Sushi Girl (2012) de Kern Saxton, par Sékateur

L’impulsion du duo Tarentino/Rodriguez a généré des dizaines, peut-être des centaines, de films estampillés « Grindhouse », sorte d’hommage au cinoche d’autrefois, diffusé dans les cinémas de quartier… souvent pour le pire et le moins pire. En admettant le caractère « nazebrock » de leurs productions, les réalisateurs en oublient souvent de créer quelque chose de vraiment intéressant… « Sushi Girl » est-il l’exception qui confirme la règle ?

Le pitch est simplissime. Un type bizarre et ambigu invite ses anciens complices de casse, et séquestre celui qui à l’époque s’est fait prendre par la police, à sa sortie de prison. L’argent du casse a disparu, et le type bizarre et ambigu est bien déterminé à le retrouver. Il soupçonne l’ex-taulard d’avoir subtilisé cette somme… Durant cette soirée, la Sushi Girl – Geisha réduite à l’état de plat à sushis – assistera à une confrontation violente et meurtrière…

T'es mal barré, mon pote, vraiment mal barré...
T’es mal barré, mon pote, vraiment mal barré…

Tarentino n’est jamais très loin. Plus qu’une influence, c’est comme un fantôme qui hante les dialogues, les plans, les jeux d’acteurs… Après on peut rejeter cette aura gênante et envahissante, ou se laisser prendre par l’ambiance de film noir, entre menace constante et dérision.

Outre un casting plutôt sympa, Tony Todd, Mark Hamill, Jeff Fahey, Michael Biehn, Danny Trejo, le film propose un scénario finalement intéressant, même s’il n’a rien de révolutionnaire, et demeure assez bien fichu pour un film à si faible budget.

Le temps a été sans pitié avec Luke Skywalker...
Le temps a été sans pitié avec Luke Skywalker…

Eh oui, il faut parfois comparer ce qui est comparable.

Le duo « Boulevard de la Mort/Planète Terreur » a coûté 67 millions de dollars.

« Sushi Girl », c’est 750 000 dollars…

Le plaisir cinématographique n’est sans doute pas influencé par le budget, mais un spectateur averti peut avoir une certaine indulgence devant la faiblesse des moyens utilisés.

« Sushi Girl » mérite amplement cette indulgence. Si le film s’écarte finalement assez peu d’une salle unique, il distille des flash-back (à la Réservoir Dog) plutôt bien fichus, et qui ont le mérite de vraiment apporter les explications attendues.

Les mauvais garçons du casting sont vraiment mauvais, et c’est un plaisir de les voir s’insulter, se menacer, et s’entre massacrer, car après tout, c’est bien ce que l’on attend d’un projet aussi limité qu’un Grindhouse en huis clos… On perd en action et effets spectaculaires ce que l’on gagne en tension dramatique et en scènes brèves mais marquantes.

Tu dis ce que tu sais et je te massacre. Tu dis rien et je te massacre. Alors ?
Tu dis ce que tu sais et je te massacre. Tu dis rien et je te massacre. Alors ?

Tout cela est certes relatif, pour être objectif, le film stagne dans une sorte de torpeur pendant un bon moment avant de s’animer réellement. Mais il raconte une histoire. De plus, le projet demeure cohérent, du début à la fin. Quand un film est fait avec trois francs six sous, il peut à certains moments sortir de sa ligne directrice et faire n’importe quoi, juste par souci mercantile. Ici, rien de cela. Le film se tient de bout en bout, et même s’il ne propose rien de génial, il le fait avec sérieux et constance. J’en reviens à ce budget misérable de 750 000 dollars… franchement, ce réalisateur Kern Saxton, est peut-être meilleur que ne le dévoile ce long métrage.

Miam, miam !
Miam, miam !

Avec peu de matière, et sans en faire des tonnes, il parvient à proposer un film solide, avec un dénouement charmant, plein de violence et de courbes langoureuses.

Une bonne surprise, je trouve…

Rien de grandiose, mais honorable...
Rien de grandiose, mais honorable…

 

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