Split de M. Night Shyamalan (2017), par Sékateur

M. Night Shyamalan nous revient après un « The Visit » particulièrement fun, drôle et inquiétant. Il s’attaque ici au thriller psychologique sur fond de séquestration. Le suspense est au rendez-vous, mais le cœur de l’intrigue porte davantage sur la description d’une pathologie méconnue, le trouble dissociatif de la personnalité. Le monsieur nous délivre régulièrement des films sympathiques, plus ou moins réussis, c’est un peu une routine pour lui. Cet opus parvient-il à s’élever au-dessus de la mêlée ?

La réponse est non.
Merci d’avoir lu. Au revoir !

Partant d’un script aussi basique, il eut été surprenant que le film se hisse à un niveau de terreur intenable. Néanmoins, ce film propose de bonnes surprises. En effet, M. Night Shyamalan agrémente son intrigue d’un petit plus… non, je ne dirai pas quoi.

Kevin Wendell Crumb souffre d’une maladie mentale venue de sa tendre enfance. Il a reçu des coups, et pour se protéger, il s’est inventé tout plein de personnalités. Au moment du film, âgé entre 25 et 30 ans, il en a accumulé 23. L’ensemble est nommé « la horde ». Un beau jour, l’une de ses personnalités séquestre trois adolescentes. Que va-t-elle en faire ? Et comment vont réagir les autres ? Surprise !

En réalité, il n’y a malheureusement pas beaucoup de surprises. Car même si l’histoire et la pathologie décrite sortent de l’ordinaire, le traitement scénaristique demeure plutôt classique.

Il n’en reste pas moins que le certaines scènes marquent l’esprit par leur étrangeté ou leur violence froide. Je pense notamment à la scène de l’enlèvement.

Grosse qualité également, à mes yeux, le film ne verse jamais dans l’humour ou le second degré. Quelques moment de fantaisie sont là pour mieux faire ressortir la folie de la situation, et donc installer un certain malaise. Sur cet aspect tordu et malsain, M. Night Shyamalan s’en sort plutôt bien.

Je tiens à signaler l’excellence du casting.

Forcément qui dit 23 personnalité, dit rôle en or pour tout acteur digne de ce nom. James McAvoy propose une prestation tout à fait convaincante. Rien à dire, mis à part une forte propension à la grimace quand il incarne un gamin de 9 ans, il est parfait.

Autre personnage très bien écrit et superbement incarné, la psy. Le docteur Fletcher est interprété par Betty Buckley. Vous connaissez ? Pas moi. Je consulte mon petit wiki… et oh ! Elle a joué dans Carrie. Va falloir que je remate le film, parce que là, je ne vois pas… en tout cas, la majeure partie de la carrière semble s’être centrée sur la télévision. J’en suis très étonné quand je vois ce qu’elle propose avec ce docteur Fletcher, d’une justesse bluffante.

Les gamines séquestrées font le boulot, mais elles sont assez secondaires, sauf une. Anya Taylor-Joy bénéficie du rôle le plus consistant. Son personnage, aussi empathique que calculateur, parvient à installer une relation crédible avec le dingue de service.

Il était difficile de parler du film sans faire le tour de ces personnages, car ils constituent la colonne vertébrale du récit. Sans eux, ce serait une série B banale, et routinière. C’est un peu le reproche que je ferai au film. D’accord, tout est très bien écrit, c’est solide, bien réalisé, mais cela n’apporte pas grand chose en terme de « frissons. » Le suspense est un peu déjà vu (Misery, sans doute, mais les références ne manquent pas.)

Heureusement qu’il y a le petit plus… (non, je ne dirai pas quoi !)

Très sympa

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