Ni No Kuni : La Vengeance de la Sorcière Céleste de Level 5 (2013) par Tootsif

Un enfant nommé Oliver va tenter de ramener sa mère à la vie en pénétrant dans un monde magique qui reflète une autre vision de la réalité. Il sera guidé par Lumi, un esprit féerique qui lui apprendra à utiliser ses nouveaux pouvoirs de magicien à l’aide d’un mystérieux grimoire. Oliver sera également épaulé par de nouveaux alliés et pourra invoquer des familiers qui lui seront entièrement dévoués.

affiche ni no kuni

LA VENGEANCE DU J-RPG ?

Jusqu’à cette génération de console j’étais un fan absolu de rpg japonais. Il faut dire qu’ayant grandi devant la super nintendo puis passé de nombreuses heures devant la playstation première du nom j’ai pu jouer à des perles comme les Final Fantasy 6 à 9, les Secret of Mana, les Vagrant Story et tant d’autres jeux qui m’ont fait atteindre le Nirvana vidéo-ludique.

Et, avec cette génération je pensais que l’on allait assister à l’envol de ce genre puisque la technologie allait permettre aux développeurs de faire vivre leurs idées. Donc à la sortie de la next gen (la old maintenant avec la sortie des ps4 et xbox One) je me suis précipité sur tous les J-RPG existants. Et là ça a été la douche froide.De une les jeux étaient techniquement à la ramasse, de deux les systèmes de jeu étaient obsolètes et de trois sauver le monde avec une bande de mioches c’était mignon à 10 ans mais à 20 ça le fait franchement plus.

image ni no kuni - 1

Surtout qu’en même temps le rpg occidental explosait avec des tueries tel que les Star Wars : Knights of the Old Republic, les Witcher et autres Mass Effect, avec des histoires plus matures et des systèmes de jeux aux petits oignons.

J’ai donc quasiment décroché du J-rpg pendant 5 ans. Et puis, les premières annonces sur Ni No Kuni ont eu lieu et ça m’a intrigué. D’abord par la dream team réunie sur ce projet : le studio Level 5 (Dragon Quest VIII, le dernier rpg jap qui m’avait emballé) et le studio d’animation Ghibli ! Et oui le studio de Hayao Miyazaki (le papa de Totoro, Chihiro, Princesse Mononoke…) allait participer à la création d’un jeu vidéo (bon ils l’avaient déjà fait sur Jade Cocoon sur PS1) ! Là d’un coup le fan tant de cinéma et de jeux vidéos que je suis était tout foufou.

Et il a fallu l’attendre la sortie de ce jeu dans notre pays, quasiment 2 ans après la sortie japonaise. Cette attente valait elle le coup  ?

image ni no kuni - 2

HISTOIRE ET PERSONNAGES

Bon le rpg japonais n’a jamais été réputé, dans sa grande majorité car des softs comme Vagrant Story, Xenogears sont d’une autre dimension, pour la maturité de leur histoire qui, globalement, nous mettent dans la peau de jeunes gens/enfants allant gaiement sauver le monde. Et bien, dans Ni No Kubi, on joue une bande de gamins allant sauver le monde. Ici en l’occurence Oliver vas voyagé dans un monde parallèle pour tenter de ressusciter sa mère. En effet, ce monde est une sorte de miroir du nôtre et donc sa mère doit exister dans ce dernier. Pour cela il devra vaincre le maléfique Shadar. Sur sa route il croisera des compagnons qui le suivront dans sa quête.

Ok, pour l’originalité on repassera et il faut  bien avoir à l’esprit qu’il faut avoir su garder son âme d’enfant pour apprécier l’histoire.

image ni no kuni - 3

Car cette dernière n’en est pas moins passionnante à suivre avec une écriture qui effectivement nous rappelle les productions Ghibli avec cette histoire d’un enfant dont la volonté, la force d’esprit vont déplacer les montagnes. On retrouve donc tous ces thèmes d’amitié, d’espoir, ce rapport à la famille que l’on retrouve dans les films du studio.

