Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone (1968) par Marc Shift

Un magot planqué. 3 pistoleros à sa recherche. Et ils ne partageront pas. Surtout pas entre eux….

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Quintessence…

Je ne pensais pas faire un jour cette chronique, d’une part car ce film je l’ai vu un nombre incalculable de fois, et d’autre part le premier visionnage date de Mathusalem (je devais avoir 6-7 ans). Et puis vous allez dire qu’il n’y a aucun rapport, mais avec la sortie d’un nouveau Star Wars, faire cette chronique commençait à avoir du sens. Pourquoi ? Quand je l’ai vu la première fois c’était le début du phénomène Star Wars, avec ses vaisseaux, ses sabres laser, ses droïdes, ses « je suis ton père » et tout ça.

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Sauf que j’en ai jamais eu grand chose à secouer de Star Wars (plus ou moins comme Bruce), c’est bien, mais sans plus. Ce qui me faisait rêver (non pas démembrer des gens….j’étais trop jeune…), moi c’était les western, et surtout le bon, la brute et le truand. Pourquoi? Et surtout ce film, qui a bientôt ses 50 ans mine de rien,  a t il encore des choses à apporter?

Evidement oui. Et si pour moi le chef d’oeuvre absolu de Sergio Leone reste « Il était une fois dans l’Ouest », mon préféré reste avant tout ce dernier volet de la trilogie du dollars. A cause des personnages, de la musique, de la réalisation, du script….je vais détailler un peu.

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Commençons par le plus simple, les personnages. On ne sait pas d’où ils viennent, on aura bien quelques infos sur le passé du truand, on fera connaissance avec son frères mais pas grand chose de plus. Pour la brute pas grand chose à se mettre son la dent. Pour le bon c’est encore pire, on ne connais même pas son nom. Leur motivation? L’argent et rien de plus. Alors dis comme ça c’est simple, mais il n’y a aucune autre motivation. Pas de ranch à acheter, pas de famille à sauver de la misère, pas de femme à couvrir de bijoux, pas de dettes à payer, même pas de rêve à accomplir, juste simplement et uniquement cet or à récupérer. Donc, et c’est très important, pas de » gentils et de méchants ».

J’insiste vraiment, car pour moi, c’est l’une des caractéristiques essentielles de ce film, et elle est assez rare pour être souligné. Car le film en devient profondément amoral, ça permet donc les hypothèse les plus folles, ce magot on peut en faire tout…ou rien, ce ne sont pas ces « héros » qui donne du sens à cette quête, mais le spectateur. Et ça j’adore.

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Et difficile de dissocier la musique de la réalisation pour moi. Car la musique, devenu mythique, joue un rôle de premier plan dans ce film. Ennio Morricone a maintenant une riche carrière, touchant à énormément de style de film, et sa renommé n’est plus à faire. Et on peut donc comprendre que le réduire à ce qu’il a composé pour les western de Leone peut le gonfler. Mais cette symbiose entre musique et réalisation, ce côté totalement lyrique, qui sait aussi ce faire discret au besoin m’a toujours plongé dans une extase transcendantale. Et c’est avec ce film que j’ai finis de comprendre ce qu’était un bon montage image/son, les images collent parfaitement à la musique…ou les notes correspondent parfaitement aux images, c’est selon votre point de vue.

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La réalisation ensuite. Ultra précise avec ces cadres hyper serrés, où rarement des regards ont été aussi mis en valeur. Des plans ultra précis, un montage sans fausses notes. Leone ne laisse rien au hasard, utilisant à la perfection décors et paysage du grand ouest am…heu non on sait bien qu’il a tourné en Espagne, avec des techniciens italiens, quelques espagnols (ainsi que certain figurants) et donc des acteurs principaux américains.

Et malgré le bordel que devait être le plateau de tournage (3 langues, autant si ce n’est plus de culture différente, s’y ajoute une production italienne / espagnole / ….et allemande), le film est devenu un monument du cinéma, car il est porté par un trio d’acteur campant de manière totalement idéal leur personnage et aussi grâce à un script aussi précis…que lent.

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Oui le film est lent, ou plutôt il prend son temps, avec de multiples retournement de situations, et des alliances aussi nombreuses que les trahisons. Les personnages principaux ont un temps d’exposition assez conséquent (au moins 20 min par personnage!), et leurs trajectoires mortelles ne cessent de se croiser au coeur de la guerre civile (le Nord contre le sud…).

le-bon-la-brute-et-le-truand-sergio-leone-Clint-Eastwood-Lee-Van-Cleef-Eli-Wallach-7 Reste un point que j’ai peu abordé, les acteurs. Clint Eastwood, Lee Van Cleef et bien sûr Eli Wallach. Ils sont fabuleux, Charles Bronson et Gian Maria Volonté (que j’adore aussi) avait été préssenti aux côtés d’Eastwood, mais impossible de les imaginer dans les rôles de la brute et du truand tellement Lee Van Cleef est impérial dans son rôle de tueur froid et sans pitié et surtout, surtout impossible de voir un autre acteur endosser le rôle de Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez, cabotin tours à tours pathétique, émouvant, drôle….qu’ Eli Wallach.

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Il y a énormément à dire sur ce film, sur le contexte (très finement utilisé), sur les moyens utilisés (l’armée espagnole fut largement mise à contribution), sur la réussite du film… juste quelques dernières infos pour la route, une version longue existe et elle est à proscrire. Les scènes ont été coupées par Leone car elles cassent le rythme du film (en plus de ne pas être finalisées), et la version française serait la seule qui aurait été supervisé par Leone (il maîtrisait le français), cela reste d’ailleurs le film que je n’arrive pas à regarder en VO…Voilà, si jamais vous ne l’avais pas vu, n’hésitez pas il passe encore parfois sur la TNT (si ça c’est pas une preuve de sa qualité 😉 )….

La quintessence du culte
La quintessence du culte

Le Bon, la brute, le truand *-Il buono, il bruto, il cattivo – -the good, the bad and the ugly-* de Sergio Leone (1966, Ita, Esp, RFA) musique Ennio Morricone, avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Eli Wallach, Aldo Giuffré, Mario Brega….durée 2h41

 

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6 commentaires

  1. « une version longue existe et elle est à proscrire »… tout à fait, sauf qu’à ma connaissance, c’est la seule version disponible en DVD ou bien Blu-ray. On n’a pas trop le choix 😦 Bonne année à toi.

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    • J’ai toujours adoré Tuco, peut être plus que Blondin, Eli Wallach a d’excellente réplique (d’ailleurs je n’ai pas parlé des dialogues qui sont juste géniaux), et j’aimais beaucoup le côté implacable de Sentenza. Définitivement le film qui m’a fais aimé le cinéma!!!

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  2. Félicitations pour cette chronique ! T’as bien raison, y’en a marre de Star Wars. Moi je me suis fait la Horde Sauvage la semaine dernière. Je ne l’avais jamais vu ce film. Et le bon, la brute… ben c’est juste énorme.

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    • Star wars j’irais le voir quand même, je n’en attends rien, et sans doutes je trouverais ça sympa…sans plus mais j’ai jamais vraiment accroché…
      Et merci pour le compliment, la Horde sauvage…toujours pas vu mais là…je sais déjà que je vais beaucoup aimer 😉

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