8ème Bloody Week-end, par Sékateur

Eh oui !

Le 8ème Bloody week-end a fermé ses portes hier soir. L’occasion pour moi de dresser une rétrospective des différents films visionnés, et les différentes activités et animations de l’événement, ça me permettra de placer mes photos…

Le Bloody est un festival de films, donc on y diffuse des films… mais pas que…

Déjà, cette année, la sélection était avare de longs métrages. 3 en tout, dont un vrai-faux documentaire et un Giallo de 1973… cela dit, ce festival est plutôt axé sur les courts-métrages, alors on va dire que c’est normal. Cette année 24 courts se sont disputé la palme – enfin je veux dire le Grand Prix… dont 10 films d’animation. Pas mal d’entre eux viennent de France, cocorico…

Quand je dis pas que, je fais référence aux animations du site. Je pense que l’on pourrait aisément passer les 3 jours sur place sans regarder un seul film, il y a toujours quelque chose à voir… entre les concours de cosplay, de scream queen, on peut y rencontrer les membres du jury, bien sûr, mais aussi des auteurs, artistes, distributeurs de DVD – les fameux Artus, Le Chat qui Fume, Uncut Movies… On peut aussi, accessoirement, se ruiner pour profiter de tout ça !

Mais je m’égare, place aux projections.

Je ne donnerai aucune note au documentaire « La Rage du Démon » de Fabien Delage, car il m’est bien difficile de l’évaluer. Le réalisateur a choisi une approche originale et un poil bizarre pour revenir sur l’un des génies du 7ème art des tout débuts, Georges Méliès. Il élabore une histoire de film miraculeusement retrouvé, dont l’unique diffusion, en 2012, aurait déclenché chez les spectateurs des poussées de haine et de violence.
Le plus étrange, c’est que le documentaire, construit comme tous les autres, à base d’images d’archives et d’interview, mélange sans rien expliquer, le vrai au faux, provoquant chez le spectateur, l’étonnement, l’amusement, l’intérêt (bien sûr, car tout est très intéressant), puis le doute. Certains point sont peu abordés, voire éludés, tandis que d’autres sont développés jusqu’à l’absurde.
Pour être franc, moi j’étais bien dedans. J’étais très étonné de voir qu’un film du début du XIXème siècle pouvait encore susciter de telles réactions, mais pour le reste, j’ai bien tout suivi, jusqu’à la fin où les doutes se sont accumulés. Le réalisateur n’aurait pas dit clairement ce qui était vrai ou faux, je serai reparti en me demandant pourquoi aucun média n’avait parlé de cette diffusion « maudite »…

Torso – 1973 – Sergio Martino

Je parle rapidement de Torso de Sergio Martino, car c’est un classique du Giallo, et qu’il est assez connu. Par chance, celui-là, je ne l’avais jamais vu. Au final, il est conforme au cahier des charges. Une chose notable, je trouve, c’est cette manière de filmer la nudité féminine – on voit que mai 68 était passé par-là. De nombreux Giallo exploitent le thème de la sexualité frustrée, sans pour autant se complaire dans l’érotisme trop concret, par contre celui-ci met très bien en avant la plastique de ses actrices… avant de les déglinguer, bien entendu !
Au final, c’est un très bon giallo, avec un final en huis-clos, et une scène de bagarre vraiment bien orchestrée, avec Fabio Testi dans un rôle très secondaire, mais décisif…