Et, je dois dire qu’après les histoires bien sombres et matures des Witcher et Mass Effect c’est comme une bouffée d’air frais et un retour en enfance.

Et puis même si effectivement l’histoire a une impression de déjà vu, l’univers créé par Level 5 fait preuve d’inventivité avec son principe des âmes soeurs. En effet, chaque protagoniste rencontré dans le monde de Ni No Kuni a son pendant dans le monde d’Oliver faisant que pour résoudre les problèmes d’un individu il faut trouver dans l’autre monde son âme soeur, qui peut ne pas avoir la même apparence.

image ni no kuni - 4

Bref l’univers et les personnages de Ni No Kuni sont certes classiques mais on s’y attache de par la sincérité qui émane du jeu. Ainsi si l’histoire est simple elle n’est jamais simpliste.

Il est juste dommageable que le final soit gangréné par le mal de nombre de rpg japonais avec  un boss sorti de nulle part et à l’explication improbable comme le truc improbable et merdique à la fin de Final Fantasy IX.

REALISATION

Si les férus de technique vous diront que le jeu casse pas trois pattes à un canard, je leur répondari que ce sont des gros cons et que le nombre de polygones affichés à l’écran n’a jamais fait la beauté d’un jeu. Ni No Kuni enchante par son utilisation astucieuse du cell-shading, cette technique qui consiste à dessiner par dessus les graphismes 3D afin de les faire ressembler à un dessin animé. Et de ce côté là c’est une vraie réussite car on a l’impression d’assister à un dessin animé tant les graphismes sont enchanteurs.

image ni no kuni - 5

Oui, les personnages sont peut être un peu grossiers et manque de fluidité dans les animations mais les décors sont un véritablement ravissement pour les yeux et nous laissent penser que le studio Ghibli n’a pas simplement apporté une caution au projet.

Impression qui est renforcée par la présence de Joe Hisaishi, le compositeur attitré du studio (et des films de Takeshi Kitano) aui nous sert des thèmes somptueux, véritables ravissement pour les oreilles et invitation au voyage, par le doublage japonais d’excellente qualité et surtout par les magnifiques séquences animées qui vous décrocheront la mâchoire, réveilleront votre âme d’enfant.

Bref, tout est fait de ce côté là pour nous plonger dans un ravissement que l’on espère total. Malheureusement ça ne sera pas le cas.

image ni no kuni - 7

GAMEPLAY

Car le nerf de la guerre pour un jeu, quelque soit ses qualités techniques et son histoire restera toujours son gameplay. Et, de ce côté là, Ni No Kuni est plus que perfectible, malgré toutes les bonnes idées dont il fait preuve. Car oui, Ni No Kuni est bourré de bonnes idées, le souci c’est que ses dernières ne sont pas toujours bien exploitées et que, surtout le jeu à un niveau de difficulté très mal réglé capable de passer en un instant de d’extrêmement facile au super difficile, auquel il faut ajouter une intelligence artificielle de ses coéquipiers plus que bancal qui ne fait qu’accentuer la frustration du joueur quand ça ne va pas.

Pour un rpg, le coeur du système repose sur les combats. Ceux de Ni No Kuni sont un mix entre combats en temps réel avec pause permettant d’activer ses choix (attaque, défense, magie) et d’affrontements typés Pokemon. En effet, on contrôle une équipe de 3 aventuriers et chacun d’eux a en sa possession 3 créatures (que l’on choppe parmi les monstres du bestiaire grâce à la harpe de Myrta qui permet de les envoûter pour qu’ils nous rejoignent). Quand un personnage appelle une créature cette dernière le remplace sur le terrain de jeu. Donc suivant les situations on choisit entre ses personnages ou ses créatures.

image ni no kuni - 6

Globalement le jeu est hyper simple et on suit les combats d’un oeil en se contentant de marteler le bouton d’attaque basique. Mais, d’un coup on va tomber sur un monstre hyper hardos et là il faudra exploiter avec talent le système de jeu. En effet, on a la possibilité de mettre ses personnages en mode défense avant les grosses attaques du boss pour encaisser moins de dégâts mais si on a appuyé sur la touche attaque avant il faut d’abord annuler cet ordre pour passer en défense. Il faut donc se dépêcher de passer à chacun de ses 3 combattants pour les mettre en défense car sinon ils prendront chers dans la gueule.

