Festival Fantastic’Art 2018, les films en compétition, par Sékateur

Comme je le disais dans mon article précédent, cette année, dix films ont été proposés à la compétition du 25ème festival de Gérardmer.
Dix bons films, je tue le suspense, mais vraiment, il n’y avait rien de honteux cette année, ou de trop « clivant » (du moins, je le pense)
Voici donc les dix longs-métrages sélectionnés pour la compétition du Grand Prix cette année :

Le Secret des Marrowbone, de Sergio G.Sánchez, Espagne

The Lodgers, de Brian O’Malley, Irlande

Tragedy Girls, de Tyler Mc’Intyre, États-Unis

Mutafukaz, de Shôjirô Nishimi & Guillaume Renard, France & Japon

Les bonnes manières, de Juliana Rojas & Marco Dutra, Brésil & France

Chasseuse de Géants, de Anders Walter, États-Unis-Belgique-Irlande

Revenge, de Coralie Fargeat, France

Les affamés, de Robin Aubert, Canada

Ghostland, de Pascal Laugier, France & Canada

Housewife, de Can Evrenol, Turquie & France

C’est parti…

Le Secret des Marrowbone

L’école espagnole nous fournit de nombreux films de qualité depuis plusieurs années. Le filon semblait un peu épuisé. Puis, arrive ce long-métrage, qui prétend en rajouter une couche, et se glisser dans une anfractuosité encore non usitée. Eh bien, ça marche ! Pour moi, en tout cas, ça marche !

Le Secret des Marrowbone, c’est classique, très conforme à ce que l’Espagne nous a déjà délivré, mais dans le bon sens du terme. Les personnages sont bien définis, attachants. On est avec eux, on se prend à les suivre, à les apprécier. C’est l’essentiel à mes yeux. Les jeunes acteurs sont impeccables, ce qui rend d’autant plus simple l’empathie que l’on peut ressentir à leur égard. Le scénario nous propose une intrigue à priori très prévisible. On a l’impression de tout comprendre au fur et à mesure des péripéties. Pour mieux être contredit par la suite ! Oh ! Pas d’énormes surprises à la clé, n’exagérons rien, le dénouement pourra même avoir un arrière goût de déjà-vu. En effet, pas de révolution à la clé. Malgré tout, le scénariste a su habilement enchaîner des rebondissements déjà exploités dans d’autres longs-métrages, pour offrir un résultat très convaincant. La plupart des invraisemblances et autres ficelles un peu épaisses, passent car c’est bien mené.

On obtient un excellent films, avec l’émotion qu’il convient, mais c’est un peu une habitude avec le cinéma espagnol.

L’excellence de l’école espagnole
The Lodgers

Voici une histoire de malédiction. Un frère et une sœur sont reclus à l’intérieur du manoir familial, et doivent respecter des règles strictes, édictées par des esprits ayant pris possession de leur demeure. Ces règles leur défendent, entre autres, de laisser entrer dans le manoir un étranger, de se lier avec un étranger, de sortir, bref, elles les confinent à l’emprisonnement.

Sauf que la sœur, ben elle est pas trop d’accord. Elle sort. Elle enfreint les règles. Elle rencontre un garçon, un éclopé de la guerre, jeune et courageux. Elle aimerait s’offrir à lui, et fait tout pour que l’acte puisse s’accomplir… au grand dam de son frère, terrorisé par la témérité de sa sœur. Ce frère, maladif, sec, froid, n’ose plus sortir. Un traumatisme terrible l’empêche de poursuivre une vie normale.

Que dire de ce film ? L’ensemble pèse sur l’ambiance, gothique à souhait. On a droit à tous les clichés du genre. De l’eau, de la brume, des perspectives bucoliques inquiétantes, des phénomènes anormaux, des esprits pas franchement jouasses… c’est du classique de chez classique. Grosse faiblesse de ce film, et à mon avis, une rareté pour les productions indépendantes de ce niveau, les personnages ne sont pas attachants. Le frère est maladif, je l’ai dit, et surtout d’un caractère difficile, sans charisme. Ressentir une quelconque empathie pour lui est au-dessus de mes forces. Je ne parle que pour moi. Quant à la sœur, d’une beauté diaphane (je n’ai rien trouvé de mieux pour la définir), elle semble très… lisse. Sans relief, sans personnalité propre. Son boyfriend de service, un ancien combattant mutilé ne brille pas non plus par sa singularité. À la limite, le seul personnage ayant un peu d’attraits serait le salaud de l’histoire, un gros lourd cynique, vicieux et violent. Grosse déception à ce niveau, donc, et malheureusement, cela ne sert pas les intérêts du long-métrage. Pourtant, des qualités, il en a. Une photographie sublime, des cadrages très élégants, une ambiance gothique à couper au couteau… ok, c’est beau, pour le reste, on regarde ça avec un soupçon d’ennui, l’intrigue reste très convenue pour le genre, et jamais ne propose la moindre surprise ni le moindre frisson.

