu’il insuffle à ses images. Film à sensations, Gravity vous fera le même effet qu’un tour de grand huit, un très bon grand huit. La caméra s’infiltre partout et adopte tous les points de vues imaginables (les POV shots sont énormes). Le décalage entre la linéarité de l’action et la variété des images est étonnant. Le personnage de Bullock doit arriver d’un point A à un point B et subit des imprévus fâcheux que Cuarón aborde toujours de manière différente. Une fois encore, les plans-séquences sont monstrueux d’efficacité. Je vous laisse le soin de les identifier.

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On ressent tout ce qu’elle vit. De la sensation d’enfermement, lorsqu’elle est confinée, à la détresse ultime lorsqu’elle est dans l’espace, on est transportés, ballottés comme dans un manège à frissons. On a réellement l’impression d’être dans l’espace, de sentir le vide et le froid glacial qui y règne. Et pour la première fois, la 3D sert la mise en scène. Le relief décuple la puissance des images en offrant un effet certain de profondeur ainsi que des objets qui surgissent lors des explosions, rajoutant à la cohérence de l’ensemble. Je n’aurais jamais cru dire ça, mais je vous le conseille en 3D.

Vous l’aurez compris, la forme est une réussite totale qui justifie à elle seule de voir le film, tant elle constitue l’essence du cinéma (la puissance évocatrice des images à son paroxysme). Mais il faut un peu parler du fond.

Et là, hélas, c’est loin d’être aussi parfait. Survival pur et dur, les personnages sont fonctionnels et manquent donc de profondeur. Ils sont caractérisés par un ou deux traits à peine dégrossis. Clooney c’est le gars drôle et détaché alors que Bullock est la débutante, qui ayant vécu un drame rejette la vie (pas étonnant que James Cameron ait adoré, les thématiques du film lui ressemblant beaucoup). Pas de quoi sauter au plafond, mais le manque d’ampleur du scénario est totalement éclipsé par la réalisation qui repousse les limites de l’envisageable pour le cinéma contemporain. Et ça, ce n’est pas rien.

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Il y a des fois où le critique ne peut que se taire face à la puissance des images. C’est le cas pour Gravity. Je me tais donc et vous encourage à vivre cette expérience.

Note:

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Bande-Annonce:

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7 commentaires

  1. Expérience de cinéma qui m’a touché car j’y ai trouvé des signaux forts qui font résonance à ma vie privée actuelle. Le métrage ultra maîtrise de Cuaron nous happe dès les premières minutes et relâche que très tardivement l’étau au cœur, On ressent la détresse de Bullock dans son isolement et dans sa peur, On vit le métrage à fond grâce à la maestria du réal et de sa technique, un grand moment je m’attendais pas à ça en rentrant dans la salle..

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  2. @ Bruce :mais je t’emmerde ^^
    @Mat : j’ai été vraiment pris pendant 40 minutes (jusqu’à ce que Bullock rejoigne la station ISS) mais après le film se délite avec des considérations spirituelles mal amenées et assez grosssières et surtout un rythme assez redondant (il se passe deux fois la même chose devant nos yeux).

    L’expérience reste quand même à vire mais je me dis qu’une fois le Waouh effect passé je ne suis pas certain aqu’il restera grand chose du film. Une avancée technique et d’immersion certainement mais niveau émotion j’en suis moins certain

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