The Black Gate (2016), de Fabrice Martin et Guillaume Beylard

Ce film à micro-budget français est une curiosité. Je trouve génial qu’il ait pu voir le jour. Le manque de financement reste cependant visible à tous les niveaux, offrant un cachet très « z » à l’ensemble ; mais pour les amateurs du genre, dont je pense faire partie, ce n’est pas un défaut majeur, loin de là.
Dans le cinéma de genre, avoir de bons acteurs, de bons effets spéciaux, de bonnes musiques, c’est bien, mais si tout n’est pas réuni cela peut passer – à condition d’avoir un scénario, et surtout d’avoir des idées !
The Black Gate a des tas d’idées. Il les accumule dans un long-métrage qui ne dépasse pas 80 minutes. Assez économe en plans longs, en développements stylistiques, il se révèle par une approche très singulière de la « porte maudite » ouverte par imprudence.
Comme souvent dans le cinéma de genre français, les références s’accumulent, Evil Dead, L’enfer des zombies, Frayeur, l’au-delà, j’en oublie sûrement, agrémentés d’univers en décalage, le giallo, les mondes parallèles et la sorcellerie claquante, façon JDR…
L’ensemble est généreux, parfois confus, peut-être un peu gratuit par moments, mais on sent chez les réalisateurs la volonté de faire vraiment quelque chose de leur matériau, malgré l’absence de moyens, pour se distinguer du lot. Parmi les films à micro-budgets, on se trouve assez vite enfermé entre 4 murs, ici c’est l’inverse !

Bravo aux eux, donc, ce film est une vraie bonne surprise, ma note sera particulièrement sympa, mais après tout, pourquoi pas… L’esprit « Z » et le manque de moyens se voient à l’écran, c’est vrai mais on y distingue aussi l’énergie déployée par les concepteurs et leurs équipes pour aboutir à ce projet, étonnant, coloré, toujours en mouvement.

Ze film de genre !

 

Sélection courts-métrages :

Red Skies – 2016 – USA – Bret Miller

Un type se fait attaquer par une bête alors qu’une sorte d’orage rouge menace à l’extérieur. J’a pas tout compris, mais le travail sur les couleurs et l’ambiance m’a paru très réussi.

Margaux – 2016 – France – Joséphine Hopkins, Rémy Barbe, Joseph Bouquin

J’en ai déjà parlé à l’occasion du PIFFF 2016, j’aime beaucoup ce film. Quand le désir se fait bête visqueuse… J’aime beaucoup cette approche très naturelle d’un personnage féminin. Je le rapproche d’ailleurs du film « Grave » qui me semble fondé sur la même approche.

Marée Basse – 2016 – France – Adrien Jeannot

Là aussi, j’en ai déjà parlé. C’est l’histoire d’un type qui est chargé de défendre une plage contre une invasion d’E.T et qui se fait virer du jour au lendemain, comme un malpropre.  C’est un peu l’illustration « de genre » d’un plan social…

Siyah Cember – 2016 – Turquie – Hasan Can Dagli

Les gens assez friqués se réunissent pour une sorte d’exposition… de jeunes et belles personnes vont y participer d’une façon assez… sacrificielle…
Je n’ai pas été convaincu par l’originalité du concept, par contre la réalisation est vraiment recherchée.

George – 2016 – France – David Coudyser

Partant d’une situation très réaliste, le film installe une tension intéressante entre ses trois personnages. L’humour est bien présent, mais l’inquiétude gagne en intensité au fur et à mesure que la scène s’allonge. La fin est logique dans le contexte. Très bon.

The sunken couvent – 2016 – Danemark – Michael Pandur

Le film s’inspire d’un conte, soit, mais surtout, il choisit l’absurde et l’insolite pour développer son scénario. L’ensemble est assez étrange, un peu glauque, sans pour autant dévoiler pleinement son sens. Sauf peut-être dans les textes qu’il fallait se dépêcher de lire à la fin… bon, moi j’avais du monde devant moi, j’ai pas tout pigé…
En tout cas, s’il fallait absolument lire le texte de fin pour comprendre le film, cela justifie pleinement ma note…

Le plan – 2016 – France – Pierre Teulières

Encore un film déjà présenté au PIFFF et dont j’ai déjà parlé. Construit en deux parties, l’une très glauque, très « Nosferatu », et l’autre en forme d’enquête, qui se rejoignent à la fin, ce film ne m’a pas convaincu.

