Prisoners de Denis Villeneuve – « Drame humain » par Neots25

Retour sur mon coup de cœur du début d’année « Prisoners » de Denis Villeneuve. Sur fond de kidnapping, c’est surtout un drame familiale qui est présenté. Un thriller qui aurait pu passé inaperçu par mes jolies papilles (faut que j’arrête de me jetez des fleurs !) à cause du sujet maintes et maintes fois revus et repris. Au contraire, le réalisateur a tenté une nouvelle approche, ce qui réussi à ce film.

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Anna et Joy, deux gamines disparaissent dans la banlieue calme de Boston. L’enquête ne parvient pas à arrêter le ravisseur car le suspect numéro 1 est relâché quelques jours plus tard. Hélas, le père dévasté et aveuglé par la douleur, se lance dans une course contre la montre pour tenter de découvrir ce qui s’est passer et retrouver les fillettes..

  Les critiques élogieuses sur le film de Denis Villeneuve, il y en a énormément, et bien évidemment, je ne vais pas déroger à la règle. J’ai été extrêmement surprise de la manière dont le réalisateur a traité le sujet. Même si ce n’est pas si difficile que ça de trouver le coupable, on pouvait le flairer à des kilomètres à la ronde. Tout de même, Prisoners dispose d’une signature particulière car la mise en scène et la trame sont bien ficelés et parfaitement réalisés. La réalisation, le scénario, le jeu des acteurs tout est bien orchestré pour nous donner un thriller et un drame efficace et saisissant. Je dois dire que rien que la bande-annonce du film m’avait accroché, rien d’original, je l’avoue. Je pourrais dire que c’est sans surprise que le film m’a étonnement accroché mais ce n’est sans compter le résultat final qui est plus qu’éblouissant. Villeneuve met à sa sauce un film qui aurait pu tomber dans la banalité et aurait pu être sans grand intérêt. Il a lancé un thriller, un drame solide qui a bien sûr son lot de Suspense qui tient la route.

Prisoners : Photo Hugh Jackman, Maria BelloDès le début, on est happé par cette ambiance sombre qui règne tout au long du film avec une image qui ne cessera de m’impressionner par sa simplicité mais toutefois original. Deux gamines qui disparaissent dans la banlieue de Boston où il ne se passe jamais rien, c’est de cet évènement que l’histoire commence (sans trop d’originalité). Une fois entré dans la trame, on n’en sort pas. C’est le début d’une course à la montre qui va nous emmené très loin, à la fois vers une enquête ordinaire et vers une enquête plus personnelle par le père de famille qui va tout faire pour retrouver sa fille. Les personnages sont tous très captivants et nous révèlent la détresse d’une perte, de l’attente du retour de l’être chère mais également, d’une part plus sombre et inquiétantes des personnages qui sont prêts à tous les moyens pour savoir ce qu’il s’est passé et retrouver les jeunes filles.

La trame en soi n’est pas très original mais le traitement donné par le réalisateur offre un ton particulier à l’ensemble. Je me suis retrouvé moi-même à jouer le flic. Même si les indices étaient plutôt flous, j’ai réussi sans grande peine à savoir qui était le ravisseur (non je ne me la raconte pas ! J’évoque juste les faits réels à savoir que c’est facile de trouver qui est le ravisseur, au contraire de la série Broadchurch). Trêve de bavardage, revenons à nos moutons !

Prisoners : Photo Hugh Jackman, Paul DanoCe qui fait la réussite, selon moi, c’est l’ambiance glauque, sombre et les personnages qui font que ce thriller marche. Tout d’abord, l’ambiance est très bien entretenue avec une atmosphère grise durant tout le film et surtout enivrante. On a l’impression de vivre un cauchemar avec cette fille qui vit un véritable calvaire (j’étais embarqué totalement comme si c’était mon cauchemar à moi, je sais c’est étrange). Happé par cette atmosphère oppressante et par l’aspect visuel qui en ressort, j’ai été scotché devant ce film qui passe sans que je m’en suis rendu compte. Son aspect très noir nous rend compte de la société très difficile. Mais c’est surtout les personnages profonds et bien traités qui m’a tenu en haleine. D’un côté, nous avons le père qui après le kidnapping de sa fille tombe dans un certaine tourmente et dans la violence car il prêt à tout pour que sa fille revienne. C’est celui que j’ai préféré suivre, notamment, dans son enquête. Il s’enfonce dans un gouffre où va régner une certaine violence (torture…).

Le petit moins (car il y en a un !) est le personnage que joue Paul Dano qui est très étrange et véritablement inintéressant. Dans la première partie, je l’accorde, il est utile dans un sens mais dans le reste du film, ils auraient pu éviter surtout que les éléments et les événements qui entourent son personnage sont anecdotiques et pas très précieux dans cette affaire. D’autres personnages comme le personnage de Maria Bello aurait été beaucoup plus efficace et avantageux dans ce cas.

A mon sens, c’est un thriller qui tire son épingle sans tout casser sur son passage avec une fin très intéressante car la maîtrise du sujet et du film en soi est prodigieuse sublimé par une image, que j’ai déjà évoqué, renversante signé Roger Deakins.

Prisoners : Photo Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal

Et le gros point fort du film sont les acteurs. Ils ne sont pas en reste car je n’ai aucun reproche à faire de ce côté, ils sont tous convaincants tantôt en colère, tantôt triste. Pour moi Palme d’or (façon de parler) à Hugh Jackman qui nous offre une interprétation digne de ce nom et de ce genre de film. Il est incroyable de réalisme et son jeu est juste, mélancolique et pour moi cela n’a pas été très difficile de ressentir sa grande peine. Jake Gyllenhaal est également captivant, touchant, un point désinvolte et rebelle même si les jeux de filature et ce qui s’ensuit laissent véritablement à désirer notamment quand le père découvre que le flic le suit. Alors là chapeau, un professionnalisme à redouter.

         Quant aux autres acteurs, ils sont très justes et leur interprétation est très convaincante. Toutefois, ils ne sont pas assez présents dans le film pour ce qu’ils ont à offrir notamment Maria Bello qui renversante pour le peu de temps où elle apparait. Son jeu tout comme celui de Viola Davis et de Terrence Howard (une détresse saisissante, percutante et déchirante) est si réelle qu’ils ont réussis à m’émouvoir. De vraies émotions qui en découlent qui m’ont bouleversées et troublées.

Prisoners : Photo Jake Gyllenhaal

Bien évidemment, la musique joue son rôle à la perfection car elle ajoute ce ton lugubre, sombre, touchant, mélancolique et surtout pesant au film. Cela donne vraiment la touche en plus qui a éveillé mes sens.

En bref, un film très réussi qui a réussi à émoustiller mes papilles et mes yeux devant lequel j’ai passé un très bon moment. Prisoners est selon moi une réussite, un thriller haletant où rien n’est laissé au hasard et où chaque éléments et parties s’intègrent bien. Ajouté des acteurs au top, on nous donne un très bon drame et thriller. Bien sûr, il ne révolutionne pas le genre mais il passe la barre sans grand peine.

excellent, au dessus de la mêlée
excellent, au dessus de la mêlée

« Prisoners » de Denis Villeneuve 2013. Avec Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Maria Bello, Viola Davis, Terrence Howard, Paul Dano. Durée : 2h33.

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