Justified 6 (2015) de Graham Yost par Flow

Saison 6.

You’ll never leave Harlan alive.

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La sixième et dernière saison de Justified reprend où la précédente s’était achevée. Raylan, avec l’aide forcée de Ava tente de faire tomber Boyd Crowder avant de rejoindre femme et enfant à Miami. Oui, mais voilà, cette dernière chasse n’est pas simple pour notre Marshall au chapeau…

Je suis très énervé contre Justified. A la fin de la mauvaise cinquième saison, j’étais content qu’elle s’achève un an plus tard, me disant qu’il valait mieux s’arrêter là. Oui mais voilà. Maintenant que la série est finie et après cette excellente conclusion, j’en veux plus ! Arf, je suis déçu de l’irrégularité du travail des scénaristes. Si les six saisons avaient été du niveau des excellentes 2 (la meilleure), 4 et 6, la série figurait au panthéon de la production télévisuelle. Ça ne sera pas le cas mais je me souviendrai de Justified pour l’excellence qu’elle a atteint à diverses reprises, pour le milieu social qu’elle dépeint, pour le Kentucky ; cette Amérique oubliée et surtout pour la perfection des joutes verbales véritable point fort de la série.

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Avant de dire adieu, parlons un peu de cette saison finale. Elle est vraiment parfaite. Elle offre tout ce qui a fait le sel de la série. Des personnages secondaires fabuleux (Dewey Crowe toujours). Entre crétins flamboyants (Choo-Choo), tueurs inquiétants (Boon, excellent Jonathan Tucker) et méchants charismatiques (le baron de la Marijuana, Avery Markam campé par Sam Elliot, une évidence, sans moustache). Aux excellents personnages, il faut ajouter des dialogues qui font mouche à chaque fois. La violence dans Justified n’est pas physique, elle est verbale. Elle dépeint une Amérique profonde où la justice de l’État est secondaire. Les gens se font justice eux-mêmes. Seule la loi du plus fort compte et le plus fort est celui qui s’impose sans éclats, juste par sa stature et son pouvoir de menacer. Enfin, n’oublions pas cette idée qui traverse toute la série : le poids du milieu où l’on naît écrase les individus.

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A cette thématique centrale, cette dernière saison répond (au contraire d’une SOA, par exemple) de manière positive et optimiste. La fatalité n’est pas en mesure de dicter à un homme sa vie et sa conduite. C’est la plus belle leçon de Justified. Raylan Givens, marshall aux méthodes musclées, issu d’une famille de criminels, veut s’extirper de l’emprise de son père (pourtant décédé) et de cette ville de Harlan, sans y arriver. Il comprend pourtant que le poids de la fatalité qu’il ressent n’est qu’une excuse. Cela n’existe pas (la scène avec le fantôme de son père). Au final, il n’y a que les hommes face à leurs choix. Et il fait le choix de s’éloigner de tout ça. A l’opposé, Boyd, son rival (et ami d’enfance) ne le comprend pas et ne s’en sort donc pas, il finit en prison. Il est convaincu qu’il vit comme un criminel car il ne connaît que ça (dans la magnifique scène finale, il dit à Raylan : «j’ai l’impression que pour pouvoir quitter cette ville, le meilleur moyen est de ne jamais y être né»). Mais il a tort, il mène une vie de criminel car il en a fait le choix (la scène où il prend un type en otage dans sa voiture).

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Ainsi, tu ne quitteras jamais Harlan vivant, oui, sauf si tu le souhaites vraiment. Dans la vie, tout est question de choix. Message optimiste. C’est intéressant de voir que Justified s’oppose (sur le même sujet), à Sons of Anarchy qui nous montrait à la fin que le poids du destin était plus fort que les choix de Jax. Les deux séries, qui occupaient la même case horaire sur la même chaîne, et qui viennent toutes deux de se conclure, se complètent de manière étonnante.

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Bref, Justified conclue de fort belle manière en apportant une vraie conclusion à l’histoire, aux personnages et offre en prime une saison de qualité. Que demander de plus ? D’autant que la dernière scène qui met en scène un simple dialogue intelligent entre deux hommes que tout oppose, résume à elle seule la série. Sensible, drôle et intelligente. I left Harlan alive mais j’y serais resté volontiers encore quelques années…

Note:

excellent, brillant
excellent

Bande-Annonce:

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