Alexandre Jousse réalisateur de Cinémaniac et Mascarades en interview!!

Alexandre Jousse
Alexandre Jousse

Petit retour sur deux court-métrages ayant fait très bonne impression sur notre fine équipe: Cinémaniac et Mascarades, et comme ici nous ne reculons devant rien pour vous faire plaisir, on a aussi interviewé le réalisateur de ces deux p’tites bombes, Alexandre Jousse.

Un cinémaniac sans mascarades…..

Cinémaniac c’est l’histoire d’un coursier qui va voir un producteur pour lui faire comprendre que le scénario qu’il a écrit est tout simplement génial, mais le moins que l’on puisse dire c’est que tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins….Ce court, présenté en compétition au Bloody week end 2011 (chap 2), est drôle, bien écrit, bien fait et bien joué (avec la mimi Frédérique Bel de la minute blonde qui fait une apparition), et je sais de source sure qu’il n’est pas passé très loin de remporter le grand prix du jury (remporté par un autre très bon court, Le vivier de Sylvia Guillet).

Mascarade lui se déroule dans le Paris des années 20, où une jolie prostituée monte à l’hôtel avec un étrange client masqué qui refuse obstinément de dévoiler son visage. Court métrage muet (l’idée est née bien avant The artist), au rythme très dynamique, avec un gros travail sur le rendu visuel, une histoire qui tourne à la farce burlesque et macabre qui cette fois remporte le grand prix du jury du bloody week end 2013 (au niveau pourtant très relevé).

Nous étions sur place, Calva et moi, et grâce à l’ami Loïc j’ai fais connaissance du sympathique et volubile Alexandre Jousse et promesse fut faite de contact ultérieur en vu d’une « petite » interview téléphonique, et après avoir réussis à faire coïncider nos emplois du temps et avoir autorisé Alexandre à voir son médecin (oui on est gentil, on laisse les malades aller voir leur médecin) voici ce qui est ressorti de notre entretient….

Alexandre Jousse "Mascarade"
Alexandre Jousse « Mascarade »

-Salut Alexandre, peux tu te présenter, retracer ton parcours?

Salut Marc, hé bien je dirais que tout a commencé avant même ma naissance!!! En fait mes parents étaient dans leur jeunesse des fans de cinéma fantastique, comme les films de la Hammer, ceux de Bava, les programme Midi/minuit etc…, et surtout mon père travaillait en tant que décorateur pour le théâtre….  Donc on peut dire que j’ai toujours baigné dedans.

En je dirais que le premier déclencheur pour moi vient de la Guerre des étoiles, qui m’a donné envie de me lancer dans les effets spéciaux, et qu’après avoir vu le premier Mad Max et Conan de Milius qui furent des grosses claques pour moi, je me suis mis à faire des films en super 8, mais tous ne sont pas arrivés à être finalisés, mais ce fut une bonne école.

-Donc il a été naturel pour toi de faire du cinéma de genre?

Oui, j’ai été très tôt initié par mes parents aux films de la Hammer, pour eux c’était avant tout des films avec Christopher Lee dont ils étaient fans, comme pour Peter Cushing, Barbara Steele etc…. A l’époque il y a eu un petit boom du ciné fantastique, mais c’était encore une frange très minoritaire, rien à voir avec ce qu’il ce passe actuellement.

-Tu as suivi un cursus en particulier pour en arriver là?

Hé bien dans un premier temps je me suis formé moi même, à l’école du super 8 où j’arrivais à faire des courts de plus en plus élaborés, finissant même par être sélectionné par le défunt  festival du super 8 chapeauté par le magasine Mad movie et Jean-Pierrer Putter. J’y ai même remporté un prix spécial pour mon court « Massacre au débouche chiotte » (c’est le type de film auquel tout frapadingue de genre réverais de participer, en cadeau à la fin de l’article…..) que j’ai réalisé sur un an petit bout par petit bout pendant les week end. D’ailleurs au sujet de ce festival, il y a un documentaire en préparation, intitulé Super 8 madness par Vincent Leyour et Fabrice Blin avec notamment des extraits de mon court et d’autres joyeusetés nanardesques!!!

