Kingdom Come de Greg A.Sager, par Sékateur

Soyons naïfs et idéalistes, l’avantage d’une petite production par rapport à un gros mastodonte de plusieurs dizaines de millions de dollars devrait être de pouvoir s’écarter des chemins battus, d’utiliser chaque centime de budget pour la convertir en idée, de contrebalancer un jeu d’acteurs moyen, une musique sans intérêt et un niveau d’effets spéciaux réduit par une véritable mise en abyme des personnages et une écriture non conventionnelle… ce serait bien. Ce modeste DTV sorti le 1er octobre, parvient-il à faire ce boulot ?

Je ne l’apprends à personne, sans budget, le meilleur des réalisateurs serait bien en peine de proposer aux spectateurs un univers cohérent, des acteurs crédibles, et des scènes mémorables. Travailler avec trois francs six sous, c’est un boulot d’artisan, il est préférable, si l’on ne veut pas pondre une énième série Z, d’avoir des idées, de la créativité…

Généralement, même si c’est parfois discret, la plupart des DTV essaient de proposer une petite originalité – souvent noyée au milieu d’un bain épais de conventions… sauf que le terme créativité s’efface souvent au profit d’un recyclage plus ou moins astucieux de film ayant déjà fait leurs preuves.

On sort par là ou par là, et après on fait quoi, bla, bla, bla, bla...
On sort par là ou par là, et après on fait quoi, bla, bla, bla, bla…

Kingdom Come fait partie de cette catégorie de DTV. Partant sur une base similaire à « Cube » ou « Saw 2 », il s’oriente dans sa seconde partie vers « Destination Finale » et un autre film plus modeste dont j’ai oublié le titre… « Reeker » (merci le web)… on emprunte à droite, à gauche, on malaxe le tout et l’on obtient un scénario mal ficelé, incohérent, présentant l’avantage de laisser au réalisateur, Greg A.Sager, déjà auteur de « Devil Seed », toute latitude pour soigner son ambiance, et les scènes-clés de son long-métrage.

Sauf que là aussi, « Kingdom Come » fait dans le recyclage. Difficile de ne pas penser à la franchise « Saw » devant cette photographie crépusculaire et ces décors minimalistes et cradingues… Le synopsis de la jaquette nous explique qu’il s’agit d’un hôpital psychiatrique.. ouais, je veux bien le croire. Mais alors un hôpital désaffecté. Cela pourrait bien être un immeuble en voie de destruction, ce serait bien la même chose… En tout cas, l’ambiance est bien mise en avant. On navigue dans un environnement sale et malsain, c’est un point positif. Et bien entendu, on reste cantonné à un environnement unique, c’est normal, pas de sous est souvent synonyme de huis clos…

Première victime, dont le seul crime est d'être une... victime...
Première victime, dont le seul crime est d’être une… victime…

Malheureusement, le film démarre sur un principe tellement convenu, que l’accroche est loin d’être évidente. S’ennuyer au bout de trois minutes, c’est pas franchement engageant pour la suite. Force est de constater que le temps s’allonge, car le scénario n’a vraiment rien d’original à nous proposer. On se trouve face à une sorte de slasher, sans tueur apparent. Les personnages se trouvent confrontées à d’anciennes connaissances, plus ou moins vivantes (!), parfois accompagnées de créatures délicieuses évoquant très fortement la « Jenifer » de Dario Argento…

Elles sont tellement mignonnes... de dos...
Elles sont tellement mignonnes… de dos…

La seconde partie du film, je le disais, bifurque sensiblement de cette succession de « meurtres » lassante et mille fois rabâchée, vers un final qui se veut surprenant ou du moins, un peu plus « intelligent » C’est bien de vouloir animer un script rachitique. Le problème, c’est que dans cette histoire, si l’on reprend tout à zéro, rien ne colle. Les personnages ne sont pas logés à la même enseigne, alors que dans le principe, ils devraient l’être. La confrontation finale semble réservée à une sorte « d’élite » – un couple dans la force de l’âge accompagné d’une fillette (propos très catho sous jacent, donc… avec une petite tolérance pour l’Islam assez amusante à observer) – déjà définie à l’avance… c’est très gênant…

Petite fille ou pas petite fille ?
Petite fille ou pas petite fille ?

Le dénouement est animé, curieusement chargé d’effets spéciaux (très modestement, mais tout de même, pour un film qui n’a coûté que trois millions de dollars, ça surprend) et fait en dix minutes le boulot que l’on aurait aimé suivre pendant quatre-vingt-dix minutes.

Pour certains, cela semble suffire, car ce film est souvent présenté comme étant une « bonne surprise »… pourquoi pas.

ça sent pas très bon
ça sent pas très bon

Allez, une petite bande annonce qui raconte tout, certes, mais qui est assez rythmée… bien plus que le film…

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