Je garde en mémoire quelques plans très oniriques en milieu aquatique, c’est peu mais finalement, c’est pas si mal !

Gothique, certes, mais c’est tout…
Tragedy Girls

Déjà vu dans le cadre du Bloody Week-End… je reprends donc la même critique !

Ce film est une comédie qui tend à prendre à contre-pied le principe même de slasher. Là où le croque-mitaine, généralement masculin, monolithique, baraqué, fait figure de norme, nous aurons ici un duo de pétasses, l’une blonde et l’autre black. Tandis que ledit tueur à la Myers sera détenu sur une chaise et tenu en respect par un pistolet électrique par lesdites pétasses.

La première moitié du film est vraiment réussie. Percutante, rythmée, sanglante, drôle, rien à dire. Si le reste du long-métrage avait été du même niveau, j’aurais fait pleuvoir les étoiles. Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence, le final est en demi-teinte.

Le style très « comédie » du début, s’effrite peu à peu jusqu’à disparaître complètement. Au profit de quoi ? Une réflexion sur l’amitié et la confiance ? Non, ça ne marche pas. Soit on est dans le second degré de A à Z, soit on se prend les pieds dans le tapis. Là, je le dis, ce film se prend les pieds dans le tapis. Il retourne sa veste avant le dénouement, au pire moment. Car ce retournement s’accompagne d’une baisse de rythme mortelle. On passe de crimes décalés super drôles à des mises à mort bêtes et sans intérêt, et ça fait mal… J’aimerais dire davantage de bien de ce film aux intentions louables, mais franchement, il pêche en seconde moitié de pellicule. L’humour, le rythme, le peps s’étiolent, et nous nous retrouvons devant un final très plan-plan, sans trop d’intérêt. En demi-teinte, quoi…

C’est une déception pour moi, mais le film n’est pas pour autant à jeter aux oubliettes, car il propose au moins dans sa première moitié, des moments d’anthologie ! J’adore cet humour noir. Dommage que cela ne tienne pas sur toute la durée du long-métrage…

Ma note irait plutôt vers le 3,5, mais puisque nous ne sommes pas si précis, et puisque la sélection de Gérardmer est tout de même d’un niveau élevé, je vais descendre ma note à 3 !

Super pendant 45 minutes. Après, bof…
Mutafukaz

Voici le seul film d’animation de la sélection. Un dessin animé, donc, mais pour adultes. On y trouve beaucoup d’éléments propres au « pulp » : des gangsters, des mutations génétiques, des courses-poursuites, des trahisons, des méchants charismatiques… Mutafukaz allie ces éléments « déjà vus », les ingère, les digère et les vomit en une intrigue bourrée de rebondissements. Le rythme ne faiblit pas. Les 94 minutes défilent sans temps morts. C’est le gros reproche que je fais, en général, aux films d’animation, ils deviennent gonflants sur la durée, le manque d’enjeux et de ressorts dramatiques usant peu à peu mon intérêt. Ici, même si on comprend vite que le personnage principal possède des caractéristiques qui le mettent en sécurité vis-à-vis de la menace qui pèse sur lui, il n’en est pas de même pour ses compagnons. Et de toute façon, ses facultés proposent de belles volées de violence, donc, même si on ne frémit pas pour sa vie, on jubile de le voir se surpasser pour se tirer des pires situations.

L’humour est omniprésent, même au cœur du drame. C’est jubilatoire, franchement.

En prime, on pourra discerner une observation pertinente des ghettos pourris, méprisés par les gangsters de la hausse bourgeoisie, représentés par notre méchant de service, l’empaffé au costard blanc ! Cet enfoiré, toujours élégants et décontracté, même lorsqu’ils se prend du plomb dans l’aile, est un atout fort du côté « obscur » de ce long-métrage…

Au final, que dire ? Mutafukaz est aux dires de son concepteur français, un « miracle », difficile à financer, à monter, à diffuser, il demeure à ce jour une entreprise audacieuse, folle, inédite de par son design, ses dessins, son approche de l’action (que je qualifierai très personnellement de « pulp ») et néanmoins s’avère être une franche réussite.