Il existe bien un ordre de défense général mais ce dernier ne prendra effet que lorsque prendront fin les actions en cours. Il vaut mieux donc micro-gérer ses personnages.

Cette micro-gestion est d’autant plus obligatoire que, si on peut donner des directives à ses coéquipiers (soigner, soutenir, attaquer à fond), ces derniers ne respectent quasiment jamais nos consignes et les personnages que l’on ne dirige pas font souvent, au mieux n’importe quoi, au pire rien. Et ça ça fout les boules quand on donne l’ordre à un personnage de principalement soigner, qu’on lui fout ses meilleures créatures de soin et que ce con ne gaspille aucun point magie, préférant nous sortir les sorts de soin minables plutôt que les meilleurs. Alors que 2 minutes avant il avait balancé la sauce contre des monstres insignifiants. On est donc obligé en permanence de changer la tactique de sa team.

image ni no kuni - 9

Alors généralement ça ne gène pas trop car le la trame principale est grosso modo dénuée d’affrontements complexes mais dès que l’on veut se faire les quêtes annexes un peu plus ardues on peste comme un goret. La solution passe alors par de longues séances de levelling bien chiantes.

Bref, à jouer Ni No Kuni est assez frustrant. Des passages ardus gêneront les plus jeunes joueurs tandis que les joueurs expérimentés seront frustrés par la simplicité  générale du soft.

En effet, ce  dernier a tendance à prendre le joueur franchement par la main avec  ses quêtes pour retrouver les fragments de cœur des divers PNJ. En effet, le vil méchant Shadar a retiré à nombre d’individus divers fragments de leur cœur. Ainsi ces derniers manqueront au choix de courage, de foi…. et il faudra trouver un personnage qui en aura en trop pour lui prendre gentiment et le redistribuer au pauvre malheureux. Là il aurait été sympa de mener une enquête pour voir quel type de fragment il manque au personnage mais non le jeu nous le dit clairement (et écrit en rouge des fois que l’on serait franchement con) et souvent le mec qui a en trop le fragment manquant se trouve à 2 mètres. Mouais ok.

image ni no kuni - 12

Mouais aussi  la question du voyage entre les 2 mondes. En effet, il faut par moment pour identifier la source d’un problème retourner dans le monde d’Oliver et inversement, mais là aussi le jeu nous prend par la main et nous dicte clairement ce qu’il faut faire.

A cela il faut ajouter une mauvaise exploitation du grimoire du magicien (Le jeu 3Ds était vendu au Japon avec un bouquin de 300 pages où on trouve la liste des sorts, un historique sur le monde, des indications sur l’alchimie, etc mais nous pauvres occidentaux on l’a qu’en version numérique et non en version papier. Mais bon son utilisation pour le gameplay est franchement anecdotique), un paquet de sorts inutiles et les sempiternelles tares des rpg japonais avec un paquet d’aller-retour rallongeant artificiellement la durée de vie, des quêtes annexes pour la plupart très peu passionnantes, pour qu’au final on se retrouve avec un soft aux mécanismes bien trop classiques voire usées.

Et c’est franchement frustrant car l’histoire simple mais touchante, sa réalisation enchanteresse avaient tout pour emporter mon adhésion sans condition.

un bon film
un bon film

« Ni No Kuni : La Vengeance de la Sorcière Céleste » de Level 5 (2013). Edité par Namco Bandai. Sorti sur : PS3 (et 3DS au Japon)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s