Guide de survie contre la V.O.D. payante, par Capitaine Calva.

Durant ces deux dernières années, j’ai du apprendre à m’adapter aux nouveaux médias. En effet, il y a très longtemps, dans une lointaine galaxie, existaient les vidéos clubs. Sorte de temple de la pellicule (brûle ?) où se croisaient les familles qui cherchaient le dernier Disney, les vieux papys grivois qui passaient sous le rideau délimitant la pièce secrète que tout le monde connaissait; et enfin les jeunes cadres dynamiques qui venaient chercher les dernière nouveautés qui avaient cartonné au box-office. Au milieu de cette faune caractéristique de notre société, une dernière catégorie: moi. J’arrivais toujours en retard donc, plus rien à voir. De toutes façons, j’avais toujours tout vu ou presque. Et là, une heure passait avant que je fasse mon choix; au grand dam du patron/patronne qui en avait marre de voir ma tronche hirsute qui faisait peur aux petits n’enfants. Quel bon vieux temps !

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Que de souvenirs…

Et puis un beau jour, une grande invention bouleverse le monde: internet. Et de fait, les fournisseurs d’accès (internet pour ceux qui ne suivent pas) apparurent; sorte de vampires version 2.0, ils allaient nous vendre leur produit miracle: la gratuité pour tout et n’importe quoi. Dont acte: le glas sonna pour les vidéoclubs. En l’espace d’une grosse décennie, ce commerce disparut.

Ainsi, pour les cinéphiles, sérievores, cochons du X et autres gamins pourris gâtés, deux solutions: le streaming gratos et donc « pirate » (ou illégal parceque si toi pas payer, toi pas dans la légalité…) et la VOD légale biensûr puisque c’est proposé par nos chers FAI’s pour des sommes modiques équivalentes au double d’une location de DVD/blueray dans les anciens commerces. No comment…

Toutefois, une autre solution plus « économique » apparut plus tard: la VOD au forfait, qui consiste en un abonnement de dix euros environ en échange d’un catalogue plus ou moins (surtout moins que plus d’ailleurs) fourni en séries, films et autres grivoiseries pour nos chers papys qu’on aime tant (enfin moi non, les miens sont morts. Devant un films de cul ?!).

Le but de ce guide est donc de vous donner mes impressions sur les principaux rivaux qui se taillent la part du lion en France. Je les ai testés en tant qu’abonné durant de longs mois. Vous saurez ainsi ce que valent Canalplay, CanalSat, OCS et Netflix en termes de possibilités techniques, de variété de programmes, de qualité de diffusion et enfin de cohérence et de lisibilité des interfaces. Je vous préviens de suite: je ne vais pas être très tendre. Et tant pis pour eux !

Canalplay:

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ça semble simple comme çà…

Commençons donc par celui par lequel j’ai découvert ce genre d’offres il y a deux ans. Vous aurez compris que ce catalogue appartient à Canal Plus, la chaîne historiquement fan de cinoche. Enfin pour moi surtout. Que de souvenirs… Bref. Pour dix euros par mois, Canalplay vous propose, comme tous les autres à suivre, trois  ou quatre grandes catégories de programmes: les films, les séries, les documentaires et… J’hésite entre les films pour adultes ou les programmes pour enfants… Oui bon,  la deuxième allez hop.

Les films: Quasiment pas de nouveautés. Que du vieux, du pas bon, du souvent chiant, un choix merdique et surtout, un temps limité qui vous en fait louper plus que ce qui est humainement supportable. A savoir que ça dure environ un ou deux mois. En d’autres termes, Canal Plus se targue de nous offrir une quasi-infinité de programmes dans sa « super pub » avec des vampires. Détrompez-vous. On fait vite le tour des films. Amateurs de films pop-corn, passez franchement votre chemin.

Les séries: Bilan plus positif puisque, si vous avez de la chance, vous pourrez voir par exemple des intégrales de bonnes séries comme Breaking bad. Rien que pour çà, j’ai accepté de payer un mois d’abonnement. Comptez environ une bonne grosse dizaine de séries disponibles en même temps. Gros bémol toutefois: il arrive qu’une série soit amputée d’une saison en plein milieu sans aucune explication. Logique mercantile imposant l’achat compulsif du coffret DVD ? Possible. en dehors de çà, de la qualité tout de même.

