Star Wars : Episode V : L’Empire Contre-attaque de Irvin Kershner (1980) par Tootsif

L’EMPIRE REVIENT ET IL EST PAS CONTENT

Malgré la destruction de l’Etoile Noire, l’Empire maintient son emprise sur la galaxie, et poursuit sans relâche sa lutte contre l’Alliance rebelle. Basés sur la planète glacée de Hoth, les rebelles essuient un assaut des troupes impériales.

Parvenus à s’échapper, la princesse Leia, Han Solo, Chewbacca et C-3P0 se dirigent vers Bespin, la cité des nuages gouvernée par Lando Calrissian, ancien compagnon de Han. Suivant les instructions d’Obi-Wan Kenobi, Luke Skywalker se rend quant à lui vers le système de Dagobah, planète marécageuse où il doit recevoir l’enseignement du dernier maître Jedi, Yoda.

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Considéré par la plupart des fans comme le meilleur épisode d’une saga ne comportant que des chefs d’œuvres, « L’Empire contre-attaque » n’usurpe pas ce titre.

Hé oui, miracle, j’ai bien décidé de vous parler du film cette fois ci, d’aborder pourquoi ce volet dispose d’une place à part au sein des six épisodes parus.

Déjà, je ne crois pas me tromper en avançant que c’est l’épisode le plus sombre, le plus mature.

De plus, riche en révélations, d’autant plus fortes qu’imprévues et ô combien risquées et astucieuses, ce volet s’impose comme la pièce maîtresse de la saga et de ce fait, le volet qui a le plus marqué toute une génération de cinéphiles.

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Car, et je vous spolie allègrement la révélation (mais tout le monde le sait, alors…), qui avait pu un seul instant, à l’issue de l’Episode IV, imaginer que le terrible Dark Vador était le père du chevalier blanc Luke Skywalker ?

Et tout l’épisode est dans cette optique, riche, généreux, sombre, il faut avouer qu’il tranche nettement avec l’opus précédent et son côté bon enfant prédominant.

Serait parce que Georges Lucas ne le réalise pas, traumatisé par l’expérience d’  « Un nouvel espoir » et son tournage catastrophique au Maroc, et laisse la place à Irvin Kershner (« Les yeux de Laura Mars » et par la suite « Robocop 2 ») qui préfère mettre en avant les enjeux humains au cœur du film ? Probablement.

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En tout cas, cela est grandement bénéfique à la Saga car, avouons-le, si Georges Lucas a un don pour créer des univers passionnants, il reste un piètre réalisateur, à la mise en scène assez plate.

De ce fait, le changement de réalisateur s’avère salvateur, d’autant plus qu’il parvient à sublimer  les moments clés de cet épisode, je pense notamment à la scène de la révélation de son identité par Dark Vador à Luke, admirablement bien mise en scène, rajoutant des allures de conflit œdipien à l’ensemble.

Cela renforce de plus le jeu des acteurs (probablement plus à l’aise avec Kershner qu’avec Lucas) qui joue de façon beaucoup plus naturelle et complexe que dans le premier volet.

Le très bon, mais soyons honnête, boy-scout, Mark Hamill devient même étonnamment trouble dans cet épisode, passant de chevalier blanc absolu à quelque chose de plus nuancé et partagé.

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L’entraînement chez Yoda, qui jusqu’alors, avant le glaçant (dans le mauvais sens du terme) épisode II, incarnait le parfait maître sage et posé, représente parfaitement cette variation dans le caractère de Luke qui devient arrogant, vivant dans l’urgence, incapable de se détacher de ses sentiments au risque de sombrer dans la haine. Et tout cela passe par une parfaite mise en scène mettant en avant ces traits de caractère évoluant ou plutôt se confirmant.

Car c’est ça aussi que Kershner parvient à faire là où Lucas échouait, rendre les personnages humains, les enrichir.

Si Lucas se contentait d’archétypes de personnages, Kershner leur apporte des nuances, de la profondeur.

Leïa n’est plus la simple princesse guerrière, elle devient aussi une femme, certes forte, mais possédant ses faiblesses, Han Solo prend ses responsabilités, a ses propres problèmes, quant à Luke, je n’y reviens pas.

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Et si tout cela est dans l’écriture de Georges Lucas, cela passe grandement aussi par un plan parfois anodin mais lourd de sens, je pense notamment au départ de Luke de Dagobah, se retournant vers Yoda lui promettant de revenir, à une hésitation de Leïa avant de partir de Hoth ou encore à un regard dans le vide d’Han Solo apprenant que Jaba continue de le chercher. De même, Kershner se révèle beaucoup plus à l’aise pour dynamiser les scènes fortes.

Je l’ai dit auparavant, la scène de la révélation par Dark Vador à Luke est un modèle dans son genre, d’autant plus si on la compare à la scène de la mort de Ben Kenobi dans le volet précédent qui se révèle extrêmement plate sur le plan de la mise en scène avec un simple champ/contre-champ.

Bref, pour résumer, Kershner se révèle être un bien meilleur metteur en scène que Lucas et parvient ainsi à donner toute sa puissance à un script exceptionnel.

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Exceptionnel pour toutes les raisons avancées précédemment, à savoir la richesse des révélations, la noirceur de l’ensemble, mais aussi exceptionnel car il n’oublie pas ce qui constituait le côté attractif du précédent volume.

En effet, il faut signaler que « L’empire contre-attaque » s’ouvre sur une bataille tout ce qu’il y a de plus dantesque sur Hoth, bataille qui marqua et continue de marquer tous les esprits !

Les quadripodes donnant l’assaut sont des modèles de design représentant parfaitement la toute puissance de l’empire et la faiblesse de la rébellion face à cela.

S’ensuit une course-poursuite effrénée du Millenium Falcon avec la flotte impériale à travers un champ d’astéroïdes absolument magistrale.

Le quota de dépaysement est de plus garanti avec la glaciale planète Hoth et la ville céleste Bespin, chef d’œuvre visuel que ce soit par le choix des couleurs ou encore toute son architecture. Il ne faut pas non plus oublier l’inhospitalière Dagobah et toute sa faune étrange. L’émerveillement est ainsi garanti.

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Le tout n’oublie pas une part d’humour à travers le duo de robot R2D2 et C3PO ainsi qu’à travers de quelques répliques bien senties de la part d’Han Solo.

Il est clair que vous avez là un spectacle absolu, profond, riche mais aussi incroyablement fun. Du grand public mais d’une qualité rarement voire jamais atteinte auparavant et par la suite ! Pour le reste, je peux aussi signaler des musiques qui demeurent exceptionnelles, mais qui aurait pu en douter ?

Donc vous l’aurez compris, « L’Empire contre-attaque » demeure pour moi l’épisode absolu de cette saga, la pièce maîtresse de la trilogie et surtout un film d’un niveau exceptionnel à l’époque et encore aujourd’hui. Et qui peut se targuer de cela ? Bien peu.

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Culte!!

« L’Empire contre-attaque » de Irvin Kershner (1980). Avec: Mak Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Billy Dee Williams. Distribué par 20th Century Fox. Durée : 02 H 04.

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