Horns (2014) de Alexandre Aja par Mat Castle

Ignatius est soupçonné d’avoir violé et tué sa petite amie dans une petite ville à la « Twin peaks ». Conspué par les habitants et la presse de la bourgade, il veut prouver son innocence avec l’ aide de deux cornes qui ont poussé sur son crane qui lui permettent de percer à jours les secrets inavouables des autochtones. 

Horns-Alexandre-Aja-Daniel-Ratcliff-poster-affiche

NO SYMPATHY FOR THE DEVIL

Alexandre Aja poursuit son petit bonhomme de chemin au pays de l’ oncle Sam avec un nouvel objet filmique tiré d’une nouvelle du fiston du légendaire Stephen King. Plus adaptation donc que « remakes » auquels l’auteur de « Haute Tension » nous a habitué jusque-là. D’ou peut être la grosse désillusion  qui nous envahit à la sortie des salles obscures.

Horns-Alexandre-Aja-Daniel-Ratcliff4

« Horns » peut se voir comme un film « hybride » voir « bâtard » si vous voulez. Drame et romance côtoient maladroitement fantastique/horreur/policier et comédie « trashouille » dans un gros « maelstrom » le plus souvent fort peu digeste.   C ‘est dans ce style (l’ humour régressif et cynique ) que « Horns s’en tire peut être  le mieux. Découvrir une femme qui veut commettre l’ irréparable, devant le héros de l’ histoire consterné, car sa peste de fille lui tape méchamment sur les nerfs ou voir les fantasmes d’une « WASP » avec son prof de golf « black » (je vois laisse penser le truc!), les pensées d’un dentiste lubrique ou d’un gros routier (?!!!) a quelque chose de jubilatoire face à (parfois) la pensée bien pensante notamment de nos cousins « Yankees ».

Horns-Alexandre-Aja-Daniel-Ratcliff5

D’ailleurs touts les moments graveleux tournent autour du cul comme vous pouvez imaginer et sont souvent très réussies, bien que les feintes sur l’ homosexualité refoulée des deux flics par exemple (être gay est un péché donc?!)  peut laisser (un peu) perplexe ou c’est encore de l’ ironie et du pointage du doigt, venant d ‘Aja cela ne serait pas étonnant, surtout en pensant à son précédent film (« Piranha 3d »). Bon passons au négatif, c’est à dire pratiquement….tout le reste. Le segment romantique, avec pourtant la plantureuse Juno Temple, est d’ une platitude totale digne du plus pourri des opus « Twilight », une bonne scène (la rupture au « drive in ») pour d’autres complètement indigentes et chiantes comme la mort.

Horns-Alexandre-Aja-Daniel-Ratcliff3

Les « flash-back » à la « Stand by me » sont aussi bien mièvres car la caractérisation des protagonistes est caricaturale et ennuyante. L’ennui c’est, et cela fait mal au cœur de le dire car j’aimes plutôt bien le metteur en scène de « Furia », la tare de « Horns ». L’intrigue policière ou « Whodunit » est sans intérêt et peu passionnante car archi classique et redondante tout comme la dramaturgie de l’intrigue pompée sur le « Intuitions » de Sam Raimi malgré des moments faussement « fun » (la confession de la mère sur son fils et le besoin viscéral de le voir partir) qui touchent au cœur le spectateur.

Horns-Alexandre-Aja-Daniel-Ratcliff2

Attention Alexandre Aja n’est pas qu’ vulgaire « faiseur » et le démontre quand même très souvent, aidé par une magnifique photographie, dans quelques plans magnifiques. Je pourrais vous citer le moment ou Ig « détoxe » son drogué de frère dans une séquence oppressante, étouffante. « Horns » grâce à ces brefs moments reste péniblement à flots.

Radcliffe est bon oui c’est un fait par contre il semble encore un peu « tendre » pour un rôle aussi exigeant. Temple s’en sort plutôt bien tout come la trop rare « roller girl » de « Boogie Nights », Heather Graham, dans la composition d’une « addict » à la « tv réalité » et qui en fait bizarrement une des grandes méchantes du film.

Horns-Alexandre-Aja-Daniel-Ratcliff6

Boursouflé car brassant trop de genre à la fois « Horns » (et Aja )déçoit  franchement. La faute à un script finalement sans vraiment de grosses surprises qui  tire le métrage par le bas et le noyant dans des poncifs gnan gnan indignes de son auteur. l’absence du binôme habituel de Aja (Gregory Levasseur)  en est peut être la cause mais n’ excuse pas tout. Tout est prévisible dans ce nous propose le créateur  de « la Colline a des yeus » (jusque dans la b.o, bonne mais trop classique) avec ce film  et on espère sincèrement que cette erreur de parcours n’en soit qu’une justement pour la tournure de sa carrière, et qu’ un blond au t-shirt rouge,au cigare et au fusil Delta pourrait le remettre dans le droit chemin, allez on y croit..

ça sent mauvais
ça sent mauvais

Horns  de Alexandre Aja (2014, USA) avec Daniel Ratcliff, Juno Temple….durée 1h59

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s