Les N’enfants: Pour être franc, je ne sais pas trop. J’ai aperçu pas mal de trucs roses et autres poutounours. Donc je présume qu’il y a du choix. Enfin sûrement assez pour avoir la paix quand vous voulez faire une sieste.

Les films X: un ou deux films par mois (quoi ? Bin ouais je pense à tout le monde moi monsieur !)

Interface et qualité globale: Là, ça blesse. L’interface n’est pas destinée aux gros geeks névrosés qui savent comment chercher, c’est clair (pas crypté, huhu) mais sans plus. Je n’ai pas vraiment apprécié la navigation. De plus, les fermetures, bugs, plantages, etc… intempestifs sont une spécialité de la chaîne. C’est parfois rageant car ça vous bouffera la soirée. Peut-être cela s’arrange-t’il en fonction du débit de chacun ? J’émets tout de même des doutes. Retenez bien que les « vieux » vont se gratter la tête avec la télécommande avant de piger comment ça fonctionne.

Conclusion: Je lui donne une note de 4/10 car trop de bugs et pas assez de bons films à mon goût. On sent bien que la chaîne veut se garder les exclusivités pour son propre abonnement hors de prix au passage.

CanalSat:

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Simple ? Nan !

Tout le monde se souvient de la guéguerre entre TPS et CanalSat à l’époque où la télé par satellite était à la mode. Quoi non ? Ah pardon, je suis peut-être trop vieux. Dorénavant, c’est disponible sur internet via votre box préférée. L’offre consiste en un catalogue de plusieurs chaînes visible en direct. Plus vous payez cher par mois, plus vous avez de chaînes. Logique. Mais bon, loin de moi l’idée de tout tacler aujourd’hui, mais encore une fois, ça casse pas trois pattes à un canard…

Mais revenons à leur offre en VOD.

Les films: Un peu mieux que Canalplay. Ceci s’explique par le fait que vous avez accès aux films présentés par les chaînes du bouquet. C’est déjà plus hétéroclite en terme de choix. Bémol: le temps est ultra limité pour les visionner. Je viens de me faire avoir avec le dernier Star Strek. Et j’ai les boules.

Les séries: Là encore, un peu plus de choix mais sans plus. En ce moment, je regarde « Z Nation » par exemple. Bof. Toutefois, bénéficiant de la chaîne OCS, vous avez du lourd. True detective 2 très prochainement etc…  avec les diffusions +24 des séries telles que Walking Dead ou Trône de fer un jour après leur diffusion aux USA. Cool !

Les n’enfants: Y’a du rose et des poutounours aussi.

Du cul ? : Je sais pas.

Interface et qualité globale: Aïe ! Comme son petit frère Canalplay, la qualité est médiocre. ça plante, ça bug et ça fait chier. Pire encore, l’interface est complètement pourrie. Du haut, bas, droite, gauche. C’est du Street Fighter avec la zappette pour chercher les programmes. Hé les mecs, vous fumez quoi quand vous concevez un truc ? Pour couronner le tout, c’est l’offre la plus chère; entre 15 et 40 euros par mois en fonction des options choisies. Un choix de tarifs complètement hors d’âge qui n’a plus sa place dans notre société d’hyper consommation.

Conclusion: 5/10 grâce à OCS. Pour le reste, non; ça vaut pas tripette. Et là encore, je ne peux m’empêcher de penser que Canal + veut se garder le meilleur pour sa chaîne que plus personne ne regarde.

OCS (Orange Ciné Séries):

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Allez une petite séance !

Bonne surprise de la part d’Orange que j’ai pour d’autres raisons en horreur: leur chaîne. Pour dix euros par mois, vous avez droit à un catalogue honnête en termes de films et de séries. Alors oui, vous retrouvez quelques programmes d’OCS sur CanalSat, mais pas tout. En plus de la VOD, vous avez quatre chaînes en direct de bonne qualité. Pas mal. En fait, c’est propre et amené avec un état d’esprit entre Arte et Canal plus. J’aime assez.

