Luther (saisons 1 et 2) créé par Neil Cross (2010 – 2011)

John Luther est policier à la section criminelle de Londres. Après avoir traité une affaire de tueur d’enfants, Luther a fait une dépression nerveuse qui a mis son mariage en péril. Très impliqué dans son travail, il doit lutter contre ses démons intérieurs qui sont parfois aussi dangereux que les criminels qu’il poursuit.

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EN EQUILIBRE SUR UN FIL

J’estime, objectivement parlant, être une personne hors du commun. Oui, dans la vie il ne faut pas avoir de fausse modestie donc je vous annonce, comme ça, que je suis une personne exceptionnelle.

Alors, oui, je dois reconnaître avoir une légère tendance aux avis bien tranchés à tendance définitive, ce qui me fait à l’occasion, mais rarement car cet avis définitif est souvent le bon, raté quelques pépites cinématographiques.

Ainsi, concernant nos amis d’outre-Manche, je leur reconnaissais un talent plus que certain pour la musique (étant donné que j’ai été biberonné à la brit pop et au rock des 70’s), c’était loin d’être le cas pour leurs séries TV. En guise d’excuse je vous dirai que lorsque j’étais mioche les seules séries rosbeefs qui passaient à la tv c’était Absolutely Fabulous et les crétineries de pathétiques de Benny Hill.

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Donc, avec ça, comment vous voulez pas que je pense que les séries anglaises c’est de la merde ?

Et puis, il y a 4/5 ans on m’a fait découvrir la série Sherlock, relecture moderne exceptionnelle du célèbre détective de Baker Street et, je me suis mis à pense que je ratais peut être quelque chose en snobant les séries british (comme quoi en qualité vous pouvez noter que je peux me remettre en question).

Donc j’y suis allé et j’ai tenté. Alors tout n’a pas été concluant puisque je ne peux toujours pas regarder un épisode de Docteur Who sans m’interroger sur comment on peut aimer ça, Les Tudors sont du sous Rome….

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Et j’ai découvert Luther et le Nirvana télévisuel !

Luther va nous plonger dans un Londres bien loin du Londres moderne que l’on nous vente, cette City, coeur économique et vitrine de tout un pays. Dans Luther c’est de l’autre Londres que l’on parle, de ce Londres où il reste les traces de la crise des années 80 peuplé de ceux qui n’ont pas réussi à prendre le train de la spéculation boursière.

Un Londres fait de friches industrielles et de zones pavillonnaires délabrées, d’une population faite de laissés pour compte emplis de frustration et qui l’évacue, pour certains, dans la violence, le vol, le viol….

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Et, au milieu de ce Londres plus noir que celui que l’on nous vente, il y a l’inspecteur John Luther, un inspecteur porté par un idéal de justice absolue.

Malheureusement pour lui, cet idéal de justice a du mal à se concilier avec son métier de policier car rarement la justice se concilie avec la légalité. Mais pour Luther, les victimes et leur rendre justice passe avant tout alors il s’affranchit des règles.

Luther est donc un flic torturé, un être écartelé entre son idéal de justice, les impératifs d’un système très encadré et la dure et froide violence de la vie.

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Alors il bout, il enrage et tel un équilibriste sur un fil on se demande s’il va basculer dans le vide. Et dès le début il le fait, la question se pose alors de savoir s’il va refaire surface ou continuer à s’enfoncer dans la noirceur contre laquelle il lutte.

La force de la série est là, le personnage de Luther, bien trop rare dans le paysage télévisuel actuel de par son aspect borderline.

En effet, chaque enquête, chaque tueur le met face à ses démons intérieurs, parviendra t il à les combattre tout en réussissant son enquête ou devra t il succomber à ses derniers, à basculer dans l’illégalité, la violence pour sauver des âmes en détresse.