Original, drôle, rythmé, super film d’animation !
Les Bonnes Manières

Voici le film le plus long de la sélection. 135 minutes au compteur. C’est beaucoup, certes. Un peu trop, peut-être. Encore que…

Un rythme lent fait-il un mauvais film ? Ou un film ennuyeux ? Sans doute pas. Pas toujours, en tout cas.

Me suis-je ennuyé sur ce film ? Honnêtement ? Un peu. Je me suis agacé, aussi, de certains passages. Je m’en expliquerai. Au niveau du rythme, malgré mes réserves, je dois reconnaître une certaine cohérence. Et au final, j’ai été emporté par ce trio « amoureux » entre deux femmes et un enfant.

Tout le film tient sur ces trois personnages.

Découpé en deux parties, le long métrage nous narre l’histoire ambiguë entre une femme enceinte, d’un niveau social aisé – mais délaissée, rejetée par sa famille –, et de son employée – soi-disant assistante maternelle, en réalité bonne à tout faire – noire, pauvre, endettée, d’une beauté qui ne la laissera pas indifférente.

Ok, je spoile un peu. Il y a de l’homosexualité dans ce film. Beeeuuuah ! Ce n’est pas le sujet principal, non, disons que cela en fait partie. Car le scénario, au travers de ces trois personnages, nous conte mine de rien, l’éternelle histoire des différences. Et de ce qui en découle.

Conséquences dramatiques ou juste inconcevables en société, ces différences amèneront les personnages à s’opposer à la « normalité. »

Le personnage principal, incarné par Isabél Zuaa, porte le film sur ses épaules athlétiques, sa beauté monolithique habite l’ambiance pesante de long-métrage sur toute sa durée. Elle peut déconcerter le spectateur. Pour ma part, je l’ai trouvée très froide, même dans la seconde partie. Pas grave, la belle Marjorie Estiano fait brûler la première partie de son charme ahurissant, et apporte la dose d’émotion qu’il convient à la situation.

Le gamin est mignon, sympa, sans doute trop agressif pour inspirer la même empathie que sa mère.

Toujours est-il que l’un des personnages secondaires, et pourtant primordial, s’avère être un poison, infecte, moche, répugnant, et qu’à aucun moment, même dans les « chansons » (oui, il y a une chanson dans le film !) ne parvient jamais à m’inspirer la moindre sympathie. C’est d’autant plus dommageable que d’un point de vue scénaristique, la transition entre la 1ère et la 2ème partie devrait, pour garder un peu de réalisme, se séparer intégralement ! Ce n’est pas le cas, du coup, je ne comprends pas tout. Je n’en dirai pas davantage, pour ne pas trop spoiler, mais vraiment… difficile à avaler, pour ma part…

Le film ne s’attarde pas sur le réalisme des situations, il préfère se concentrer sur les personnages, leurs caractéristiques, et leurs interactions. Il parvient à distiller, à certains moments, une vraie émotion. C’est ce qui a – à mon avis – séduit le jury… il m’a séduit aussi, je l’avoue, mais avec modération !

Un film à voir davantage pour son analyse sociale que pour son aspect « film de genre »
Chasseuse de Géants

Lorsqu’il a présenté son film, le réalisateur a reconnu avoir adapté un conté danois avec des moyens hollywoodiens. On apprécie ou pas la démarche. C’est à voir.

Car à bien y réfléchir, ce « I kill Giants » a tout du téléfilm de M6 diffusé à la veille des fêtes de fin d’années. C’est gentil, sans violence, sans tueries, on est dans le fantastique le plus doux.

Pourtant, le scénario nous propose un spectacle tout à fait adulte, et je dirais même, « mature »…

Barbara est une ado à problème. Elle est sarcastique (ooooh !), se rebiffe contre les agressions (si ce n’est une victime, c’est donc une sociopathe !) et s’enferme dans un imaginaire peuplé de géants. Ces créatures fantastiques cherchent, d’après elle, à pénétrer notre monde, et mettent en danger son village. En guerre contre ces saletés, Barbara est persuadé de sauver la vie de ses concitoyens. Elle pose des pièges partout, sur la plage, dans la forêt, pour capturer ces maudits géants.

