Et si on parlait de…The Wire par Flow

The-Wire

Est-ce vraiment utile de présenter The Wire? Tout le monde a au moins une fois entendu parler de cette série de David Simon. Même ceux qui ne l’ont jamais regardé, disent d’elle, avec un aplomb certain, qu’elle est la meilleure série de tous les temps. Rien que ça. Oui, certains ne reculent devant rien.

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Je ne saurais qualifier The Wire de la sorte mais ce que je peux vous dire c’est qu’elle est une des œuvres les plus abouties que j’ai vu dans ma courte vie. Est-il même utile d’en parler de cette série? Tout a été dit et écrit à son sujet. Les épisodes ont été décortiqués de fond en comble. Six ans après son dernier épisode j’ai l’impression d’arriver comme un cheveu sur la soupe… Pourtant, je meurs d’envie de vous en parler moi de The Wire… Allez tant pis, je me lance.

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The Wire est une série sur la ville de Baltimore: ses habitants, les différentes strates de sa population, ses difficultés et ses attraits. C’est une série qui, en cinq saisons, a évolué, a changé de ton, voire de registre mais n’a jamais perdu son objet principal : la ville de Baltimore. Une ville qui exerce sur son créateur une fascination palpable (il vient de cette dernière). Alors que ce qu’il nous montre d’elle donnerait à n’importe qui l’envie de fuir, elle exerce sur ses habitants un pouvoir qui les pousse à rester (un seul exemple, Omar retraité qui revient).

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The Wire est une série atypique. Chaque saison se penche sur une composante particulière de Baltimore. Ainsi, la saison 1 analyse le problème de la drogue (du côté des flics, des dealers et des drogués) ; la saison 2, la contrebande portuaire ; la saison 3, la politique ; la saison 4, l’éducation et la saison 5, les médias (enfin officiellement). La série se renouvelle donc chaque année. Nouveau générique, nouveau milieu, nouveaux personnages, nouvelles dynamiques. La force principale de la série est là. Alors qu’on pourrait penser que changer tout le temps nuirait à notre implication, c’est le contraire qui se produit. Chaque nouvelle approche est plus passionnante que la précédente. De plus, les personnages des saisons précédentes ne disparaissent pas (sauf ceux de la saison 2, la moins aboutie), ils continuent d’exister à l’écran (même si on les voit moins) jusqu’à ce qu’on est un panorama complet de la ville en saison 5. Un tour de force de la part de David Simon, même s’il faut bien avouer qu’en saison 5, le procédé commençait à s’essouffler (les journalistes étant moins intéressants et les personnages de la saison 4 ayant laissé un vide plus grand qu’à l’accoutumée).

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Rien que ce que je viens d’énoncer suffit à faire de The Wire une grande. Mais il n’y a pas que ça. Loin de là. The Wire c’est aussi une finesse d’écriture inégalée. Anti-spectaculaire, la série prend son temps pour poser son intrigue et pour arriver là où elle doit aller. Pas de précipitation, de rebondissements grotesques, non, le mot d’ordre est réalisme. Et ça paye, car le téléspectateur a l’impression de ne pas être pris pour un con et d’être récompensé pour son assiduité. Ce que j’ai beaucoup aimé également, c’est le côté désenchanté de l’écriture. On comprend très tôt qu’il n’y aura jamais d’améliorations dans la vie de tous ces gens et de cette ville. Les bons policiers se tueront à la tâche pour appréhender les criminels et ceux-ci seront immédiatement remplacés, les politicards feront toujours des promesses qu’ils ne tiendront pas et le système éducatif favorisera toujours les statistiques aux besoins réels des enfants. The Wire nous dit que le théâtre et les règles du jeu ne changent pas, seul les protagonistes passent leur tour. Tout est question de cycle, et les cinq saisons en constituent un. La fin de la série présentant les nouveaux acteurs du suivant, reprenant les rôles des déchus. C’est une vision assez pessimiste mais, hélas, plutôt pertinente.

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Dernier point, les personnages. Ils sont juste géniaux! Du plus petit figurant au personnage le plus central, ils apportent tous quelque chose, ils contribuent à rendre la représentation de cette ville crédible. Il est impossible de les oublier. Le phénoménal Omar, ces alcoolos de McNulty et Bunk, Bubbles l’âme de Baltimore, Lester le bosseur, Mr Prezbo, Stringer Bell, Bodie… Ah, tous ces gosses des rues… Une galerie de personnages exceptionnelle, portée par d’excellents comédiens.

Bref, on pourrait parler de The Wire pendant des heures ! J’ai à peine gratté la surface et j’ai pourtant pondu un roman (façon de parler). Du coup, une seule chose à faire, si ce n’est pas encore fait, jetez-vous sur cette série hors du commun.

The Wire Episode 401

On se quitte avec une déclaration d’amour (attention spoilers).

Je me souviendrais de The Wire parce que:

  • parce que, comme moi, McNulty et Bunk ont de très bons goûts en matière de whisky.

  • parce que Omar comin’

  • parce que Wallace ne méritait pas ça.

  • parce que Bubbles a eu droit à sa rédemption (et que c’est certainement le seul point positif).

  • parce que mentir c’est mal (qu’on soit flic, journaliste, ou maire).

  • parce que moi aussi j’aurais voté pour Tommy Carcetti. Et que j’aurai eu tort.

  • parce que je vois encore le corps de Bodie criblé de balles.

  • parce que Stringer Bell n’était pas un gangster comme les autres.

  • parce que Herc est le flic le plus con du monde.

  • parce que Brother Mouzonne était ridicule mais génial.

  • parce que le Grec était juste ridicule.

  • parce que Lester est un putain de flic.

  • parce que moi aussi l’éducation est un thème qui me tient à cœur.

  • parce que Hamsterdam !

  • parce que Shiiiiiiiiit !

  • parce que Proposition Joe avait toujours de très bonnes propositions mais que ça ne l’a pas sauvé.

  • Parce que personne ne s’attendait à voir Omar partir de la sorte et que c’est mieux comme ça.

  • parce que Marlo Stanfield était tout de même bien flippant.

  • parce que Snoop était bien barrée.

  • parce que Mr Prezbo.

  • parce qu’inventer un tueur en série est du McNulty tout craché.

  • parce que je n’oublierais jamais Randy, Duquan, Michael et Namond. Même si le seul qui s’en est sorti est celui que j’aimais le moins.

  • parce que j’ai oublié plein de parce que.

  • parce que maintenant j’ai peur d’être sur écoute.

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