La couleur de la victoire de Stephen Hopkins (2016) par Marc Shift

Jesse Owens est l’un des plus grands athlètes de tous les temps, quadruple médaille d’or aux JO de Berlin de 1936, humiliant le régime nazi parce qu’il est noir. Il méritait un film digne de cet exploit. C’est raté.

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Le noir c’est l’espoir…

En trois ligne j’ai déjà un peu tout dis sur ce film, disparu bien vite de nos chers multiplex… Je ne suis pas franchement client des biopics, mais là forcément le sujet m’intéresse, tout ce qui peut humilier les nazis et autres régimes totalitaires, par principe je le défend. Mais bon déjà, premier signe en défaveur du film, Stephen Hopkins, le réalisateur.

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Rien de bien grave, il fait juste partie de la cohorte des habiles faiseurs d’Hollywood, pas génial, pas tâcheron non plus. Reste qu’il doit composer avec un budget franchement bas (sous la barre des 10 millions…), et avec un casting de seconde zone. C’est juste un constat, les acteurs sont plutôt bons, mais aucunes stars ne semblent s’être intéressé au projet. Car non ni Jerémy Irons, ni Carice Van Houten (que j’adore) malgré leur talent, ne font partie du gratin d’Hollywood…Tout ça pour dire que cet élément aussi joue sur le budget.

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Après le film est classique, assez bateau, tordant de ci, de là la réalité historique (qui a pourtant plus de profondeur…), pour au final accoucher d’un film enchainant les lieux communs: une romance chronophage (sans doutes vrais, mais au niveau du film ça n’apporte pas grand chose), un entraineur tête de lard qui en fait est sympa, les magouilles du CIO (une constante …).

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En fait le film passe à côté de l’essentiel: les exploits de Jesse Owens, pas forcement très bien exploité, que ce soit à l’université, mais surtout  à Berlin. En fait seul deux séquences sont vraiment réussies dans le film: la première entrée dans le stade olympique, et dans une moindre mesure le concours de saut en longueur.

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Visuellement ça manque clairement de souffle, même s’il n’est pas forcement simple de magnifier des courses qui dure une poignée de seconde. Hopkins avait pourtant une bonne base: Leni Riefenstahl, celle qui a mis en image les JO de Berlin (les dieux du stade, et aussi le triomphe de la volonté…). Elle a beau être la réalisatrice emblématique du régime nazi, elle n’en reste pas moins une très grande réalisatrice, maniant à la perfection le cadrage / découpage / montage pour mettre en exergue l’exploit, pour magnifier les corps.

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Et c’est bien dommage qu’il ne s’en inspire pas, car le film rentre juste dans la case des films corrects, bien loin de la grandeur des exploits qu’il traite. Cela aurait suffit à gommer les autres défauts du film : le père d’Owens, lui même ancien coureur, était son idole, et surtout, surtout l’acteur choisit pour incarner Goebbels ne convient pas. L’acteur est bon, fait ce qu’il faut, mais Goebbels avait une mauvaise élocution, un visage déformé au niveau de la mâchoire, et il boitait. Cela n’a peut être l’air de rien, mais c’est fondamental dans sa haine. Et c’est surtout dans les détails que les grands films se distinguent. Et là….

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En bref, la couleur de la victoire en un film au mieux sympa, avec des acteurs impliqués (et un Jeremy Irons qui cabotine…), un script lambda, une réalisation assez fade (mais pas mauvaise, juste fadasse…). Le plus grand mérite du film est de ne pas occulter la ségrégation raciale américaine (il y a toujours une polémique sur une très hypothétique rencontre Owens / Hitler, par contre pas de rencontre Owens / Roosevelt, les noirs c’est par l’entrée de service etc…). A méditer. La note c’est pour les médailles….

Pour les 4 médailles d'or...
Pour les 4 médailles d’or…

La Couleur de la victoire de Stephen Hopkins (2016, Can, All, Fra) avec Jeremy Irons, Carice Van Houten, Stephan James, Jason Sudeikis….durée 2h04

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