Nightcall de Dan Gilroy (2014) par Bruce Kraft

Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n’aura aucune limite…

Nightcall Dan Gilroy Jake gyllenhall

« Mais qu’est ce qu’il est con ce Gyllenhaal!! ». Voilà. C’est exactement ce que je me suis dit il y a quelques années, après avoir maté pour la 150ème fois Donnie Darko avec les commentaires (enregistrés des années après sa réalisation) éclairés de Richard Kelly et pourris de Jake Gyllenhaal. Kelly expliquait son œuvre avec beaucoup de passion et de….patience et à ses côtés Gyllenhaal disait un peu tout et n’importe quoi pour passer le temps et ricanait comme une hyène…énervant!!

Nightcall Nightcrawler Jake Gyllenhaal

Des années ont passé et il faut bien admettre que l’acteur est devenu incontournable et que chacune de ses prestations laisse place à un investissement réel de sa part….bien qu’il soit peut-être toujours aussi con!?

Dans Nightcall c’est ce formidable acteur qui est en gueule d’affiche (ah ouai vu sa tête pour le rôle on parle bien de « gueule ») pour la première réalisation de Dan Gilroy. Un inconnu? Presque, car le type s’est illustré comme scénariste sur une poignée de films dont Jason Bourne l’héritage (que son frère a réalisé) et The Fall de Tarsem Singh.

Nightcall Nightcrawler Jake Gyllenhaal 2

Bon, Nightcall c’est un film noir (ah ah!!) racontant l’histoire de Lou Bloom une sorte d’autiste génial et malsain qui cherche la réussite sociale par le travail. Là où ça coince, c’est que le bonhomme n’a pas vraiment la notion de bien et de mal. Du coup,  vous vous en doutez….ça va forcément partir en sucette quand il va décider de partir dans le journalisme de terrain.

L’histoire, même si elle met en premier plan le personnage de Gyllenhaal (il est génial dedans!! Je vous l’ai déjà dit non??), est surtout une réelle réflexion sur le travail de l’image, son utilisation et son pouvoir sur les masses. Lou n’étant qu’une construction en chair et en os du fantasme du journaliste tel que nous le voyons en tant que spectateur: un être peut-être passionné par l’image mais prêt à tout pour ramener un scoop, même au pire.

Nightcall Nightcrawler Jake Gyllenhaal 3

C’est le personnage de Nina, l’excellente Renee Russo (femme de Gilroy dans la vraie vie), qui personnifie le plus cette vision populaire et cynique du journaliste professionnel. prenant son pied en voyant les images que lui ramène Lou, qu’elle a poussé à exalter son talent. Saviez-vous que les couples d’assassins sont les plus sauvages et machiavéliques? Et bien ce couple est un peu les Mickey et Mallory du journalisme (Tueurs Nés d’Oliver Stone).

Nightcall Nightcrawler Jake Gyllenhaal renee russo

Gilroy mène bien sa barque et passionne le spectateur autant qu’il le peut. Pas esthétiquement fou mais vraiment bien réalisé on sent que c’est un vrai film de scénariste. Mais du coup l’histoire passe au dessus de tout et c’est là que le bât blesse car nous ne sommes jamais vraiment choqués visuellement par ce que voit et filme Lou. L’image n’est, selon moi, pas assez forte alors même que « l’image qui choque » est le sujet et le cœur même de l’histoire…Nous ne sommes pas assez plongés dans l’horreur.

Nightcall Nightcrawler Jake Gyllenhaal

L’autre point décevant est la fin: passe partout et sans saveur les trois dernières minutes du film sont navrantes de banalité et donne lieu (attention je spoile!!) à une sorte d’happy end où le « méchant » continue sa route….

Dommage, car Nightcall est vraiment un bon film au sujet assez bien traité et qui bénéficie de deux acteurs de talent. Un film que je reverrais avec plaisir.

note-51

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5 commentaires

  1. J’ai vraiment surkiffé ce film ! Bon en m^me temps un film qui commence avec des plans urbains de nuit et le contrat est plus qu’à moitié rempli. Gyllenhal que je n’appréciais pas au début de sa carrière devient depuis quelques années vraiment bon (Enemy, Prisoners….) et est limite flippant ici.
    Le propos est très bien traité et je ne te rejoins pas sur la happy end. J’ai trouvé ça plutôt bien pensé cette victoire du système sur l’humain, du cynisme

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