Festival Fantastic’Art 2018, les courts-métrages en compétition, par Sékateur

Cette année, la sélection des courts-métrages se limite à 5, le plus court étant de 14 minutes.
Cela semble peu, pourtant ils sont tous excellents, donc il n’y a pas de quoi bouder.


Animal, de Jules Janaud & Fabrice Le Nezet, France

Déjà vu au Bloody Week-End 2017, ce film est toujours agréable à visionner, sans lassitude, c’est bon signe…

Partant d’une histoire cruelle de gamins qui jouent dans un milieu souillé par les radiations, le film raconte comment un homme cherchera à se venger (ou quelque chose qui s’en rapproche) en utilisant son animal de compagnie. Ce dernier, futur radioactif oblige, est une sorte de ver, mais la finalité, c’est le combat entre les bêtes, et mentalement, entre les « maîtres ».  Aidé par un scénario bien pensé, ce film tient en haleine jusqu’à la fin, et sa coloration africaine offre une belle ambiance. Excellent film, qui résiste aux rediffusions.

Belle à croquer, de Axel Courtière, France

D’un style cartoon et coloré, ce film réjouissant nous fait vivre une amourette particulièrement hors norme. C’est même une opposition entre carnivores et végétariens. Lui ne mange que de la viande, ou presque. Elle, que des légumes. Parviendra-t-il à surpasser son aversion contre la chlorophylle pour conserver ses chances de séduire la belle ? C’est toute la question.

Ce court-métrage reste très léger et drôle, une vraie réussite.

Et le diable rit avec moi, de Rémy Barbe, France

Beau titre. Franchement. Le film est très bon, lui aussi. Aidé par d’excellents comédiens, il se démarque de la masse par une approche volontiers « trash », toutes proportions gardées. Ce n’est pas du gore, ni du porno, juste un style qui se rapproche de ces deux tendances en en conservant l’esprit. Ok, à l’image c’est plutôt soft, mais l’idée est bien là. Et pour moi, l’idée est essentielle, donc ce point de vue me convient très bien.

Je dois l’avouer, la petite amie de notre anti-héros (amateur de films Uncut et ami du diable en personne, l’enfoiré !) ne m’a pas convaincu par son jeu d’actrice. C’est très personnel, donc je passe. Elle édicte cependant un long monologue censé être fondateur pour le message délivré par le réalisateur, mais la situation est si peu en accord avec ses propos que je suis resté en dehors. Je met cela sur le compte de l’actrice, mais je pourrais aussi mettre en « cause » le dialoguiste. En tout cas, je n’ai pas adhéré…

Pour le reste, l’acteur Mathieu Lourdel est particulièrement bon. Il tient le court-métrage sur ses épaules. Les sursauts de violence, à la fin, sont fracassants. L’impact est réel on est sur les rotules.

Dommage que ce court-métrage ne trouve pas le bon moment pour se conclure. Il enchaîne des scènes surréalistes pour mieux « surprendre » sauf que ce n’est pas cet effet – je pense – qui est accompli. Juste une certaine lassitude. On a compris, pas la peine d’en rajouter !

Je note cependant que Remy Barbe a participé à la réalisation de « Margaux », court-métrage présenté au Bloody Week-End 2017, et que j’ai trouvé particulièrement réussi…

Livraison, de Steeve Calvo, France

Encore un film de zombies. Est-il atypique, d’un style hors normes, original. Pas vraiment. Encore que. C’est un « fermier » qui doit livrer une marchandise putréfiée à l’attention d’un public de connaisseur. Au fil de son voyage et de sa transaction, il viendra à se prendre d’affection pour l’un de ces morts, moins zombie qu’il n’y paraît !

Je l’avoue, j’ai piqué du nez lors de ce court-métrage, je ne suis donc pas le meilleur critique pour en parler. J’en garde un souvenir mitigé, certes, mais c’est peut-être lié au contexte, et à mon état de fatigue. Désolé…

La station, de Patrick Ridremont 

Gros coup de cœur pour moi !
Fondé sur une idée loufoque mais excellente, ce court-métrage nous mène par le bout du nez pour nous faire accepter n’importe quoi.

Le pitch : un photocopieur, à priori banal, détenu par un pompiste, est capable de rendre tangible les images photocopiées et d’en restituer la réalité dans des chiottes située juste en face de la station-service. Bizarre, hein ! Et pourtant, à l’image, c’est juste jouissif !
Le rythme, les acteur, les situations, concourent à rendre ce long-métrage emballant !
Moi, en tout cas, j’ai marché !

Le Grand Prix du Court-Métrage a été attribué à
« Et le diable rit avec moi » de Remy Barbe

 

 

2 commentaires

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