Seven Sisters, de Tommy Wirkola (2017), par Sékateur

Je suis allé voir ce film suite à la lecture du pitch, plutôt original. Dans un monde en surpopulation, une loi interdit aux familles d’avoir plus d’un enfant. La naissance de septuplés va pousser un grand-père (Willem Dafoe) à trouver une astuce assez géniale, et pourtant lourde de conséquences pour les petites filles. Elles vont toutes endosser la même identité, celle de leur défunte maman. Pour se faciliter le boulot, il prénomme chaque enfant d’un jour de la semaine. Par conséquent, chacune leur tour, Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi et Dimanche joueront le rôle de leur maman auprès du monde…

… jusqu’au grain de sable !

Avec un tel départ, je m’attendais à un scénario assez riche. Une fable psychologique sur la définition même d’identité, un jeu de massacre cynique pour savoir laquelle pourra se libérer d’un tel destin, au contraire une émouvante réflexion sur l’amour fraternel et la solidarité… ben c’est raté.

Voilà le genre d’image qui aurait pu augurer d’un bon film…

Seven Sister est au final un gros actionner bourrin qui n’hésite pas à user les poncifs jusqu’à la corde… mais bon, après tout, pourquoi pas…

L’écriture laisse tout de même à désirer. Certains faits sont difficiles à avaler, et l’enchaînement des scènes sent le réchauffé, lorsqu’il ne s’agit pas de « choisir le bon moment », comme si les protagonistes soignaient le suspense du long-métrage, au mépris de toute efficacité dans la mission qu’ils sont censés accomplir… bref. Pour apprécier le film à sa juste valeur, mieux se la jouer « no brain »

Noomie Rapace est très juste dans les rôles qu’elle incarne. Un peu comme pour « Split », elle joue à tour de rôle les différentes sœurs, et use de différents looks pour qu’on puisse bien les identifier. Elle tient le film sur ses épaules, et si le projet ne sombre pas totalement, c’est bien grâce à elle. Malheureusement, les personnalités sont tellement en contraste que j’ai eu le sentiment qu’on nous présentait les sept nains. Elles ont toutes vécu au même endroit, sans relations autres qu’elles-mêmes, et pourtant, elles sont radicalement différentes ! En général, les personnalités s’affranchissent d’une norme familiale au contact d’éléments extérieurs. On peut arguer qu’elles voient la télé six jours sur sept, et que la petite journée de liberté, où elles doivent marcher sur des œufs pour se souvenir de tel ou telle personne vue par une autre de leurs sœurs, au risque de soulever des soupçons, suffit à glaner assez de culture sociale pour adopter un point de vue en décalage avec son milieu… mouais. C’est trop radical. À mon avis, elle devraient toutes être à moitié flippées. Mais dans ce film, la psychologie est absente, alors… « no brain » !

La vie de Karen Settman est très largement mise sous le tapis. Pas la peine de s’encombrer ! Elle travaille dans une banque et brigue un poste à responsabilité, en concurrence avec un peigne cul aux dents blanches. C’est à peu près tout ce qu’on en sait. Et cela se comprends. Célibataire, sans enfants, elle doit limiter au maximum ses interactions avec le monde pour ne pas se faire démasquer. On va oublier la voix. Dans un concept SF, ils auraient pu trouver un moyen électronique pour rendre les voix uniformes, cela aurait un peu crédibilisé le concept. Mais non, on s’en fout, « no brain », j’ai dit ! Les septuplées ont toutes la même voix, point barre. Et elles jouent toutes à la perfection, personne ne voit rien. Sauf peut-être, cet arriviste aux dents blanches…

Le film commence vraiment avec la disparition de l’une des sœurs, menacée directement par le peigne-cul en question en début de journée.

Je n’ai pas parlé de Glen Glose. Pas grave…

À partir de ce moment, le film sombre dans le grand port’nawak, énergique, violent, plutôt sympa à suivre, mais vraiment foutraque ! On assiste à un savant mélange, entre Matrix et Nikita, plusieurs des frangines n’hésitent pas à buter avec un sang froid quasi-professionnel ! Girl power, comme on dit ! Ça ne tient pas la route, mais c’est pas grave. Il faut dire… dans un monde où tout est contrôlé, le fait même que sept gamines aient pu endosser l’identité de leur mère est déjà incohérent. Alors, un peu plus un peu moins, les scénaristes ne se sont pas trop cassé la tête. C’est un festival de fusillades, de course-poursuites (très proches de Matrix) et d’exécutions sommaires. Le méchant de l’affaire, Joe (le norvégien Christian Rubeck) passe son temps à courser l’une ou l’autre des frangines, et se prend souvent des gadins, ce qui souligne sa totale incompétence. Sans trop spoiler, la société contrôle toutes les identités. Une seule des sœurs peut sortir en ville, les autres étant obligées de rester dans leur appartement. Avec un tel avantage, ce con de Joe ne parvient pas à capturer toute la fratrie. Là encore ça ne tient pas la route mais… « no brain », c’est bon quoi, ça bouge, ça tire, ça flingue, c’est cool, alors merde à la crédibilité !

Le mystère se décante au bout d’une accumulation de péripéties fracassantes, et souvent déjà vues. Le secret de polichinelle sur la réalité des cryogénisations finit par tomber, le motif de disparition de l’une des sœurs finit par être élucidé, mais les plus doués (en gros, ceux qui ont déjà vu maintes et maintes fois ce genre de bouse) auront déjà deviné le pourquoi du comment, mais peu importe. Comme je l’ai déjà dit, le film se regarde avec un certain plaisir, même si de très très très nombreux points de scénario de collent vraiment pas. Je n’ai pas envie de trop spoiler aujourd’hui, alors je m’arrête, mais je pourrais développer les incohérences sur plusieurs pages, si je me laissais aller.

Ce personnage là, je n’en parle pas, sinon je spoile…

Le verdict est mi-figue, mi-raisin. On peut facilement se laisser séduire par un film bien produit, avec une belle image, un montage énergique. Je me suis laissé prendre par « The Revenant » avec Di Caprio, qui offre il est vrai son lot de scènes barbares, mais développe un propos assez bourrin, au final. « Seven Sisters » m’a beaucoup moins convaincu, car l’action, c’est bien, certes, mais je préfère quand ça tient la route au moins un petit peu (Piège de Cristal est un must dans le genre, même si dans le réel, Mc Lane se serait fait buter comme un neu-neu!) – là, trop c’est trop. Impossible pour moi de cautionner un projet aussi bête, alors que le début était si prometteur…

Un gros big-mac bien graisseux, à voir si on a vraiment faim…

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