Hitokiri, le chatiment d’Hideo Gosha (1969) par Marc Shift, et rencontre avec un passionné

Izo Okada est un homme de basse extraction, sans avenir. Mais son intégration au sein du clan de Tosa va lui en offrir un. Il deviendra le tueur implacable est redouté du clan, mais aussi la marionnette du chef du clan, Takeshi.

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Puni par le ciel

C’est après l’agression sauvage d’un exposant du bloody week end, sur mon porte monnaie, que j’ai fais la découverte de ce film. Bon souvent il ne me faut pas grand chose, mettre sur une jaquette Hideo Gosha et Tatsuya Nakadai ça me suffit amplement. Oui, il y a de grande chance que ces noms ne vous soit pas très connu, il est vrai que le cinéma japonais n’est pas ce qu’il y a de plus visible en nos contrées.

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Bon en même temps je vous fais le coup à chaque fois que je reviens sur l’une de mes passions: le chambara. Qui est au japonais ce que le western est pour les ricains, avec le même genre de déclinaison entre la pure exploitation, les mythes, et la déconstruction de ces mêmes mythes, avec un fond historique plus ou moins important pour la trame.

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Ici, le versant historique, n’est pas très important et sert de trame nébuleuse pour l’intrigue. On sait juste que les loyalistes soutiennent le pouvoir impérial contre la faction du shogunat (dirigé par des dynasties de généraux). Izo Okada choisi de rentrer dans le clan local, pro-impérial. Il est envoyé en observateur assister à l’exécution d’un notable, et, pour lui c’est une évidence, il peut faire bien mieux en matière d’assassinat. Il va rapidement devenir la terreur des faction ennemis.

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Et avec le schémas grandeur / décadence Hideo Gosha livre une œuvre assez particulière. Il n’y a que très peu de scène en extérieur (ce qui est très rare dans ce genre), les combats sont très peu stylisé (assez court et plutôt brut) et les personnages sont des espèce d’archétype de ce qu’on trouve dans ce type de production (le guerrier, ici le tueur, le chef de clan, la prostitué, le traitre….). Avec tous ces éléments Hideo Gosha livre une oeuvre très shaekespeariènne. Oui ça fait toujours classe de balancer ça, surtout quand on a pas vu une seule de ses pièces.

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Mensonge, trahison, manipulation là sont les vrais moteurs de ce film. Et au milieu de tout ça, Izo Okada tueur inculte est naïf, jouet d’enjeu qui le dépasse. Mais à force de manipulations, de non dits, sa fidélité sans failles envers son clan vacille. Seule la prostitué qu’il fréquente lui donne accès à sa vrai part d’humanité.

Le film en soit est vraiment réussis, le réalisateur compose avec un univers extrêmement cloisonné que ce soit par le système de clan, ou visuellement  dans ce film très cloisonné (pièce de toutes sortes, façade de maison, toits…) avec des plans très travaillés dans de très bons décors. C’est aussi très bien joué avec Shintaro Katsu (dans la série des Zatoïchi) en tueur naïf, Tatsuya Nakadai en chef manipulateur (j’adore cet acteur…) et Yukio Mishima (écrivain japonais qui se suicida l’année suivante…) avec un rôle très important.

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C’est un bon film, sans doutes même un très grand film, mais j’avoue avoir un recul insuffisant pour apprécier pleinement cette œuvre, mais si le sujet vous intéresse un tant soit peu n’hésitez pas.

Très bon film malgré un manque de recul lors de la vision
Très bon film malgré un manque de recul lors de la vision

Hitokiri, le chatiment d’Hideo Gosha *-Puni par le ciel-* (1969, Jap) avec Shintaro Katsu, Tatsuya Nakadai, Yukio Mishima….durée 2h20

Un film comme Hitokiri on ne tombe pas dessus par hasard…enfin si en fait. C’est grâce à Mathieu de la Boutique Ciel Rouge de Dijon, présent comme exposant lors du Bloody week end, que j’ai découvert cette pépite. Rencontre avec un passionné:

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*Pour commencer, peux tu nous présenter ton parcours, ce qui t’as amené à créer ta boite?