The Call of Charlie – 2016 – USA – Nick Spooner

Excellente variation du mythe de Cthulhu, dont la légendaire aversion xénophobe de l’auteur trouve ici son parfait négatif. Un couple ayant déjà invité « Charlie » et une amie à eux dont il pense qu’il pourrait y avoir des étincelles, reçoivent de manière inopinée la visite de deux amis. Et ces deux amis auront du mal à côtoyer le fameux Charlie, car il est d’un genre particulier…

Spooked – 2016 – France – Spook & Gloom

L’un des plus drôles, toutes sélections confondues. Partant d’une situation assez dramatique, le versant comédie ne tarde pas à se révéler, et on se retrouve dans un très good-trip bien barré, c’est n’importe quoi, mais ça marche. Et ça  fait du bien.

Johnno’s Dead – 2016 – Royaume Uni – Chris Shepherd

Ce film tient sur une narration, ce n’est pas ce que je préfère. Maintenant, le style est vraiment intéressant, et le texte pas trop rébarbatif.

Curve – 2016 – Australie – Tim Egan

En dix minutes, ce réalisateur parvient à installer un moment de tension palpable, un vrai tour de force. L’histoire ? Bof, on s’en fout. C’est un concept. Une jeune femme aux mains abîmées se trouve au bord d’un précipice. Elle va tenter de se sortir du pétrin, mais c’est pas évident…
La signification profonde de cette situation ne sera jamais expliquée, et c’est pas grave. C’est filmé de main de maître, chaque détail est pensé, du très bon cinéma…

I-Médium – 2016 – Espagne – Alfonso Garcia Lopez

Ce film est vraiment furieux. En utilisant la technologie moderne des smartphones, et notamment une application médiumnique, une mère éplorée tente de retrouver la trace de sa fille disparue, peut-être décédée, et ça va à cent à l’heure. C’est bordélique, prenant, vraiment très bon !

Animal – 2017 – France – Jules Janaud & Fabrice Le Nézet

Partant d’une histoire cruelle de gamins qui jouent dans un milieu souillé par les radiations, le film raconte comment un homme cherchera à se venger (ou quelque chose qui s’en rapproche) en utilisant son animal de compagnie. Ce dernier, futur radioactif oblige, est une sorte de ver, mais la finalité, c’est le combat entre les bêtes, et mentalement, entre les « maîtres ».  Aidé par un scénario bien pensé, ce film tient en haleine jusqu’à la fin, et sa coloration africaine offre une belle ambiance. L’un des meilleurs de la sélection.

Born Again – 2016 – USA – Jason Tostevin

Le satanisme est ici pris totalement en dérision. Des pignoufs invoquent le diable en présence d’une femme enceinte, de façon à ce que cette dernière donne naissance à l’antéchrist. Un autre pignouf les rejoint… et c’est le début de n’importe quoi, jusqu’à un final assez savoureux…

Octopus 451 – 2016 – France – ESRA

Une machine à écrire évolue dans une bibliothèque scrutée et contrôlée par un ordinateur gigantesque. Une feuille de papier va semer la discorde, et provoquer une sorte de bug dans les fils électriques du monstre numérique. Sympa, mais je manque d’empathie pour les objets…

Beyond the Books – 2016 – Suisse – MOPA

Tout le film tient sur une catastrophe, celle de centaines de milliers de bouquins qui s’écroulent pour former un océan d’où quelques personnages tenteront de s’extraire. Visuellement, c’est très beau.

La nuit, je danse avec la mort – 2016 – France – Vincent Gibaud

Utiliser un trip sous acide pour délivrer des images psychédéliques, et tout un tas de techniques d’animation, comme certains auteurs se complaisent en rhétorique, franchement, je trouve ça très cliché, et finalement assez lassant.

