Opération Goldman (1966) d’Antonio Margheriti, par Sékateur

Comment pourrait s’y prendre un brasseur pour conquérir la planète Terre ? Tournée de binouze dans le monde entier ? Non, trop simple. Il préférerait construire un laser géant et l’installer sur la Lune pour faire planer une menace apocalyptique… ouais… c’est ça « Opération Goldman »…

C’est bien connu, le cinéma italien des années 60/70 a copié la plupart des grands succès américains, avec plus ou moins de réussite. Certains réalisateurs se sont fait un nom grâce à ces productions fauchées, écrites à la va-vite, interprétées par des acteurs débutants.

Pour avoir vu quelques-uns de ses films, je vois Margheriti un peu comme un Mario Bava « du pauvre. » Là où le grand Mario était capable de briller dans une œuvre à l’ambiance pesante, grâce à un sens de l’esthétisme rare, le petit Antonio s’est contenté d’être bon pour planter un décor et mettre en valeur ses interprètes. Voilà. Margheriti était donc un bon faiseur, comme tant d’autres réalisateurs italiens de cette époque et il était même, dans son domaine, plutôt dans le haut du panier.

OperationGoldman menace

L’agent secret Harry Sennet est employé par le département d’Etat américain pour retrouver la trace d’un scientifique. Son secret ? Un carnet de chèques. En payant cash, il obtient à peu près tout ce qu’il veut, et les fonds sont illimités, merci oncle Sam ! Lors de son enquête, il se retrouvera embarqué dans une installation sous-marine, où un grand méchant amateur de bon whisky lui exposera tranquillement l’intégralité de ses plans machiavéliques avant d’essayer, en vain, de le tuer…

Mince ! J’ai tout raconté ! Mais non… A vrai dire, l’histoire on s’en fiche un peu.

Cet « Opération Goldman » est un copiage littéral et assumé des aventures de James Bond. Sans le budget habituellement alloué par les Américains, bien sûr… Son grand intérêt réside dans l’enchaînement improbable des situations, les décors en carton-pâte, les effets spéciaux en bouts de ficelle (ah ! Ce laser !…), les explosions de maquettes et de modèles réduits… c’est vivant, animé, rythmé, et déjà, c’est plutôt une bonne surprise. En plus, les acteurs sont sympathiques, parfois drôles dans leur caricature (le méchant, notamment.)

OperationGoldman whisky

Le spectacle est totalement désuet, et ne pourra probablement pas plaire à tout le monde.

Pour comparaison, oui, j’aime bien comparer, ce film m’apparaît être à James Bond ce que « Starcrash : le choc des étoiles » de Luigi Cozzi, est à Star Wars. Une copie carbone réalisée sans argent, mais avec fougue et conviction.

D’ailleurs, Margueriti et Cozzi ont pour point commun d’avoir été deux spécialistes en effets spéciaux… (comment ça, et alors ?)

Le bonus du DVD distribué par Artus Films nous propose une interview d’Alain Petit, un spécialiste en cinéma de genre. C’est l’occasion de mieux faire connaissance avec les interprètes.

Anthony Eisley s’est peu illustré au cinéma. Il fait le boulot correctement, dans « Opération Goldman », trop modestement pour ne pas souffrir de la comparaison (oui encore une !) avec Sean Connery.

OperationGoldman Diana Loris

Diana Loris est plus connue, car elle a tourné une multitude de films sous la direction de Jesus Franco, Alberto de Martino, Umberto Lenzi… C’est l’atout charme de « Opération Goldman », et c’est bien dommage de ne plus la voir dans la dernière demi-heure du film !

Folco Lulli, le grand méchant de l’histoire, est carrément prestigieux ! Il suffit de consulter sa page Wikimachin pour s’en rendre compte ! Que de films à son actif ! Il en a même réalisé un en 1967 en faisant jouer son frère. Et il a obtenu un prix d’interprétation pour un second rôle en 1963. Cela dit, sa participation dans « Opération Goldman », sans être totalement ridicule… … n’en demeure pas moins un p’tit peu ridicule… Pour tout dire, il est à peu près aussi redoutable qu’un basset hound en phase digestive…

Si il est là le méchant, juste au milieu...
Si il est là le méchant, juste au milieu…

Il est bien difficile de noter un film aussi daté et désuet. Il mérite d’être vu avec indulgence, car pour ce niveau de production, bon nombre d’autres longs-métrages ne valent même pas le plastique ayant servi à la confection du DVD. Cet « Opération Goldman » est une curiosité qui s’apprécie comme une pièce de musée, colorée, superficielle, mais essentielle à la bonne compréhension de son époque…

moyen mais sympa
sympa, c’est le terme approprié

Voici la bande annonce en version anglaise, bien datée elle aussi…

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