The Revenant, de Alejandro González Iñárritu, par Sékateur

Dans une région du nord des États-Unis, près du Canada, un groupe de trappeurs se trouve confronté à une attaque d’Indiens. Les rouges pillent et tuent en masse, pour récupérer les fourrures. S’ensuivront de multiples mésaventures opposant Glass, le meilleur pisteur du groupe, et Fitzgerald, un type pas gentil et égoïste…

Je pense avoir dressé un résumé très personnel et très incomplet de ce film.

Mais je souhaite avant tout, évacuer une chose.

Di Caprio est génial. Du début à la fin, il maîtrise son personnage, en laisse transparaître l’humanité, les faiblesses sans jamais annihiler sa sauvagerie. Sa prestation mérite tous les éloges. C’est fabuleux, extraordinaire. Cet acteur a toujours été génial, il le prouve de belle manière ici en portant sur ses épaules ce long métrage, entre aventures et survival…
Voilà, ça c’est fait.

The revenant - sauvage

Maintenant, le film.

Le propos est limité. D’emblée, nous savons qu’il s’agit avant tout d’une histoire de vengeance. La bande-annonce est sans équivoque.

Glass (Di Caprio) est laissé pour mort par une attaque d’ourse, et l’un des membres de son groupe (Fitzgerald) décide qu’il est préférable de l’enterrer vivant pour s’en sortir. Le cœur de l’intrigue est donc la confrontation entre Glass et Fitzgerald. Cela ne va pas plus loin, d’où, parfois, une sensation de « pas assez »… J’aurais aimé un film un peu plus… je sais pas… plus fin, peut-être.

Mais bon, c’est Hollywood, on aime les bonshommes qui s’écharpent la gueule pour rien, alors voilà… on en a pour son argent, si je puis dire…

The revenant - Hawk

Il n’en reste pas moins que le point de départ de cette confrontation est un peu moyen. Difficile d’y adhérer complètement. Je ne voudrais pas trop spoiler, mais bon, la survie de Glass est due à une sorte de… comment dire ? Une sorte de charité de la part du « méchant »… j’avoue ne pas comprendre pourquoi l’autre ne l’achève pas. Bref. Il ne le fait pas, et c’est le point de départ du film. Ok. J’accepte. Je trouve ça bizarre, mais j’accepte.

Eh bien, mazette…

Le voyage vaut bien les concessions… On peut apprécier ou pas l’intrigue, mais alors, l’aventure et les paysages, c’est du grand art. On est plongé en pleine nature, immergé dans la beauté du minéral et du végétal et la sauvagerie barbare de l’organique. Entre deux plans oniriques de monts enneigés et de cascades translucides on trouve des attaques d’animaux, du sang, de la fureur, des hommes qui s’entretuent… c’est beau et monstrueux, c’est la nature. Voilà, tout est dit, je crois. Ce film est un manifeste de la nature, avec ce qu’elle a de beau et de monstrueux. Est-ce un propos inédit ? Je ne crois pas. À mes yeux, la « Ligne Rouge » de Terrence Malik est déjà passé par-là… En tout cas, c’est magnifique. Je suis même étonné qu’il n’ait pas été proposé en 3D… car pour le reste, on est vraiment dans le tout Hollywood, avec des personnages très typés, une opposition forcenée, de grosses ficelles bien lourdes. Le final en est une belle illustration.

The revenant - fitzgerald

Le manichéisme est habilement contourné par de belles incursions dans l’économie de la région. On comprend ainsi les motivations de chacun. Les Indiens, montrés dès le début du film comme de parfaits sauvages, n’en restent pas moins des hommes soucieux de glaner des sous, quitte à pactiser avec les blancs. Ils tuent des blancs pour des marchandises qu’ils revendent aux blancs. C’est sympa. Tout au long du film, le scénario nous balade et nous montre la face cachée de ce que l’on aurait pu prendre pour acquis… C’est louable.

Il n’empêche que « The Revenant » conserve jusqu’au bout de sa projection, une part non négligeable d’invraisemblances, et de facilités scénaristiques, qui l’éloignent à mes yeux d’une consécration artistique.

C’est bien, c’est très bien, c’est très très bien, mais c’est loin d’être génial. Un film à voir en salle, pour apprécier pleinement ses décors fabuleux.

Très bon, mais limité
Très bon, mais limité

 

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4 commentaires

    • Je n’ai pas du tout entendu parler du « convoi sauvage » pendant la promo de ce film, du coup je ne pensais pas qu’il s’agissait d’un remake. Mais puisque c’est apparemment la même histoire, c’est logique… il est peut-être mieux en terme d’action, faut voir.

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  1. […] Ce film est surtout connu pour n’être qu’une course poursuite, haletante, étiré sur près d’ 1h40. Il est bien plus que ça. Richard Sarafian, réalisateur un peu oublié, n’est ni le plus prolixe, ni le plus spectaculaire mais a livré au moins deux films essentiels, Vanishing Point (qui a eu droit à un remake en 97) et le convois sauvage qui serait nettement supérieur (je n’ai vu aucun des deux) à son récent remake (vous avez entendu parler de The revenant??). […]

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