Les films: Il y en assez pour contenter tout le monde sans pour autant être un bouffeur de bobines; sans quoi vous serez vite à court de munitions. Pour le reste, personne n’est oublié. Anciens, nouveaux, blockbusters, tout y est.

Les séries: Le gros plus d’OCS qui, en accord avec HBO, bénéficie de leurs productions avec la diffusion 24h après les USA. Classe. Les séries à succès sont sur OCS, aucun doute.

Les n’enfants: Du rose et du poutounours.

Le cul ? : Du Marc Dorcel pour les papys grivois, s’il vous plait.

Netflix:

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Simple, efficace, classe.

Le petit nouveau fraîchement débarqué sur les plages normandes avec du lourd. Eux, ça rigole pas. Une tonne de films, de séries de très bonne qualité (sans HBO), des documentaires à foison, le suivi du client à travers un interface très poussé. Classe le ricain ? Possible !

Les films: Du choix, beaucoup de choix. Trop ?  Non pas quand même. Mais pour tous les goûts oui. Même en fantastique/SF, ce que je préfère. Mon humble avis: le meilleurs des quatre.

Les séries: Là encore, du bon, du lourd, du jouissif. Des choix pertinents qui balayent les envies de chacun. Il y a forcément une série que vous allez aimer. De plus, Netflix produit des séries de bonne facture. Par exemple, Daredevil ou encore Broadchurch ; Ces dernières m’ont foutu une claque dans ma face. Miam !

Les n’enfants: Du rose, des poutounours et des ninjas. Et ouais, plein de mangas pour les nerds, les otakus et les décérébrés comme Tootsif.

Le cul ? : Pas vu…

Interface et qualité globale: Interface claire, lisible, facile ! Même mon vieux grigou de père saurait naviguer sur Netflix ! Miracle ? Non logique. Ils veulent qu’on vienne chez eux. Moi, c’est fait. De plus, aucun bug ni plantage. Comment ? Alors que nos fournisseurs FR nous diraient: « oh votre bande passante est médiocre », Netflix répond: « J’ai acheté un énorme serveur dédié que j’ai parachuté chez votre FAI ». Résultat: ça marche du feu de dieu. Ajoutons enfin que pour 10 euros(ou 9 je sais plus), vous avez le choix de deux écrans en simultané, et surtout où vous que vous soyez (chez vos vieux, au camping, partout en fait), là, ça pète. Bravo les mecs. Vous avez compris ce qu’on voulait. Mais ce n’est pas tout. Vous finissez un épisode de série? On vous propose la suite d’office dans les quinze secondes. De plus, la lecture reprend sur n’importe quel programme à la seconde où vous l’avez laissée. Vous pouvez ainsi avoir une dizaine de programmes en parallèle en suspens. Vous ne perdez rien, le programme gère pour vous. Note technique: 9.99/10. car rien n’est parfait en ce bas monde. Bin non, c’est pas français, nomdidiou !

Conclusion: Netflix a du se marrer en voyant les offres françaises et s’est dit: « on va les bouffer ». C’est effectivement ce qui se passe actuellement. Et c’est mérité. Note globale: 9/10.

And the winner is: Ce guide de survie n’est pas une publicité déguisée pour Netflix. Dommage, j’aurais pu me faire des tunes. Néanmoins, au regard des critères que j’ai abordés, c’est tout de même le ricain qui fait le mieux, sur tous les points.

Médaille d’argent pour OCS qui, grâce à son partenariat avec HBO, propose des séries terribles tout de suite.

Et enfin lanterne rouge pour le groupe Canal. Il n’a pas encore compris que l’esprit Canal ne signifie pas prendre les gens pour des jambons.

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Un commentaire

  1. Bonjour,
    Suite à la découverte de votre blog, je me permets de vous contacter car je souhaitais vous faire découvrir le service Focus Cinéma, http://www.focus-cinema.com dont la mission consiste à identifier et valoriser les meilleurs articles issus des blogs.
    En espérant que le concept de Focus Cinéma vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter pour toutes questions ou renseignements.
    Audrey
    Responsable communication Focus Cinéma
    contact@focus-cinéma.com

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