Après on va dire que j’ai marché sur les traces de mon père en m’orientant dans les métiers du théâtre. Puis j’ai repris mes études un peu tardivement, vers 25 ans, à l’université de St Denis (point commun qu’il partage avec Benoit Boyer de Barber chop) pour une Licence. Et là j’ai découvert un univers très théorique, je n’y étais pas très habitué, en plus sur un univers assez éloigné du mien, plus classique, et en fait j’y ai fais de très bonne découverte et malgré un esprit assez élitiste il y règne une bonne ouverture d’esprit envers les films de De Palma, Romero, Cronenberg, Carpenter et d’autre….Et ça m’a bien aidé, notamment pour l’écriture de mes scénarios.Super-8-Madness

-Et tu as beaucoup de courts à ton actif? Beaucoup de super 8?

Non pas tant que ça, il n’y a qu’une poignée de super 8 que j’ai pu finaliser, dont massacre au débouche chiotte, puis il y a eu mon court de fin d’étude Summer interior que j’ai écris et réalisé avec bien évidement les règles imposées par la fac.

Après j’ai fait mon premier moyen métrage de 35 min en DVC pro, Compulsion, dont le script est basé sur une nouvelle de J.G. Ballard l’auteur de Crash qui a eu le prix de la meilleure image à Montréal. Je l’ai financé en partie avec mes propres deniers, des amis aussi on mis la main à la pâte.

Puis vient Cinémaniac, qui est une production Alterégo productions (aussi derrière Lady Blood notamment), dont j’ai une fois de plus écrit le scénario. L’idée de la production était d’avoir une histoire qui tournait autours du cinéma, et ça m’a amusé de développer le personnage du coursier / scénariste persuadé d’avoir le script du siècle, il faut dire que même moi je suis un peu comme ça (rire)!!

Alexandre Jousse
Alexandre Jousse

-En fait tu écris toi même toutes tes histoires?

Oui, mais ce qui est assez drôle, c’est que même avant d’intégrer la fac j’aimais beaucoup ça, l’écriture. Puis en intégrant la Fac j’ai commencé à avoir des contacts dans le cinéma. J’ai même travaillé avec Xavier Gens pendant un an sur un scénario  (lui se chargeait de la réalisation) mais malheureusement c’est tombé à l’eau….

Actuellement il m’arrive d’écrire de temps à autre des articles pour l’Ecran Fantastique dont je suis lecteur depuis 30 ans. Mais journaliste c’est un métier qui ne s’improvise pas (ah bon? on nous l’a pas dit !!! ). Pour écrire un article, j’enfante dans la douleur et met une journée pour écrire 5 lignes! Alors que pour un scénario c’est beaucoup plus facile: je me met devant mon clavier, je me concentre. Au bout d’un moment je perds connaissance, je me réveille 5 heures plus tard et c’est dix pages qui se sont écrites toutes seules!! Véridique!!

 

-En fait les deux courts que je connais de toi me font penser, par le découpage et le rythme, à un univers très BD, c’est une influence?

Oui!! J’en ai énormément lu dans ma vie!! En fait Mascarades et l’adaptation d’une BD, que j’ai depuis au moins 15 ans dans la tête qui s’appelle La saison des amours écrite par Abuli.

Mascarade
Mascarade

-Donc c’est comme ça qu’est né le projet Mascarades, il a été difficile à mettre en place?

Oui et non en fait, le plus difficile a été le démarchage, le montage financier car l’idée remonte bien avant le succés de The artist, et après et bien il était simplement trop tard!! Donc j’ai eu recours une nouvelle fois à l’auto-financement, pour un montant d’environ 5500€ tout compris (intendance + production), mais ce n’est possible que grâce à des acteurs bénévoles, d’ailleurs je remercie Julie Nicolet, Antoine Coesens Jr, Anne-lyse Kedves et Philippes Beun-Garbe.

-Tu as eu des difficultés au niveau du tournage ou de la post-prod?

Pas vraiment des difficultés, le tournage était bien préparé (en deux semaines après avoir eu les différents feux verts), l’équipe été réduite à 14 personnes, acteurs compris, pour un tournage sur 4 jours. Pour la post-production j’ai pris plus de temps,  je fus aidé par Quentin Pignon et une personne que j’ai rencontré au Bloody Week-end, Erwan Blaise (que nous avons croisé aussi, il faut venir au Bloody week end, y a que des gens sympa!!!), qui a pris de plus en plus d’importance dans le processus.

-Et ce processus a été long? Où la difficulté résidait-elle?

