L’exorcisme, de Manuel Carballo (2010), par Sékateur

Depuis l’exorciste de Friedkin, l’essentiel semble avoir été dit en matière de bondieuseries au cinéma. Difficile d’aborder ce thème en proposant du neuf. Même si certains films de possession sont sympas (le rite, par exemple), il est compliqué pour un réalisateur de sortir du lot et de proposer quelque chose de novateur. L’exorcisme version espagnole parvient-il à réussir un tel miracle ?

Le fantastique espagnol nous a offert de nombreuses pépites, des bêtes à concours couronnées par de multiples festivals, souvent pour de bonnes raisons : réalisation irréprochable, acteurs excellents, photographie léchée, scénarios travaillés. Ouais, ça le faisait, à l’époque, il y a dix ans.

Depuis quelques années, ce n’est plus la même salade.

À l’instar des fantômes asiatiques, le filon s’est peu à peu désagrégé, et les films espagnols sont apparus de moins en moins intéressants.

exorcisme 1

Je serais malhonnête si je prétendais que « l’exorcisme » est dénué de qualités. Il en a. Mais je serais encore plus malhonnête si j’affirmais que ces qualités sauvent le projet du naufrage.

L’histoire n’est pas plus mauvaise qu’une autre. Elle est même sympa dans le sens où le « mal », le démon qui possède la mignonne blondinette jouée par Sophie Vavasseur, est avant tout né d’une ambition humaine, d’une intrigue familiale, d’origine avant tout psychologique. C’est plutôt bienvenu, et les dernières minutes sont certainement les moins chiantes…

exorcisme 3
Image sympa, mais dans le film, elle ne sert à rien !

Gros défaut de l’ensemble, donc : l’ennui. Rien à faire, le rythme est lent, les événements prennent trop de temps à se mettre en place, les personnages sont fades (la séquence d’ouverture est un must dans le domaine du nazebrock pour créer un climax familial enjoué et sympathique. Je n’y ai pas cru une seule seconde !), les péripéties sans intérêt… pfffff ! Que c’est lourd, déjà vu, déjà entendu, déjà digéré et chié… Le début du film et son déroulement sont des copiés-collés d’autres films, la référence de Friedkin en tête, et puis…

… il faut vraiment être d’une indulgence Séraphine pour admettre le bien-fondé du scénario. Si l’histoire générale est sympa, les détails de l’intrigue sont souvent tirés par les cheveux, impossible d’y croire. Les « drames » sont téléphonés, on les voit venir à mille bornes de distance. Le surnaturel est d’un ridicule affirmé. Et souvent inutile, en plus ! La pauvre actrice, Sophie Vavasseur, est à peine maquillée lorsqu’elle grogne et feule comme une hyène, ce qui la rend plus pathétique qu’effrayante… Quel ennui, quelle tragédie !

Exorcisme 2
Alors ? On fouette, grave, hein !

Je l’ai dit, ce film n’est pas dénué de qualités. Mais je ne peux pas être indulgent avec les intentions que je devine de ce projet.

Déjà, la réalisation mime le found footage. Ce n’est pas un found footage, mais les prises de vue, les cadrages, les zooms, nous font croire qu’il s’agit de scènes filmées en amateur. Pour pomper quel succès ? Je vous le donne en mille : paranormal activity – ça, j’en suis persuadé ! Cette réalisation à mi-chemin entre le film amateur et le « vrai » film dessert complètement l’ensemble. L’ennui, j’en ai déjà parlé, est grandement lié à cette approche putassière…

Ensuite, les effets spéciaux nous ramènent trente ans en arrière, comme une sorte d’hommage. Sauf qu’il n’y a pas d’hommage ici, on est dans la redite, et la pire des redites, celle qui bégaie sans même essayer d’articuler. Je ne sais pas si c’est clair, mais c’est pas grave…

Exorcisme 4

Je ne peux pas être indulgent avec ce film. Déjà, il m’a fallu trois tentatives pour le mater en entier. Sans toutefois parvenir à rester devant jusqu’au bout. À chaque vision, je m’ennuyais tellement que je suis allé pisser, ou faire autre chose, en attendant un truc un peu plus… bref. Ce film est ultra-chiatique. Les cinq dernières minutes sont les meilleures, mais ne vous attendez pas à un twist de délire qui va vous déchirer le string. C’est juste « un peu mieux » que le début…

Il pourrait mériter une ou deux étoiles, mais à titre personnel, c’est juste la poubelle.

une purge totale, à jeter à la poubelle, par la fenêtre, dans le cosmos, bref très loin
une purge totale, à jeter à la poubelle, par la fenêtre, dans le cosmos, bref très loin
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