Un jour, une nouvelle venue cherche à se lier d’amitié avec elle. C’est Sophia. Barbara résistera un peu, mais Sophia, n’ayant pas d’autres amies, elle s’accrochera, et tentera d’en apprendre davantage sur cette mythologie…

Allant de psychologue en proviseur, Barbara soulèvera la rage d’une de ses camarades de classe, avide de lui faire payer certains affronts…

Sous ses aspects « drame de Noël » à deux balles, ce film parvient à inspirer une vraie émotion, et l’interprétation de l’actrice principale, Madison Wolfe, n’y est pas pour rien. Elle transcende son rôle, en fait une véritable personnalité complexe, instable, vanneuse, triste, dérisoire, folle, drôle et acariâtre, bon sang, qu’elle joue bien ! Sans elle, plus de film ! On aurait un conte de Noël aseptisé sans grand intérêt… Mais voilà. Elle habite son rôle, et en fait une figure d’héroïsme poignante, une icône du courage et de combativité.

Sans être super surprenant, le scénario nous réserve de belles surprise, de quoi faire monter l’émotiomètre de plusieurs niveaux.

Alors oui, cette histoire aurait pu être adaptée pour la télé, à l’attention des fêtes, mais franchement, avec un tel niveau d’interprétation, cette production, ces effets spéciaux, on obtient le conte le plus badass du cinéma. Du mignon, certes, mais du mignon 5 étoiles. Moi, j’ai adoré…

Du mignon à Gérardmer, c’est possible, mais c’est pas que pour les enfants !
Revenge

Vu au PIFFF 2017, ce rape & revenge se distingue des autres opus du genre par une réponse immédiate aux outrages subis par l’héroïne. En général la vengeance est un plat qui se mange froid. Ici, il est chaud, très chaud. Brûlant. Et il ne fait pas dans la dentelle.

Soyons honnête, les films de ce genre ne brillent pas par leur scénario, ni par leur réalisme. Celui-ci assume totalement son côté « abusé. » Les ressorts scénaristiques sont hénaaaaaurmes ! On est proche du fantastique à certains moments ! Le sang coule à flots, c’est risible ou jouissif, à voir… Fin et délicat comme un grand coup de pied dans les roustes, Revenge peut se targuer d’un rythme parfait, ni trop dans l’adrénaline, ni trop dans l’effet « grand 8 » ; la réalisatrice maîtrise bien son sujet et propose ce qu’il faut en trouvailles visuelles pour maintenir le bateau à flots.

Ceux qui estiment que trop, c’est encore pas assez, trouveront réponse à leurs attentes. Le film exagère, l’assume, et transforme une bimbo en guerrière façon Max Max, presque touchée par la grâce.

Bien sûr, le fond reste très limité, les revendications féministes sont louables, mais soyons réaliste, ce n’est pas avec une réponse ultra-violente que l’on sert au mieux ce genre de cause. On est ici dans le spectacle de bourrin, gore et outrancier, le message, mes amis, il passe un peu à la trappe !

N’en reste pas moins un film extrêmement efficace, super bien joué, franchement la jeune actrice est parfaite dans son rôle. Les personnages masculins bien qu’un poil archétypaux (mais c’est voulu) font le boulot, mention spéciale au sosie de Cyril Hanouna (!)

Bon film, bonne patate, c’est n’importe quoi mais ça fait du bien !

Bonne patate ! Et bon « bloodbath » !
Les Affamés

Voici un film québécois, avec l’accent de rigueur – mais sous-titré ! À prendre ou à laisser ! Faut l’avouer, cette manière de parler peut faire sortir n’importe quel « français » hors de l’action, tellement c’est imagé et hors cadre vis-à-vis du drame qui se joue. Cependant, comme ici le ton est plutôt léger est déconnant, ce n’est pas un gros « défaut »…

Le monde est envahi de zombies. On ne sait pas d’où ils viennent, ni ce qu’ils désirent, mais ils sont là. Ils attaquent les vivants, de façon aléatoire, mais avec rage… Jusque là, nous sommes en territoire connu. Je me demande pourquoi je précise « jusque là », puisque de toute façon, rien ne viendra casser la routine « film de zombies » du début à la fin.

Désolé, mais sans spoiler, je suis obligé de révéler qu’il n’y aura pas de grosses surprises dans ce film.

Tout tient sur le ton, le rythme, l’ambiance et les bonnes blagues.

En effet, 4 ou 5 blagues sont racontées par le personnage principal, et elles sont tellement bien à leur place qu’elles font mouche à chaque fois. Vraiment très drôles.

D’autres gags viennent égayer cette action, au demeurant très classique et très déprimante, car mine de rien, beaucoup de personnages nous quittent en cours de route.