En fait un peu dans le montage, vu que le premier jet faisait 20 min, le double de ce que je m’étais fixé. Après on retrouve les mêmes scènes et situations, elles étaient justes plus longues mais ça donnait aussi des effets très intéressants comme pour le meurtre dans la chambre qui en devenait encore plus burlesque. Et le travail de post production correspond en gros à deux mois de travail mais répartis sur un an car j’ai aussi eu un gros travail de contact auprès des labos pour avoir des prix.

Mascarade
Mascarade

 

-Comme nous avons de nouveaux partenaires qui sont Télérama, Psychologie magasine, France culture et les inrock, tu as le droit à une nouvelle question: dirais-tu que ta volonté de faire un court muet permet au spectateur de créer son propre questionnement et de projeter ses propres fantasmes dans ce monde au consumérisme pré-mâché?

(Rire) Je dois répondre tout de suite?!? Mais en fait la question est intéressante et mérite d’être posée…..Chacun peut y voir ce qu’il veut, de toutes façons je ne me pose pas tant de questions, surtout pour ne pas m’égarer, faire un peu à l’instinct, ne pas perdre le feeling.

-Revenons à Mascarades, en fait je me suis posé la question du pourquoi dans le choix du masque « anonymous », avant tout pour moi le masque de V pour Vendetta?

En fait à la base, le masque ne devait pas ressembler à ça, ça devait être un diable créé spécialement pour l’occasion par mon père, mais suite à un souci technique (panne du four de la maquilleuse) nous avons du y renoncer. Et en fait c’était à peu de jours du tournage, et, je n’avais pas de solutions. Alors j’ai appelé un ami, lui aussi rencontré lors du Bloody week end 2 (Le Bloody week-end est décidément un lieu incontournable!!) Jacques-Olivier Molon membre du jury, qui m’a conseillé l’utilisation de ces masques, faciles à se procurer et faciles à travailler et il a aussi prêté un couteau escamotable. Mais au départ cette solution ne me plaisait pas du tout, j’avais l’impression que ça allait complétement plomber le tournage car le masque est bien trop connu maintenant, ça devenait ma hantise. Du coup je l’ai zappé, je me suis un peu aussi raccroché à la BD d’Allan Moore et David Lloyd et à leur inspiration principale, le terroriste anglais Guy Fawkes. Et au final je ne suis pas mécontent du rendu.

-Moi j’ai beaucoup aimé, avec le travail assez subtil au niveau des expressions, je trouve que ça apporte une vrai valeur ajoutée.

Je suis bien content que tu l’ais vu et que ça plaise!! C’était vraiment mon plus gros stress!!

-Quels regards portes tu sur tes différents travaux, et sur quoi mets tu l’accent?

Hé bien j’essaye d’avoir un regard critique, même si ce n’est pas très facile sur ce qu’on fait soit même….Par exemple je  trouve trop long Compulsion. En fait plus j’avance, plus je met l’accent sur le découpage, le cadrage, j’essaye d’avoir des scenarii très précis, je dirais que 90% de ce que j’écris se retrouve à l’écran, même si parfois je dois faire face aux imprévus comme le masque de Mascarades ou le bureau de Cinémaniac….

Mascarade
Mascarade

-C’est à dire?

En fait à la base je voulais un bureau froid, super high-tech.

-En fait je trouve que le côté un peu bordélique / chargé donne un côté producteur-véreux et donne une bonne ambiance visuel au film!!

….Oui tu n’as pas tord, tu vois, ça fais parti des choses sur les quelles on a pas de prise mais qui apporte au film. Au final Cinémaniac m’a donné beaucoup de satisfactions même s’il n’a pas fait l’unanimité dans la profession (rire)!! Quant à mes super 8 cela fait bien longtemps que je ne les ai pas vu (rire)!!

-Pour finir, quels sont tes projets?

En fait j’ai un projet avec Luigi Cozzi, encore une personne rencontrée lors du Bloody week end (celui de 2014 pour changer), mais c’est top secret!!

La discussion se termina sur les qualités (ou pas) des films de Luigi Cozzi dont Alexandre est un ardent défenseur, alors que pour ma part si j’apprécie ses films c’est avant tout pour leur côté nanardesque….Tout ça pour dire qu’on aime tout les deux la filmo du très sympathique Luigi Cozzi!! Je remercie Alexandre pour son accueil, sa bonne humeur et sa disponibilité.

MASSACRE par alexandrejousse

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