Les innocentes d’ Anne Fontaine (2016) Par Marc Shift

Décembre 1945, en plein coeur de la Pologne, une religieuse s’échappe de son couvent. Elle traverse la campagne enneigée pour trouver un médecin…

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No one is innocent….

Cela peut surprendre, mais j’étais très curieux de voir ce film. Même si la bande annonce n’est pas extrêmement engageante, le sujet m’interpellait. L’ histoire se déroule dans un couvent au coeur de la Pologne, où vivent des bénédictines. Lors de la libération de la zone par l’armée rouge, ces nonnes seront violées à de multiples reprises.

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Petit rappel historique, les viols, exactions et autres joyeusetés (les fameux crimes de guerre…) sur le front de l’est furent constant, de part et d’autre. Un débat existe toujours sur l’ampleur du phénomène des violences sexuelles commises par l’armée rouge, mais les faits sont bien réels.

Le film, les innocentes, s’attache à un couvent en particulier et ne prêtant pas englober la totalité du phénomène. L’histoire démarre quelques mois après les faits, et une partie des nonnes sont sur le point d’accoucher. Démunies face aux événements, l’une d’entre elle décide, à l’encontre de sa hiérarchie, d’aller chercher un médecin. Ni polonais, encore moins russe, le risque de honte et de refus est bien trop grand. Elle trouvera une  jeune interne de la Croix Rouge française qui acceptera de venir aider ces religieuses.

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Cette histoire, tirée d’un fait réel (en même temps ce ne sont pas les atrocités qui manquent dans notre vaste monde…), n’est pas vraiment une oeuvre introspective, et si  le doute de la foi est présent, Anne fontaine a choisi de ne pas en faire le coeur du récit. En fait je m’attendais, trop, à des tiraillements théologico-philosophiques, avec une touche de despotisme (dans les représentations la hiérarchie ecclésiastique en fait souvent les frais…à tort ou à raison…). Si ces éléments aussi sont présents c’est avant tout pour se mettre au service d’une certaine humanité et de l’altérité.

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Le coeur et le moteur du récit est Mathilde, jeune interne, athée et issu d’une famille communiste, qui prendra de plus en plus de risques pour venir en aide aux religieuses. Paradoxalement les religieuses sont loin de l’accueillir à bras ouvert, car elles refusent de se laisser examiner, c’est contraire à leurs règles.  La barrière du langage aussi est importante, seules deux nonnes ayant des notions de français. C’est la notion de rapprochement qui est au coeur du récit.

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Les innocentes, malgré ces bonnes intentions, est loin d’être exempt de défauts. Deux éléments clefs du récit se voient venir à des kilomètres (je peux pas en dire trop, vous comprendriez tout de suite…), et si cela ne gâche pas le film ça amoindri son impact. Le plus gros défaut se trouve en fait au niveau de la réalisation, qui a du mal à nous faire sentir le poids des évènements, qui manque de tension. Mais le film a le bon goût d’être drôle quand il le faut, élément amené par le médecin et amant de la jolie Mathilde. Juif, faussement cynique et très humain au final, si l’acteur (Vincent Macaigne) ne m’a pas entièrement convaincu dans son jeu (c’est plus une histoire de goût), ses dialogues sont très bons.

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Et un truc qui m’énerve franchement. Il faut arrêter de faire croire que les gens font l’amour habillé. Alors oui, Lou de Laâge est très jolie (et ce serait mesquin de la réduire à ça), non il n’est pas nécessaire qu’elle se mette à poil à l’écran, il faut juste choisir d’autres cadrages, d’autres plans…

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Le reste du cast s’en sort très bien, techniquement ça reste très bien fait, l’atmosphère mélancolique baignant le film (faut dire que l’hiver en Pologne ça doit pas être la joie…) colle très bien au récit. On est loin du chef d’oeuvre acclamé ici ou là (je trouve même le titre mal choisi en fait, de mon point de vue une victime est forcément innocente…), mais le film vaut bien le coup d’oeil. Et puis m’avoir permis de mettre les pieds dans un ciné d’art et d’essais (si si), côtoyer de gens…comment dire…différent…des profs quoi, ça n’a pas de prix…

Moyen, sans plus
Moyen, sans plus

Les innocentes d’ Anne Fontaine (2016, Fra, Pol) avec Lou de Laâge, Joanna Kulig, Agata Kulesza, Agata Buzek, Vincent Macaigne…durée 1h40

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