J’ai toujours été passionné par l’univers que j’ai développé à la boutique. Mon parcours a peu à voir avec le commerce. J’ai fait des études de lettres modernes, d’avantage par intérêt pour la culture que dans un but professionnel, ce qui se ressentait dans la façon que j’avais de disperser les cours par le biais des options proposées (opéra, cinéma, littérature russe, etc.). Après ma licence j’ai quitté l’université pour me focaliser sur le projet de magasin qui me trottait dans la tête depuis plusieurs années déjà. L’idée de base était de faire une boutique sur l’art et la culture fantastique avec quatre pôles : livres, disques, dvd, affiches. Le but étant de casser les a priori négatifs sur cet univers, de montrer que les domaines artistiques étaient tous liés et trouvaient leur base dans des éléments culturels dits considérés comme sérieux (mythologie, art médiéval, histoire, etc.). Le temps et la nécessité économique ont fait évoluer les quatre pôles de base sur quelques rayons supplémentaires pour la boutique : artisanat, bijoux, vêtements, figurines. Ce qui en fait un magasin fourmillant d’articles assez divers propres à plaire aux plus passionnés de culture fantastique et alternative.

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*Quand j’ai vu ton stand au Bloody week end, j’ai vu une belle densité qualitative, quel genre de cinéma défends tu?

Mes gouts depuis bien longtemps sont orientés vers les œuvres artistiques étranges ou atypiques. Ce qui m’a naturellement amené à m’intéresser au cinéma de genre. Ca se ressent j’imagine sur la sélection que je fais des articles pour la boutique où se côtoient vieux films d’horreur, fantastique, science-fiction, films de sabre, westerns, peplums, films d’aventure ou d’action, d’animation, etc. J’essaie de trouver l’équilibre entre les classiques indispensables qui permettent à chaque client de trouver ses repères dans le rayon, et les perles introuvables qui plaisent aux plus cinéphiles ou aux plus curieux. Au fil des années et des rencontres, plusieurs éditeurs de films ce sont fait une place permanente dans les rayons du magasin (Artus, Hantik films, ED distribution, Carlotta, Bach films, Crocofilms, Ecstasy of films, etc.) et c’est l’assurance de travailler avec des gens passionnés et décalés, ce qui est finalement tout l’état d’esprit de Ciel Rouge. A tout ça se rajoutent quelques films autoproduits laissés en dépôt-vente par leurs réalisateurs et, puisque la boutique vend aussi de l’occasion, le hasard de ce que les clients peuvent revendre.

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*A l’heure où internet phagocyte l’ensemble des échanges, arrives tu à tirer ton épingle du jeu (le principal problème est qu’on y trouve que ce qu’on y cherche, pas sur qu’on tombe par hasard sur un film comme Hitokiri…)?

En effet internet fait beaucoup de mal aux magasins non seulement sur le fait qu’on y trouve tout mais aussi sur le fait que tout ce qui est édité à beaucoup d’exemplaires y est dévalorisé financièrement à une vitesse incroyable. Il y a moyen cependant de contrer ça en se spécialisant, en vendant des articles originaux et en travaillant avec des éditeurs ou labels qui tirent leurs articles en quantités suffisamment limitées pour que le prix se maintienne. Et puis surtout il faut offrir un service, une sélection, un conseil qu’internet ne pourra jamais apporter, c’est ce qui fait le plus la différence. Quand un client passionné se rend compte qu’il trouve tout ce qu’il aime dans une boutique, ou qu’un client moins intéressé obtient de bons conseils qui collent à ses gouts ou à ce qu’il veut offrir, ils reviennent. Et on peut alors se baser sur ce qu’ils connaissent pour prendre plus de risques dans la mise en place du stock.

*Merci à Mathieu pour sa disponibilité et à sa passion!!

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2 commentaires

  1. Oui, vraiment excellent, même si j’ai une légère préférence pour Goyokin (sortie la même année, ce qui est vraiment très fort quand même). Reste que c’est un film un peu exigeant qui demande un minimum d’implication de la part du spectateur…

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