Criaturitas – 2016 – Espagne – Ignasi Lopez Fabregas

Amusant affrontement entre des produits sucrés et des fruits, ce film ferait le régal des vegans de ce monde, j’en suis certain ! C’est fabuleusement mis en scène, drôle, gore (si l’on peut dire !) en tout cas, vraiment très réussi…

Malgrin Débotté – 2016 – France – Morgane Marinos, Claire Brodelle, Cindy Kinadjian et Clarrisse Valeix

Je n’ai pas retenu grand chose de ce film, peut-être les couleurs, mais rien de plus. Désolé pour les concepteurs, faire du style, c’est bien s’il y a autre chose à la clé… et cette histoire d’amour, ben, j’ai pas trop accroché… Cela dit, le visuel est vraiment intéressant.

La Diablada – 2017 – France – Thomas Lemoine

Excellente comédie satanique ! L’assistante du diable reçoit un ordre explicite à quelques minutes de sa fin de journée de boulot. Elle est soûlée. Elle doit corrompre l’âme d’un réalisateur de peu de succès… et ce dernier se montrera très réceptif, au point de lui donner encore du boulot… ce qui la soûle à l’avance… Juste génial.

The absence of Eddy Table – 2016 – Norvège – Rune Spaans

Dans une forêt bizarre, un individu étrange se fait agresser par la progéniture d’une race E.T exploitant des limaces pour transformer les corps… une histoire d’amour viendra lui faire relativiser le danger de cette entité. Très bon, rien à dire…

I Want Pluto to be a Planet Again – 2016 – France – Marie Amachoukeli, Vladimir Mavounia Kouka

Un type très modeste H- essaie de reconquérir le cœur d’une H- devenue H+ à la suite d’un accident de voiture (et du rafistolage high-tech dispensé par ses parents) en participant à une sorte de loterie.
Une histoire de presque amour, très amère, au final très métaphorique…

Crossbreed – 2016 – France – Objectif 3D

Jolie histoire de course-poursuite. Un personnage féminin « infecté » par une substance qui la transforme en robot, tente d’échapper aux autorités, suivie par son petit frère. C’est entraînant, et assez émouvant à la fin. Très bon.

Resistance – 2016 – France – MOPA

Trois cafards géants se bâfrent à table dans un grand restaurant. Une jolie hôtesse viendra les distraire, pendant leurs beuveries de champagne… et la vérité apparaîtra enfin !
Très fun, ce film d’animation installe un climat de haine envers ces cafard assez puissant – on y voit tout ce qu’on déteste, des capitalistes cyniques, des nobles hautains, des banquiers (!), des emploi fictifs… bref ! C’est très bien vu, et fort bien « exécuté » !

 

Que dire d’autre sur cette huitième édition du Bloody Week-end ? Que la bière était bonne ? On avait le choix, entre la bière du Corbeau (Belge) et celle du Bloody, plus légère… que les pizzas étaient bonnes ? Ouais, elles l’étaient. Que les quiz de Loïc Bugnon et les animations de Kibu Corp étaient franchement réussis ? Oui, en effet.

Ce que je retiens de cette édition est une animation permanente au sein de l’espace exposants (le principal, dont l’image de couverture représente l’estrade) assuré par Pascal Tourain, une météo parfaite (mais le staff n’y est pour rien !), une organisation parfaite (aucun problème notable, en ce qui me concerne), une vraie disponibilité de chacun pour les photos, c’était une « fête », je n’aime pas le mot, d’où les guillemets, mais c’était bien ça…

Voici le palmarès de cette année :

 

Grand Prix : Siyah Cember

Prix du Public : Spooked

Meilleurs effets spéciaux : Animal

Meilleur scénario : George

Meilleur film d’animation : Beyond the books

Prix du jury jeunes : Spooked

Mention spéciale du jury jeunes : La nuit, je danse avec la mort & Criaturitas

Publicités

3 commentaires

  1. Et bien ce festival me semble bien sympathique… Merci pour cette présentation. Et en plus avec deux longs-métrages que je ne connaissais pas. Tu as fais les 8 éditions ?

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s