Holocauste Nazi, « La bestia in calore » de Luigi Batzella (1977), par Sékateur

Une biologiste de génie de… allez, disons 22 ou 23 ans, parvient grâce à son talent machiavélique, à transformer un pauvre con en bête sauvage et libidineuse. Cette créature deviendra, d’après elle, la matrice servant à créer une espèce nouvelle et supérieure. Accessoirement, la bête pourra également la distraire… mais c’est sans compter l’intervention des partisans, toujours prêts à foutre la merde…

Les nazis sont vraiment très méchants. Le filon « Nazisploitation » nous l’expose avec brio. Et complaisance ! Car n’oublions pas la complaisance, qualité suprême de ces films d’exploitation fauchés et manifestement très craspecs dans leurs intentions.

Je ne sais pas s’il faut chercher une morale dans le cinéma, ou dans toute autre œuvre. En tout cas, utiliser le sadisme nazi et la cruauté sadienne afin de créer un pur divertissement, reste quoi qu’on en pense, assez douteux. Tout le monde ne peut pas apprécier « La bestia in calore » – je préfère et de loin ce titre italien au bouseux « Holocaust Nazi » qui ne veut rien dire – car ce film enchaîne les scènes de tortures les plus crades, gratuites et mal foutues du cinéma bis (ou Z)… Le film est complaisant, je l’ai déjà dit, il exhale un parfum de perversité malfamée, il pue du cul, bref, il est à voir au quinzième degré… au moins !

En tout cas, il propose tout ce qu’il faut à l’amateur de « Nazisploitation » : des scènes de viol, de torture, une doctoresse nazie plutôt pas mal de sa personne et salope bien comme il faut, des victimes implorantes, que demande le peuple ?

Et pourtant…

Plus de la moitié du film ne s’intéresse pas le moins du monde de cette doctoresse sexy et de son monstre OGM, non, pas du tout. Un groupe de partisans fait sauter un pont pour contrarier l’action d’un gros nul de colonel, souvent ridicule et incompétent. Chaque intervention de ce drôle apporte une touche comique à ce film, souvent amusant mais la plupart du temps, de façon involontaire. Ici, le personnage est ridicule, et c’est intentionnel.

Le parcours des partisans est plutôt bien ficelé – si j’élude cependant le raccord grossier qui est fait pour rejoindre la partie « docteur Kratsch et son monstre à la con » – bien interprété, si, si, je vous assure, et plutôt maîtrisé. Mis à part quelques exactions de violence difficiles à rendre crédibles sans effets spéciaux, ces scènes de résistance à l’italienne se laissent regarder sans ennui… ce qui sauve, dans les grandes largeurs, ce « La bestia in calore »… car j’ose le dire, la partie viols/tortures/sadisme est souvent gonflante. Mal foutues, les scènes de viol exposent à l’envie le faciès déformé de l’acteur Salvatore Baccaro, atteint d’une maladie provoquant des excroissances osseuses sur son visage. Un monstre sans maquillage, du tout bénéf pour cette production au rabais. En tout cas, on le voit grimacer, se démener sur des femmes la bite molle (désolé, mais si on ne veut pas faire de hard, mieux vaut éviter les plan trop rapprochés…) sous l’œil amorphe et vaguement excité de jeunes soldats et soldates…

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Macha Magall, la doctoresse nazie aux méthodes de tortures charnelles impitoyables, est corporellement plutôt sèche, ce qui la différencie grandement des fantasmes habituels. Fine comme une trique, intransigeante comme une lame, froide comme une écharde de glace, la très jeune Macha Magall, alias docteur Kratsch, joue de son charme vicieux pour faire parler les partisans… ça marche moyennement pour cet objectif, mais à l’écran, ça passe bien !

Elle est particulière, mais son regard bleu retient l’attention, tandis que son monstre se complaît en moult gesticulations grotesques… Cruelle, sadique, fourbe, allumeuse, la jeune actrice trouve ici matière à construire un personnage très noir, très manichéen, et offrira au spectateur perverti par tant de bêtise, un final ô combien jouissif…

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En tout cas, il est intéressant de constater que le titre original « La bestia in calore », à savoir la bête en chaleur n’est attribué dans tout le film, qu’à la seule personne du docteur Kratsch, et non pas à sa création, ce qui en dit long sur le personnage, au demeurant assez frigide…

L’intrigue des partisans est de toute évidence un autre film. Le réalisateur, Luigi Batzella a utilisé des scènes déjà tournées afin de compléter cette œuvre de Nazisploitation, de la façon la plus grossière qui soit. J’ai même entendu dire (en réalité, j’ai regardé le bonus du DVD paru chez Artus Films !) que certaines scènes auraient été empruntées à un autre film, tourné par un autre réalisateur ! Dans le genre on exploite au maximum divers matériaux, cet « Holocaust nazi » est un exemple de montage/bidouillage déséquilibré et malgré tout, regardable…

Car avouons-le, mixer deux films en un seul et le rapiécer avec des scènes tournées avec les mêmes acteurs que dans le film de « remplissage » cela aurait pu donner un résultat proprement dégueulasse, et impossible à visionner sans l’expertise de l’analyste docteur ès ciné bis que je ne pense pas posséder… et pourtant, cela reste tout à fait accessible au commun des mortels… à supposer que ces derniers acceptent le parti pris résolument craspec de l’ensemble…

Je l’ai déjà dit, les scènes de film de guerre, contant la résistance des partisans contre la tyrannie nazie, sont plutôt agréables à suivre. Toutefois, elles tranchent avec le reste du métrage, centrée sur une créature simiesque avide de viols et de boucherie. On y trouve du mélodrame, des sentiments, de la tragédie, et surtout, on a l’impression d’assister à un spectacle en décalage avec les intentions premières du film. Je veux dire par là que cette histoire de résistance, aussi intéressante soit-elle (c’est-à-dire modérée), perd au cours du métrage de sa pertinence, et devient, au final, ce qu’elle était dès le départ, un enchaînement de scènes sérieuses destinées à étirer en longueur un long-métrage totalement axé sur la complaisance du docteur Kratsch…

En somme, le réalisateur tire son film vers le bas, par manque de conviction, d’idées ou par soif de profit, en tout cas, il fait de son film de guerre un pur succédané, et de son film de pornographie « soft », complaisant et souvent ridicule, le seul véritable vecteur d’intérêt de ce film fauché, mal foutu, et pourtant plaisant à suivre avec un sourire goguenard figé sur la gueule…

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Mal foutu, cependant, plutôt regardable, et même avec un certain plaisir de « bisseux » rigolard, au quinzième degré, minimum !

 

J’ai trouvé une scène du début du film, en français, tout à fait… pertinente.

Et la bande annonce, en V.O

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