Remember Me de DONTNOD Entertainment (2013) par Tootsif

Neo-Paris. 2084. Les souvenirs personnels peuvent à présent être digitalisés, achetés, vendus et échangés. Les dernières formes de vie privée et d’intimité ont été balayées au profit de ce qui semble être l’évolution logique de l’explosion des réseaux sociaux, initiée au début du 21ème siècle. Les citoyens ont eux-mêmes accepté cette société sous surveillance en échange du confort que seule la technologie intelligente pouvait offrir. Ce commerce de la mémoire donne un pouvoir immense sur la société entière à une poignée d’individus. Dans ce monde il y a Nilin  une ancienne chasseuse de souvenirs d’élite qui a la capacité de pénétrer dans l’esprit des gens pour voler ou même altérer leurs souvenirs. Les autorités, effrayées par ses connaissances et ses capacités, ont arrêté Nilin et ont effacé sa mémoire. Après s’être évadée de prison, Nilin part en quête de son identité, aidée par son seul et dernier ami. Sur les traces de son passé, elle sera traquée par les personnes à l’origine de cette société sous surveillance. Au cours de l’histoire, Nilin commencera à se rappeler qui elle était, et réapprendra les techniques de combat qui ont fait d’elle l’une des meilleures chasseuses de souvenirs au monde.

affiche remember me

IL AURAIT PU ETRE INOUBLIABLE

Il y a un peu plus d’un an le studio DONTNOD faisait une apparition fracassante sur la scène vidéoludique en présentant les premières images de son jeu Remember Me. Il faut dire que le projet de ce studio français (cocorico !) faisait saliver avec son univers SF inspiré (un Paris futuriste aux mains d’une multi nationale trafiquant la mémoire des gens) sur lequel travaillaient des pointures comme Alain Damasio (écrivain SF) ou Aleksi Briclot (illustrateur pour la Marvel ou les cartes Magic). Manette en mains tout cela allait il se traduire par un grand jeu ?

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HISTOIRE ET PERSONNAGES

Nous sommes donc à Néo-Paris en 2084, la société Memorize semble contrôler la population à travers du sensen, un dispositif dont tout être humain est doté qui permet de numériser et de partager ses souvenirs et sensations. Et Memorise s’est servie de ce dispositif pour effacer certains souvenirs chez les individus, a priori dans le but que les individus n’aient pas de mauvais souvenirs. Malheureusement certains individus sont devenus dépendants aux souvenirs heureux tandis que les « arrachements » de souvenirs ont provoqué chez nombre d’entre eux des dégâts psychologiques. Bref la société idéale que nous promet Memorise est bien loin d’exister et les rues de Néo-Paris sont pleines de drogués aux souvenirs et d’individus sans âme.

Remember Me nous dépeint donc un futur aussi sombre que fascinant et nous immerge ainsi dans un monde qui nous capte de suite en multipliant les références aux grandes œuvres S-F.

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Et dans ce monde qui semble partit en décrépitude le joeuru incarne Nilin. Au moment où l’on prend cette jeumme femme en mains, cette dernière se trouve dans les couloirs sombres de la Bastille, devenue prison gérée par Memorise et où cette société efface les mémoires des individus qui s’opposent à elle. Pourquoi Nilin est elle là ? D’emblée on ne le sait pas mais on sait que si l’on reste là toute trace de sa vie sera effacée et c’est que la voix de Edge nous confirme à travers son sensen. Alors on s’évade et Edge nous apprend que l’on fait parti d’un mouvement de résistance visant à rendre aux individus leur libre-arbitre et le contrôle de leur mémoire.

Alors Nilin, guidée par Edge, va partir à la recherche de sa mémoire et s’employer à faire tomber la toute puissante Memorise. Et pour cela il faudra peit ^tre parfois faire des choses qui, si elles semblent bien fondées n’en sont pas moins immondes. Alors comme Nilin n’a plus de souvenirs de ce qu’elle était auparavant, on s’interroge tout comme elle. Edge nous manipule t il ? Sommes nous vraiment du bon côté ? Chacune des missions fait autant la lumière sur certains points qu’elle nous plonge dans le doute.

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C’est donc avec un plaisir certain que l’on suit les pérégrinations de Nilin, cherchant à démêler le vrai du faux, à retrouver la trace de ses souvenirs tout en cherchant à comprendre les tenants et aboutissants du monde qui nous entoure.

Servi par un personnage principal attachant et bien écrit on prend vraiment place dans le monde de Remember Me et c’est vraiment avec difficulté qu’on lâche la manette et avec hâte qu’on rallume la console pour connaître la suite des aventures de Nilin. Il est alors dommageable que toute cette habile construction vole un peu en éclat dans son dénouement final. Alors je vous spoilerai pas mais un sentiment d’insatisfaction persiste avec une fin qui fait à mes yeux dans la facilité et une héroïne qui au final apparait assez passive dans le déroulement de l’histoire. ce bémol final a atténué mon plaisir à partir en qu^te de vérité avec Nilin.

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REALISATION

Vouloir raconter une histoire avec un rythme précis dans le jeu vidéo n’est pas chose aisée (hein Monsieur David Cage ?) et impose souvent au développeur une linéarité dans la construction du soft. Et là on n’échappe pas à la construction d’un jeu à couloirs. Alors cela ne me gêne pas outre mesure quand cela se justifie par le scénario mais là j’ai ressenti quand même une certaine frustration dans ces minuscules couloir d’un mètre de large et que je vois les magnifiques fonds de Néo-Paris. J’aurais aimé un peu plus de liberté de circulation dans cette ville juste somptueuse dans sa modélisation.