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On sent ainsi un John Luther aux abois, tendu comme la corde d’un acte, frustré quand son intelligence et son esprit de déduction ne suffisent pas face à des criminels qui n’ont pas à se soucier de codes et procédures.

Chaque épisode nous plonge ainsi dans les tréfonds les plus noirs de l’âme humaine, nous laissant à penser qu’à un moment les ténèbres recouvriront la lumière. Mais pourtant Luther n’est pas une série désespérée.

Il y a aussi de l’espoir autour de John. Alors oui, sa femme est en train de le quitter car si elle comprend ce qu’il endure, elle éprouve aussi un besoin de vivre pour elle-même, mais cette dernière est toujours là pour John, et il y a ce nouveau collègue, certes naïf, mais dont la foi dans les capacités de Luther, maintient ce dernier à flot  et il y surtout Alice Morgan, cette tueuse que John n’a pu inculper.

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Entre ces 2 là se créé un drôle de jeu fait de fascination, d’attirance que e tout autant de rejet, chacun semblant être le reflet inversé de l’autre.

Les personnages de Luther sont donc d’une force rare, tous ont une réelle profondeur et aucun n’est laissé pour compte et influe sur l’histoire et sur le devenir de John.

Et les 6 premiers épisodes de la première saison sont sur ce point là étouffant : John va t il totalement basculer ou retrouver la lumière ? On ne sait pas et si on épilogue hallucinant de noirceur nous laisse le souffle coupé.

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Et puis, c’est la douche froide ! Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Alors que la première saison frôlait l’orgasme cinématographique, la deuxième saison nous rappelle la dure réalité, que le chemin vers la perfection est tout aussi difficile et précaire que celui de rester dans la légalité.

La frustration vient d’entrée : alors que le final hallucinant de la saison 1 nous laissait douter de l’état dans lequel on retrouverait Luther, celui-ci a retrouvé, sans explication aucune, alors que tout l’incitait au contraire.

Alors oui, il s’affranchit toujours des règlements mais on ne le sent à aucun moment prêt à basculer dans l’obscurité. Incompréhensible tout simplement.

En outre à côté de cela nous retrouvons des enquêtes moins bien écrites, avec des « méchants » moins fins que dans la première saison (en effet, ce qui était aussi flippant dans la première saison, c’est que l’on pouvait comprendre pourquoi ces derniers en étaient rendus là) voire caricaturaux (avec les épisodes 3 et 4 qui nous sortent des tueurs s’inspirant du jeu de rôle, caricatural au possible) et surtout la disparition dès le premier épisode de cette saison du personnage d’Alice Morgan.

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En effet, sa relation avec John Luther constituait le sel principal de la première saison de par son caractère totalement improbable mais qui dans le contexte était totalement crédible. ces confrontations de deux intellects supérieurs mais aux bagages émotionnels totalement différents était juste jouissive et surtout donnait une dimension particulière à ces deux personnages. Chacun d’entre eux étant comme une béquille émotionnelle pour l’autre.

Malheureusement tout cela a disparu.

Alors, attention je ne dis pas que cette deuxième saison est nulle pour autant mais que, comparé à la maestria, au tsunami émotionnel que provoque la première saison on est bien loin.

Car tout le reste est là : sa réalisation nerveuse, ses personnages secondaires aboutis magnifiquement interprétés et naturellement John Luther.

Oui, il est moins sombre mais le voir en action sur les scènes de crime ou en interrogatoires est toujours un réal.

Espérons que la saison 3, la dernière, achève cette série dans l’apothéose que le personnage de Luther mérite.

Saison 1

Entre culte et chef d'oeuvre
Entre culte et chef d’oeuvre

Saison 2

moyen mais sympa
moyen mais sympa

Luther (saisons 1 et 2) créé par Neil Cross (2010 – 2011). Avec : Idris Elba, Ruth Wilson, Warren Brown.

Saison 1 : 6 x 52 minutes

Saison 2 : 4 x 52 minutes

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