Speed Racer de Andy et Lana Wachowski (2008) par Tootsif

Speed Racer est un as du volant, un fonceur instinctif et intrépide qui enchaîne les victoires. Né pour ce sport à haut risque, il n’y a connu qu’un seul rival : son propre frère, le légendaire Rex Racer, fauché en pleine gloire et dont il est aujourd’hui l’héritier.
Loyal à la firme de son père, Pops Racer, concepteur de sa puissante Mach 5, Speed a rejeté une alléchante proposition des Royalton Industries. Après s’être attiré par ce refus la haine du fanatique Royalton, Speed découvre que certaines des plus grandes courses américaines sont truquées par une poigné d’hommes d’affaires, manipulant les meilleurs pilotes pour booster leurs profits. Et puisque Speed refuse de courir sous ses couleurs, Royalton veillera à ce que la Mach 5 ne remporte plus une seule course…
Pour sauver l’entreprise familiale et sa carrière, Speed n’a d’autre issue que de battre Royalton à son propre jeu. Soutenu par sa famille et sa fidèle compagne Trixie, le pilote s’associe à un ancien rival, le mystérieux Racer X, pour remporter la course mythique qui coûta la vie à son frère : le terrifiant rallye « Crucible »…

affiche speed racer

COURSES SOUS SPEED

A travers la trilogie Matrix transparaissait tout l’amour que portaient les Wachowski pour la culture asiatique et plus particulièrement japonaise, tant au niveau du cinéma, jeux vidéos que manga. Malheureusement le bousin matrixien (oui j’aime pas Matrix et je vous emmerde) restait un truc ultra sérieux et chiant, sauf à de rares exceptions au par ailleurs ultra mal branlées.

Neuf années plus tard les Wachowski sortent Speed racer, film ovni où ils nous balancent  cette fois-ci clairement à la gueule toutes leurs influences nippones comme s’ils faisaient un immense doigt d’honneur à leur précédente réalisation.

Car Speed Racer peut il vraiment être qualifié de film ou est il un hommage, voire carrément un trip des Wachowski, en référénce à tout ce qui les a marqué, comme ses histoires que l’on s’invente en jouant lorsque l’on est enfant ?

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Car en effet, voilà la qualité première et primordiale de Speed Racer, celle de faire retomber directement en enfance le spectateur pour peu qu’il ait été biberonné à la japanimation et aux jeux vidéos. Et c’est mon cas donc le film a marché à plein avec moi ! Et, pour paraphraser une réplique maintenant aussi culte que conne « Mère Nature va mouiller sa petite culotte » et quand on voit ce film avec des yeux de mioche c’est effectivement le cas.

Speed Racer se présente comme l’adaptation live d’un manga (et série d’animation, Mach Go Go Go, ) créé par Tatsuo Yoshida dans les années 60 (dont on retrouve ici l’esthétique au niveau des looks des personnages) rencontrant le jeu vidéo F-Zéro pour ses courses, le tout mélangé avec une pilule d’exta ! Matrix avec son univers sombre, ses personnages tout de cuir vêtu se tenant raide comme des piquets en déblatérant des monologues chiants comme la mort en faisant des têtes d’enterrement vous gonflait ?

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Et bien là les Wachowski envoient en l’air tout ça pour nous sortir un trip pop/futuriste à 2000 à l’heure où l’histoire ne se prend aucunement au sérieux ! Alors ok dans Speed racer il est question de trouver sa voie, de l’épanouissement et du don de soi par sa passion (comme dans les mangas type Olive et Tom), de se battre pour ses convictions et de la fidélité à ses proches et à sa famille, de David contre Goliath……. Mais pfffffffffffffffffff (oui la réflexion est très profonde) ! Qu’est ce qu’on s’en branle ! Vous regardiez les Matrix pour le scénar vous ? Non vous pouvez l’avouer c’était pour les scènes de baston, faites pas vos faux-culs qui y ont vu des digressions sur nos à la limite de l’aseptisé coincés que nous sommes dans le rythme lancinent du métro-boulot-dodo ! Le cœur de speed racer n’est pas là mais dans sa réalisation sans concession et dans son rythme déchaîné qui risque de faire bouffer leur langue aux épileptiques.

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Car Speed Racer est un putain de festival hallucinogène multipliant les moments tant de bravoure que WTF ! Déjà il y a son esthétique retro/pop/futuriste aux couleurs pastelles qui vous défoncent la rétine, vous faisant passer le travail de Jeff Koons pour de simples travaux préparatoires. C’est sûr que ça risque de déplaire à un grand nombre mais moi, putain, j’ai surkiffé. Faut être sacrément couillu et barré pour oser sortit un truc qui risque de provoquer une réaction maximale de rejet auprès d’un grand nombre de personnes ! Et eux, ils s’en branlent et prennent à contrepied 30 ans d’adaptation de bds, anime au cinéma. En effet alors que jusqu’ici on tendait à rendre crédible des univers imaginaires, les Wachowski font le chemin inverse et accentue encore plus le caractère irréel et imaginaire de leur adaptation.

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A ce festival d’images autant chatoyantes que kitsch se greffe la réalisation hallucinée des Wachowski afin de mener leur film à un rythme au moins aussi rapide que la voiture de Speed. Ses derniers multiplient en effet les effets de style, empruntant aussi bien les techniques déjà existantes du cinéma que celles du jeu vidéo (ainsi la première course nous renvoie aux ghosts des jeux de courses, ces voitures fantômes symbolisant le meilleur temps à battre), les fusionnant pour nous amener dans une orgie visuelle et sensitive qui risque d’entraîner l’overdose et le rejet total chez le plus grand nombre. Mais moi bordel ce que j’ai kiffe ces délires omniprésents nous balançant 10000 références dans la gueule à la minute : entre ce putain de plan où Spritle tombe à genoux devant une hôtesse lui montrant un tiroir rempli de bonbons tendis qu’un halo lumineux éclaire cette dernière et qu’une musique religieuse retentie, ce délire sur Free Bird de Lynyrd Synyrd, ces incrustations de visage sur le décor….. Et en plus y a un fuckin’ singe !!!!! Et des piranhas ! Bref Speed Racer multiplie le nawaquesque et pour moi pour le meilleur !

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Alors oui le côté tout sauf épuré et les couleurs flashy feront passer le film pour un summum de kitsch et de mauvais goût, au scénario décérébré mais bordel de merde c’est l’adaptation d’un manga/anime de courses de bagnoles ! Vous vous attendiez à quoi comme réflexion hautement intellectuelle ? Et si la mise en scène d’une inventivité folle et qui multiplie les moments de purs adrénalines ne vous plait pas, faut croire que vous avez définitivement perdu toute part d’enfance !

Et vu le four monumental qu’à fait le film faut croire qu’il ne reste pas grand monde capable de régresser au stade enfantin lors du visionnage d’un film. Et ça c’est putainement moche.

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« Speed Racer » de Andy et Lana Wachowski. Avec : Emile Hirsch, Christina Ricci, John Goodman, Susan Sarandon, Matthew Fox. Distribué par Warner Bros. Durée : 02 H 07.

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2 commentaires

  1. euh… Tu a des arguments très défendables Toots mais pour moi ça un reste un glougi bouga rococo assez laid et un summum de mauvais gout Wawchoski ou pas, pas beaucoup d’émotions au moins les acteurs ont l’air de s’ éclater au détriment du spectateur, vu le parti prit des real’ ça sentait le suicide commercial à des kilomètres de toute façon, c’est bien beau de penser différemment mais il faut que l’entreprise soit un minimum fun et agréable a zieuter, or Speed racer ne l’est pas pour moi.

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