Le Convoi sauvage de Richard C. Sarafian (1971), par Sékateur

Le « convoi sauvage » est la première adaptation cinématographique des déboires de Hugh Glass, un trappeur américain. La vie de ce personnage sera revue et corrigée à l’aune d’un roman écrit par Michaël Punke, « The Revenant : A Novel of Revenge » pour enfin donner lieu à une nouvelle version, le film joué par Di Caprio « The Revenant », réalisé par Alejandro González Iñárritu, chroniqué ici même par mes soins…

Le « convoi sauvage » est un western sans flingues (peu en tout cas), sans saloon, sans bagarres (enfin si, un peu), sans pépé en jupons… c’est davantage une ode à la nature, au retour à l’essentiel, à l’existentialisme écolo-bobo tant chéri par les amateurs du bio et du vegan… avec en fond de cale, une idée de vengeance.

En effet, le pauvre trappeur, membre du fameux convoi sauvage, sera laissé pour mort après s’être fait lacérer par une ourse. Ses amis se tirent, et lui, façon warrior, refusera de crever… mais seul au milieu de cette nature hostile peuplée d’indiens belliqueux, il ne devra sa survie qu’à une super-méga-bonne étoile, et une grande dose d’ingéniosité.

L’histoire est très simple, on est proche du survival. On suit du début à la fin le trajet de ce trappeur opiniâtre, dont la moindre rencontre, animale ou humaine, peut s’avérer mortelle.

C’est toute la force de ce retour à la nature, au dénuement, un peu beaucoup forcé. Le personnage s’accroche à l’espoir de retrouver ses proches, autant qu’à celui d’accomplir une vengeance contre ses anciens compagnons. De surcroît, il va nourrir un sentiment de trahison délétère envers le capitaine du convoi (campé par John Huston lui-même !) qu’il accuse d’être à l’origine de son abandon. Mais accomplir cette vendetta le couperait des siens, tout comme retourner au bercail supposerait l’abandon de toute punition contre ces fumiers… Cette dichotomie est à mon avis le cœur du scénario. On navigue entre ces deux tendances. Jusqu’au dénouement, assez surprenant, je trouve.

Je préfère ne pas comparer « le convoi sauvage » avec « The Revenant », car ces deux films n’ont pas du tout les mêmes intentions. C’est la même trame de fond, mais tout le reste est différent.

Les acteurs, sans êtres flamboyants, font le boulot. Les interprétations sont honnêtes, mais je n’ai rien vu de notable, ni de la part du trappeur (Richard Harris, le meilleur de tous, normal, le rôle est tout de même puissant), ni du capitaine (John Huston), encore moins des autres. La réalisation n’a rien de bien inventive. Les paysages sont beau, sans pour autant éblouir. Bref, dans sa forme, le film est un peu daté.

N’en reste pas moins une gentille fable en milieu sauvage, très mystique et contemplative, qui se regarde très facilement, sans ennui, sans esbroufes, et qui se termine avec intelligence. Rien que pour ça, il mérite d’être vu.

Vraiment bien, à voir

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