Julieta, de Pedro Almodovar, par Sékateur

Une quinquagénaire rencontre une ancienne amie de sa fille. C’est un bouleversement car cela fait plus de douze ans qu’elle l’a perdue de vue. D’autant plus que cette personne lui annonce que sa fille se porte bien, et qu’elle aurait trois enfants. La révélation s’avère si émotionnelle que ladite femme renonce à déménager avec son nouveau compagnon. Et rompt, carrément… Sans lui avouer l’origine de sa volte-face… Elle se terre à Madrid et s’entête à rédiger un courrier à l’intention de sa fille disparue, pour expliquer, pour justifier, son attitude d’autrefois…

Moi, j’aime bien Almodovar. Ses films ne sont pas tous des chefs-d’œuvre à inscrire au panthéon du 7ème art, mais je lui reconnais un style, un ton, une identité propre, que j’aime bien. Je suis resté cloué à mon siège devant « la mauvaise éducation »…

Julieta-one

Pour son nouvel opus, côté interprétation, presque rien à dire. Les actrices incarnant Julieta sont toutes deux sublimes dans leur registre. L’une enjouée, juvénile, belle comme la jeunesse, l’autre toujours belle, mais usée, détruite de l’intérieur… C’est finement rendu, et la transition entre l’une et l’autre m’a paru tout à fait pertinente dans le développement. J’aurais juste un bémol sur l’acteur qui joue le petit ami de Julieta quinqua… le type me semble trop théâtral, un peu guindé. Il joue un type bien, mais il est tellement monolithique qu’il en devient « chelou »…

Je n’attendais pas forcément un grand film avec « Julieta » mais bon… je suis malgré tout un peu mitigé. J’ai beaucoup baillé, le film est assez lent, et surtout ne pose pas vraiment d’enjeu dramatique. L’ensemble ne se comprend et ne se savoure que sur la durée. De quoi laisser sur le carreau pas mal de spectateurs…

En tout cas, c’est un Almodovar très sage, très calme, très classique, et donc, dois-je le rappeler, un peu ennuyeux…

julieta-two

Passé cet aspect peu reluisant, que reste-t-il du long-métrage ? Une pertinente et très intéressante approche d’un conflit larvé entre fille et mère, non dévoilé, toujours sous jacent… Une absence totale de communication alors que les maux sont les mêmes, en vérité.

C’est puissant, dans le principe, et je comprends tout à fait l’intérêt qu’a pu porter Almodovar à ce projet. Le problème, c’est que l’ensemble est certes filmé avec maestria (comme d’habitude, ce type est vraiment un esthète) mais sans véritable émotion. L’aspect factuel l’emporte sur le non-dit. On explique le sentiment, la rancœur plus qu’on les fait ressentir. C’est un vrai problème. Tout reste en surface, alors que dans l’idée, cette œuvre aurait pu devenir une vraie référence.

Dommage.

On se contentera d’un simple « bof »…

Un petit Almodovar, en somme…

bof...
bof…

 

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