Difficile au bout du compte de ne pas y voir un énième clone de « The Walking Dead »… on évite certes le sempiternel huis clos, mais on tombe dans le road movies propre à la série.

Un film agréable à regarder, mais qui à mon avis, exploite trop le déjà-vu pour se distinguer durablement de la masse. Je suis cependant ravi qu’il ait remporté un prix, on voit trop peu de zombies québecois…

Des zombies, des zombies ! Vous n’êtes pas lassés ? Alors ce film est pour vous…
Ghostland

Voici le film événement. Celui qui a fait l’objet de réservations en masse, largement à l’avance, privant les festivalier tardifs d’une place assurée. Je l’ai dit, toutes les séances prévues pour le festival, à l’espace LAC, Paradiso, Casino, étaient totalement inaccessibles. À moins de prendre le risque d’attendre dans la file « sans réservation »… J’ai tenté le coup pour l’espace Lac, pas pour les autres. Faut pas déconner !

Alors, que vaut cette nouvelle offrande du papa de « Martyrs », Pascal Laugier.

Ben ok. Il envoie du pâté. Rien à dire à ce niveau. Laugier film la violence avec une crudité qui n’a rien à avoir avec le film d’horreur. D’ailleurs, même s’il revendique cette coloration pour ses films (l’horreur, je veux dire), son approche très âpre, difficile, ne rend-elle pas son cinéma en totale contradiction avec le genre ? Je me demande. Car le genre horreur montre des choses horribles, certes, mais souvent avec un effet cathartique ou défoulatoire. Ici, les personnages prennent cher, et le spectateur également.

Finalement, il nous refait un peu « Martyrs »… car à bien y regarder, il s’agit un peu de la même histoire. Deux gamines sont enlevées par des types chelous pour servir de « jouet » N’est-pas un peu le sujet du deuxième film de Laugier ? Peu importe. Le scénario est différent, totalement ancré dans le genre (lui, pour le coup !) et offre de beaux moments de brutalité, de poésie (oui, un peu) tout en installant une tension à couper au couteau.

Faut le reconnaître, ce réalisateur sait taper juste, et dérange juste ce qu’il faut, sans totalement se mettre à dos le spectateur exigeant. On obtient au final un « Martyrs » plutôt allégé, qui laisse beaucoup moins d’acidité au fond du ventre.

Ce n’est quand mêmes pas à montrer à toutes les prunelles !

Petite mention aux actrices, Mylène Farmer en tête, je n’attendais rien d’elle, et pourtant, elle propose un jeu tout à fait honorable. Les autres actrices sont également très bien, je regrette cependant que leur visage soit atrocement altéré par des maquillages indignes d’une telle production. Désolé mais ces prothèses apparentes font mal aux yeux.

On tient là malgré tout un brûlot sec et méchant, merci monsieur Laugier !

Cinéma qui tape dans la tronche sans prendre de gants, moi j’adhère, même si dans le fond, cela reste un huis clos sans grandes surprises
Housewife

Voici le film le plus « space » de la sélection. Sur une base très classique, et dramatique, il se détache peu à peu du réel pour nous imbriquer des réalités alternatives, un peu comme inception, en moins friqué, bien sûr…

Une petite fille assiste impuissante au meurtre de sa sœur, par sa mère devenue folle. Elle en gardera le traumatisme, au point de ne pas vivre complément sa vie amoureuse. Un jour, une amie l’invite à une soirée où un médium d’un genre nouveau se propose d’entrér dans sa psyché pour la débarrasser de son mal être (et débusquer certaines vérités au passage.)

L’idée n’est pas mauvaise, et on suit avec intérêt cette première partie, en se demandant où tout cela va aller.

Eh bien, il va loin dans l’onirisme, le bougre ! En effet, ces voyages inter-psyché vont s’enchevêtrer, au point de nous paumer complètement. Pourtant, tout cela est beau à suivre, le réalisateur exploite la photographie de son film de belle manière.

Au final, on obtient un résultat que je qualifierai, tant pis pour le cliché, de lovecraftien. Bien plus que « Ghostland », qui n’a aucun point commun avec l’univers du poète de l’horreur. Non, ici, nous sommes vraiment dans cette poésie morbide, et on s’y perd un peu, c’est normal, il ne faut pas compter trouver un sens logique à la folie, d’où qu’elle vienne…

Envoûtant, élégant, ce film peut séduire juste par son visuel, mais propose malgré tout une belle progression dans l’irréel…

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