Boyhood (2014) de Richard Linklater par Flow

Il était une fois la vie.

D’un projet ambitieux aux méthodes de réalisation intrigantes et novatrices (filmer ses acteurs quatre jours par an pendant douze ans), Richard Linklater (la trilogie Before… que je n’ai pas vu) tire un magnifique film, témoin du temps qui passe et de la difficulté d’apprendre à vivre. Poignant.

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Chaque année, durant 12 ans, le réalisateur Richard Linklater a réuni les mêmes comédiens pour un film unique sur la famille et le temps qui passe. On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père. Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte..

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Boyhood est un long film (2h44) et ne se laisse pas appréhender facilement. Les quarante-cinq premières minutes ne donnent pas forcément envie d’aller plus loin. Pourtant, en s’accrochant, on est peu à peu happé par ce projet atypique et pourtant essentiel. Si le film semble n’avoir pas grand chose à raconter d’original (la vie d’un enfant américain moyen partagé entre un père plus ou moins absent et une mère abonnée aux pères de substitution alcooliques et aux déménagements en séries) c’est tout simplement car il rejette tout ce qui pourrait apparaître irréaliste. Il s’attache à raconter la vie dans sa banalité la plus anti-cinématographique. C’est lorsque l’on a compris ça, bien plus tard dans le film, qu’on se rend compte à quel point il est une proposition de cinéma à part. Il réussit l’exploit de saisir ce qu’est la vie et il nous l’explique avec tendresse et subtilité.

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A la fin du long-métrage, lorsque le père (Ethan Hawke) de Mason, alors adulte, lui parle de la vie et du fait qu’on s’est tous plus ou moins posé les mêmes questions à un moment de notre vie, la conversation fonctionne comme un révélateur, affichant clairement l’ambition qui sous-tend le film. Mason enfonce le clou un peu plus tard en lâchant un laconique : « we’re not as unique as we think we are » (on n’est pas aussi unique qu’on le croit). On est tous passé par les émotions et les questions que se posent le jeune homme et aucun d’entre nous n’a réellement trouvé de réponses fermes et définitives. Il y a quelque chose de rassurant à savoir qu’on est tous dans le même panier. Non ? En racontant les aventures d’un seul, le film nous livre en fait notre histoire à tous.

BOYHOOD

En filigrane, on découvre la vie des membres de la famille du héros. Autant de personnages qui en sont à des moments différents de leurs vies mais avec les mêmes questionnements encore et toujours. Ces interrogations, qui finalement, expriment à la fois le caractère éphémère et pourtant si essentiel de la vie humaine. Des expériences uniques et nombreuses caractérisent chaque individu expérimentant pourtant ostensiblement la même chose (la naissance, la vie, la mort).

Boyhood est une histoire du temps qui passe et qui se répète indéfiniment, tant qu’il y aura des hommes… Et j’ai trouvé ça beau.

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Je ne peux que conseiller ce film, unique en son genre et vraiment abouti. Pour le procédé employé, déjà, mais aussi pour son message dur mais pourtant essentiel : le temps passe ; mais il faut bien vivre.

Note:

excellent, brillant
excellent, brillant

Bande-annonce:

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2 commentaires

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