Car Néo-Paris est juste magnifique, mais magnifique aussi bien de noirceur que de lumière car là on se rapproche d’un univers à la Blade Runner ou à la Renaissance. On passe ici d’un  marché flottant crasseux sur les bords de Seine à une galerie commerçante luxueuse à Saint Michel, le tout sans qu’à aucun moment la cohérence de l’univers ne soit mise en cause.

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Il est alors d’autant plus dommageable que la technique ne suive pas pour apporter encore plus. On sent les limites financières et techniques du studio DONTNOD pas très à l’aise avec le moteur Unreal Engine 3, capable de vraies merveilles dans les mains de grands studios mais aussi de gros dégâts dans les mains de studio moins friqués et moins doués. DONTNOD s’en sort globalement correctement mais on tiquera sur les modélisations limites des personnages secondaires (sauf Nilin qui ne souffre d’aucun défaut) et l’aspect « plastique » de ces dernières. A cela il faut ajouter des animations assez hachées comme s’il manquait des étapes, rendant le tout peu naturel.

Mais, grace à sa direction artistique inspirée et ses musiques justes exceptionnelles on fait fi sans aucn soucis des limitations techniques. malheureusement c’est moins le cas du côté gameplay.

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GAMEPLAY

Comme je l’ai dit précédemment vouloir raconter une histoire, gérer son rythme à chaque instant impose une certaine linéarité et côté gameplay on va être servi avec du basique de chez basique.

En effet, Remember Me nous plonge dans le third person actioner lambda à la sauce Uncharted et consorts. Donc on a le droit aux phases d’escalade avec jolis signaux lumineux pour indiquer que tu dois aller là ducon puis on enchaîne sur des arènes où baston et pouf c’est reparti pour balade dans un couloir et/ou varappe. Oh tiens une porte secrète ! Un autre chemin ? Que nenni, au mieux ça sera une petite salle pour obtenir des infos sur le monde où des reliques pour augmenter ses stats. Bref Remember Me c’est toujours tout droit avec des arènes de baston pour entrecouper les couloirs.

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Les combats parlons en justement. Là DONTNOD a voulu un poil innover avec un système de combo un peu particulier. Les touches des combos sont imposées mais leurs effets sont à la libre discrétion du joueur. Donc pas besoin de se casser la tête à tenter 40.000 combinaisons de boutons pour trouver la plus efficiente, il y en a ici 4.

Toute la subtilité du truc réside en fait dans l’effet attribué à chacun des impacts. Le jeu propose en effet le choix entre une attribution du coût aux dégâts, au soin ou à charger sa barre de furie. Autre subtilité plus on place d’affilé le même effet plus il est loin dans le combo plus son effet est important.Je sais ça a pas l’air clair mais dans les faits ça l’est et on se rend compte que l’on doit adapter la durée des combos et varier les effets selon le type d’ennemis, leur nombre…..

Donc le jeu nous « oblige » à adapter nos combos et leurs effets aux diverses situations malheureusement cela ne se faisant pas à la volée cela casse franchement le rythme des combats. Et puis bon les combats n’étant pas franchement difficile (tout du moins pour le mode normal) on se fait finalement pas chier et on se prépare dès le début un combo attaque, un combo soin et un combo charge furie et on n’y touche plus jamais.

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Donc niveau gameplay c’est pas Byzance et le jeu aurait tendance à sombrer dans la répétitivité voire la médiocrité si il n’y avait pas les Memory Remix. Là se situe l’innovation ingénieuse de Remember Me. Nilin est une modeleuse de mémoire et son don va ici lui servir puisque celle-ci pourra entrer dans la tête de certains individus pour modeler les souvenirs de la manière qui lui convient et ainsi obtenir d’eux ce que l’on veut.

Lors de ses séquences il faudra trouver les éléments que l’on peut modifier pour que cela entraine de la part de l’individu le comportement que l’on souhaite. Alors on tâtonne, on modifie un élément et on regarde de quelle manière il influe sur la suite des évènements. Et puis ça donne une nouvelle conclusion mais pas celle que l’on veut alors on réessaie, on modifie un autre élément et puis un autre? Pas mal d’échecs seront nécessaires par moments pour trouver la conclusion adéquate mais ce n’est à aucun moment frustrant car nos modifications entraine des conclusions toujours intéressantes à regarder nous en apprenant plus sur le monde, les personnages.

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Malheureusement ces séquences, vraies bouffées d’oxygène sont trop peu nombreuses pour vraiment faire décoller le rythme de jeu et nous faire oublier le côté quelconque du reste des mécanismes de jeu.

Alors oui, Remember Me n’est pas exempt de défauts avec sa réalisation datée et ses mécanismes généraux de jeux plutôt quelconques et surtout vus et revus mais son univers riche et prenant, sa direction artistique enchanteresse, ses séquences de Memory Remix inspirées font que l’on suit avec un plaisir certain les aventures de Nilin. Il manque vraiment peu de choses pour que Nilin marque à jamais notre mémoire de joueur.

bon

« Remember Me » de DONTNOD Entertainment (2013). Edité par Capcom. Distribué sur : PC, PS3, Xbox 360.

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