31 de Rob Zombie (2016), par Sékateur

Avec son deuxième film « The Devil’s Rejects » Rob Zombie s’était imposé comme un mastodonte du cinéma coup-de-poing américain, violent et sans concession. La suite fut moins brillante. Depuis, la déception accompagne chaque nouvelle sortie du rockeur. « 31 » signera-t-il son retour en grâce ?

Fort d’un scénario à deux ronds tenant sur une feuille de PQ, dont la plupart des idées ont été empruntées ailleurs : Hostel, Saw, Martyrs, American nightmare et même Slashers, une micro-production canadienne, etc ; fort de ce scénario limité, donc, Rob Zombie avait matière à se lâcher sur la forme.

Pour faire simple, une poignée de personnages « innocents » sont enfermés dans un lieu clos, et soumis à un « jeu », car des tueurs sont à leurs trousses. S’ils survivent pendant 12h, ils pourront sortir sain et sauf…

Les tueurs sont vraiment très méchants, et les prisonniers de simples forains sans expérience du meurtre. Ce combat inégal tourne inévitablement en faveur des assaillants.

Mais c’est sans compter sur la blondasse de l’histoire. Véritable Ripley en puissance, la femme de Zombie, ici nommée Charly, va révéler une nature de massacreuse calculatrice et sans pitié. On pense ce qu’on veut du népotisme au cinéma, surtout à une époque où notre Fillon national est obligé de faire des bulles dans son bain pour tenter de s’accrocher à sa candidature, mais pour être franc, si le film décolle un peu, c’est bien grâce à elle. Aucun autre personnages, pas même celui de Meg Foster, et pourtant ça m’a fait rudement plaisir de la revoir, ne possède de réelle consistance.

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Après tout, pourquoi pas. Un certain « You’re Next » fonctionnait sur le même principe, ça peut passer.

Tournons-nous vers les méchants, un peu plus travaillés. Sans doute trop. Et sans doute trop dans les habitudes de Zombie. Je veux dire par là qu’ils ressemblent trait pour trait à ce qu’à déjà proposé le réalisateur dans son premier film. A peu de choses près. En tout cas, même si esthétiquement parlant, ils font le job, certains aspects leur font perdre toute crédibilité. Comme par exemple les liens qui unissent certains binômes. Le film en exploite 2 sur 4 vagues d’agressions. C’est beaucoup, beaucoup trop. Cela crée des facilités de scénario proprement improbables si l’on s’appuie sur le caractère régulier du jeu.

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Le casting méchant est meilleur que le gentil, mention spéciale à Doom-Head, un psychopathe de chez psychopathe, dont le discours d’introduction aurait mérité d’être réduit de 90… euh, non, 100% ! Il a de la gueule, du style, c’est indéniable. Je regrette d’autant plus fort son appétit pour les grimaces à la con. Je ne vois pas l’intérêt. Et son intervention est très limitée par la disparition de 90% du casting au moment où il surgit !

Va falloir écrire une suite pour lui donner plus d’espace !
(chui pas sûr que les producteurs suivront, vu le peu de rentabilité du projet – budget de 1,5 millions d’euros, bénéfices connus à ce jour de 780 000…)

Côté personnages, quelques bonnes idées, mais la plupart son gâchées par un scénario tout de même très paresseux.

Parlons des combats. Violents, très violents, sanglants, très sanglants, ça, y’a pas de doutes, pas d’erreurs, on est en plein dans le grand guignol. C’est assez agréable à suivre, si on aime le gore. Le problème car il y en a toujours un avec ce film, c’est que certaines confrontations sont vraiment filmées à la Parkinson. Impossible de profiter des impacts, des giclures. Le fun est en partie gâché par cette réalisation certes brutale, mais contre-productive.
Faut stabiliser l’image, les gars !
Je passe sur la stupidité de certains personnages. De tous les personnages ? Oh, et puis non, je ne passe pas. C’est trop dur…
Certains combats sont exaspérants de conneries, de facilités, de grosses ficelles. Impossible d’y adhérer ! C’est incohérence sur incohérence… Je ne détaille pas pour ne pas spoiler, mais c’est vraiment prendre le spectateur pour un neuneu…

Zoom sur Malcolm McDowell... je n'en dirai pas plus...
Zoom sur Malcolm McDowell… je n’en dirai pas plus…

Et la fin dans tout ça ? Honnêtement, j’avais très vite anticipé un dénouement possible… eh bien, niet ! C’est encore pire que ce que j’avais imaginé. Comme quoi…

En conclusion, « 31 » ne signe pas le retour en grâce de ce réalisateur très surestimé, n’ayant réalisée en réalité qu’un seul vrai bon film (non, je ne parle pas d’Alexandre Aja !)
Cependant, vu au 15ème degré durant une soirée bière/pizza, il peut s’apprécier. C’est un film gore violent, bien rythmé, qui sur ces aspects, parvient à distraire. C’est peu, sans doute, mais par les temps qui courent, c’est déjà pas si mal…

Bof, passable, peut mieux faire,
Bof, passable, peut mieux faire,

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