Rectify (2013-2016) créée par Ray McKinnon par Flow

La possibilité du langage.

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Cela fait un an jour pour jour (ce n’est pas fait exprès) que je n’ai pas écrit. Au début, je pensais que ça me manquerait. J’avais tort. Les habitudes disparaissent avec une facilité déconcertante. La vie, je suppose. Bref, assez parlé de moi. Si je sors de ma retraite aujourd’hui c’est pour vous parler d’une œuvre qui m’a bouleversé. Une série hors du commun du nom de Rectify.

rectify_ep1_535x320Créée par Ray McKinnon en 2013 pour Sundance TV, elle vient de s’achever après quatre saisons et trente épisodes (à peine). Elle raconte l’histoire de Daniel Holden et de sa famille. Ce dernier a été condamné à mort pour avoir violé et assassiné sa petite amie Hannah Dean. Après dix-neuf ans passés dans le couloir de la mort, il est libéré suite à l’analyse de preuves ADN restées inexploitées à l’époque des faits et qui tendraient à l’innocenter. Il retourne alors vivre avec sa famille, dans sa petite ville natale, où les plaies causées par le drame sont loin d’être cicatrisées…

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Je ne rentrerai pas dans le détail de l’intrigue et je n’analyserai pas les personnages. Je me contenterai de grandes largeurs car mon seul but avec ce texte est de vous donner envie de découvrir ce petit bijou trop méconnu par vous-même.

Rectify est anti-spectaculaire. Il ne s’y passe pas grand chose. La série est très lente, pesante. Tout ce qui, en général, me fait fuir. Pourtant, dès le premier épisode, on est happé par son univers, ses personnages (magnifiquement interprétés par une poignée d’inconnus qui se donnent à fond) et cette ambiance particulière.

rectify_s01_ep01Il y a plusieurs façons d’interpréter l’œuvre de Ray McKinnon (dont c’est la première série). Elle parle de famille, de réinsertion, de culpabilité, de l’impact d’un drame sur une communauté, de pardon. Entre autres. Et elle le fait bien. Mais je me souviendrai surtout de Rectify car elle parle de la vie. Avec un grand V. Pour pouvoir vivre dans ce monde, il faut se comprendre et comprendre les autres. Pour y parvenir, on possède un outil fascinant: le langage. La série n’est en fait que cela. Des phases de langage. Des êtres qui se rapprochent en communiquant et qui changent en échangeant. Dans le creux des silences et avec toute la force des non dits. Je n’avais jamais vu une œuvre comme Rectify. Sa simplicité dans les sentiments qu’elle évoque est touchante mais elle ne se laisse apprivoiser que par ses dialogues complexes. C’est paradoxal mais là est sa force. Elle livre le portrait de personnages qui essaient d’apprendre à vivre et qui le clament haut et fort. Dans leur moindre geste.

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La réinsertion de Daniel Holden n’est qu’un prétexte pour aborder cette thématique qui concerne n’importe lequel d’entre nous. Profondément optimiste, Rectify prouve de belle manière que malgré nos différences on cherche tous la même chose: trouver notre place dans le monde. Et nous possédons tous le même outil pour le dire. Même si c’est parfois difficile. La possibilité du langage apparaît alors comme un baume pour l’âme.

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