Point limite zéro de Richard C. Sarafian (1971) par Marc Shift

Kowalski fait le paris fou de livrer une Dodge challenger R/T blanche de Denver à San Francisco. Plus de 2000 KM en moins de 15h. Poursuivit par la police, aidé par un animateur de radio noir et aveugle, Kowalski croisera la route de personnages tous plus exentriques les uns que les autres….

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Vanishing Point

Commençons par un peu de poésie. Si, c’est important. Il est quand même assez rare de voir un titre de film, en français, aussi laid, alors que son pendant anglophone est rempli de mystère énigmatique, sonne d’une belle manière à l’oreille, il fait rêver. Bref il claque sa mère. Même la traduction littérale, point de fuite (ça correspond aussi au point flou en photo apparemment…), sonne bien mieux (en plus d’être proche de la thématique), mais les arcanes du cinéma sont assez obscures alors passons…

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Ce film est surtout connu pour n’être qu’une course poursuite, haletante, étiré sur près d’ 1h40. Il est bien plus que ça. Richard Sarafian, réalisateur un peu oublié, n’est ni le plus prolixe, ni le plus spectaculaire mais a livré au moins deux films essentiels, Vanishing Point (qui a eu droit à un remake en 97) et le convois sauvage qui serait nettement supérieur (je n’ai vu aucun des deux) à son récent remake (vous avez entendu parler de The revenant??).

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Vanishing point est un film surprenant, original à plus d’un titre, que ce soit au niveau du scénario et des rebondissements, des personnages (et des très bons acteurs) et de l’histoire qui s’étire sur à peu près….moins de 2 minutes!!! Le film commence en fait par la fin, mais c’est la fin elle même qui est l’histoire, le reste du film n’est qu’un immense flashback qui nous amène au pourquoi du comment et qui se clôture sur les quelques secondes manquantes assez surprenante pour ma part…

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En fait avec ce film, j’ai été de surprise en surprise. On met beaucoup de temps à faire connaissance avec Kowalski, pourtant omniprésent à l’écran. Les motivations réelles restent pourtant floues tout au long du film (pourquoi livrer la voiture, pourquoi cette urgence…), tout comme sa motivation réelle. Campé par un très bon et charismatique Barry Newman, incarnant à merveille cet anti héros, un rien désabusé, énigmatique et pourtant très attachant.

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Et il n’est pas le seul, autre personnage emblématique Super Soul, animateur de radio, aveugle et noir qui prendras de plus en plus d’importance au fur et à mesure du récit devenant l’ange gardien indispensable pour celui qu’il définit comme le dernier homme libre. En plein désert notre fuyard rencontrera aussi un chasseur de serpent, une communauté chrétienne, un couple de motard… Un parcours très riche et plein de rebondissements.vanishing-point-limite-zéro-Richard-Zarafian-film-movie-5

Le film est aussi bourré de paradoxe, on ne sait pas vraiment pourquoi cette voiture doit être livré si vite (juste pour un pari?), et ne sait pas vraiment pourquoi toutes les forces de police se concentrent pour enfin stopper la course de ce chauffeur…pas vraiment fou en plus, juste il roule vite et ne veut pas s’arrêter sans trop en savoir plus. C’est en partie en suivant l’enquête policière et divers autres témoignages qu’on en apprend plus sur Kowalski tour à tour pilote de moto, pilote nascar, policier…

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Un élément toutefois n’est pas un paradoxe, c’est la qualité de la réalisation, la photographie et les paysages sont magnifiques, les plans et cadrages sont excellents. Un autre élément d’excellence c’est la musique, l’un des éléments central du film de plus incarné avec brio par Super Soul (l’excellent Cleavon Little), vivant au rythme de la musique. L’atmosphère, très 70′ et aussi un vrai voyage dans le temps avec ses communautés, son amour libre, des personnages improbables…Un très bon classique, qui a aussi le bon goût d’avoir inspiré Miller (Kowalski / Rockatansky et le reste) et beaucoup d’autres, que je vous recommande vivement!!!

Excellent, encore!!!
Excellent, encore!!!

Vanishing Point – Point limite zéro de Richard C Sarafian (1971, GB, USA) avec Barry Newman, Cleavon Little, Dean Jagger, Gilda Dexter….durée 1h38

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