Appaloosa, de Ed Harris (2008), par Sékateur

J’adore Ed Harris, l’acteur. Je le découvre en tant que réalisateur, n’ayant pas vu son précédent biopic. Bonne surprise, c’est un western, et du old school. Du moins, sur le papier. Un truand fait régner la terreur dans une ville du far ouest, alors on appelle à la rescousse deux flingueurs réputés pour leur efficacité pour rétablir l’ordre. Dans le genre classique… oui, mais le film tient-il ses promesses ?

Grande question. Gros point fort de ce long-métrage, le casting. Outre Harris, toujours impeccable, on y trouve un parfait Viggo Mortensen, un Jeremy Irons beaucoup moins ridicule que dans « Donjon & Dragons », et une charmante Renée Zellweger. Les personnages sont bien écrits, notamment celui de la femme, forte et ambiguë, qui cherche à se caser avec un bon parti. J’ai du mal à croire qu’une femme, même veuve, ait pu jouer sur plusieurs tableaux sans mettre en jeu sa respectabilité, à cette époque précise, mais admettons. C’est en tout cas le personnage le plus troublant du film, celui du méchant de service étant pour sa part totalement en retrait, bien que Irons soit particulièrement bon (une fois n’est pas coutume, j’ai eu tendance dernièrement à oublier qu’il était bon acteur…)

Le style pictural est conforme à la légende de l’ouest. La photographie, les décors rendent un parfait hommage aux classiques du genre. On est donc en terrain connu et fortement balisé. C’est un bien ou un mal, en tout cas, cela ne dure pas tout le long du film…

Peut-être conscient de servir un scénario sans aucune originalité, Ed Harris oriente peu à peu son scénario vers une triangulaire sentimentale entre lui, son complice et la jolie veuve. Pour le pire ou le meilleur, c’est à chacun d’y répondre. L’aspect western, le plus convaincant, à mon avis, est prépondérant dans la première heure. Des flingues, des affrontements, ça pète, ça fume, ça se provoque, ça s’affronte. Ensuite, ça bifurque ostensiblement vers le film d’amitié et la romance. Pourquoi pas. Sauf que le rythme en souffre.

Le film est sans doute trop long. En l’orientant de cette façon, Harris met totalement de côté les enjeux dramatiques du combat contre le truand, et transforme son film en réflexion sur la solitude, la nécessité de se poser dans une tite maison, de construire une relation amoureuse durable, bref, des préoccupations plutôt inattendues pour un western. En voulant apporter un peu de modernité à cette histoire old school et dans son principe, très violente (il s’agit tout de même d’un affrontement armé entre truands assassins, et mercenaires flingueurs), il lui fait perdre de sa force et la tire vers le bas, surtout dans la dernière demi-heure. Bref, le film ne tient pas sur la durée. C’est une grosse déception pour moi.

N’en reste pas moins d’excellents numéros d’acteurs, de belles fusillades et de très solides dialogues, bourrés d’ironie.

Décevant

 

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