Festival Fantastic’Art 2018, les films hors compétition, par Sékateur

Voici, déjà, le dernier article de la rétrospective du Festival Fantastic’Art de Gérardmer, édition 2018…
Je vais ici m’attarder sur les longs-métrages présentés hors compétition et la nuit « décalée »…
J’aurais pu profiter de la « nuit Hellraiser », mais honnêtement, pas envie… ok, les deux premiers sont sympas, mais passer une nuit blanche pour eux, non merci !

Cold Skin, de Xavier Gens, Espagne & France

De Xavier Gens, je n’ai vu que Frontières, présenté lui-aussi à Gérardmer. Une variation à la française de « Massacre à la tronçonneuse », assez jubilatoire (à mon avis.) Il s’attaque ici à une intrigue insulaire. Je ne vais pas trop en dévoiler, mais niveau casting, je pense pouvoir affirmer qu’il a réalisé quelques économies ! Deux personnages, une île, un phare, un cabanon, et hop ! Un film. Sans casser des briques dans sa finalité (c’est même un peu trop mignon à mon goût), le film dévoile ses cartes peu à peu, avec un rythme soutenu, qui empêche toute lassitude. Et pourtant, 100 minutes pour un huis-clos, cela peut paraître long. Les deux acteurs sont excellents, ça aide aussi. Une excellente série B.

Errementari : The Blacksmith and the Devil, de Paul Urkijo Alijo, Espagne & France

Voici le meilleur « HC » visionné cette année. Adapté d’un conte basque, ce film nous narre les mésaventures d’une petite fille, confrontée à un forgeron ayant pactisé avec un démon. C’est drôle, mouvementé, bourré d’action, le design est parfois troublant avec des costumes d’un autre temps, mais cela participe au charme de l’entreprise. Vraiment super !

Escape Room, de Will Wernick, États-Unis

« Saw » est récemment revenu avec « Jigsaw » ; j’imagine que la genèse du produit « Escape Room » provient lui-aussi de l’idée de faire renaître une franchise en partant des cendres à peine fumantes de saucisse ou saucette… (oui, ces jeux de mots sont pourris et en plus, ils datent déjà, c’est navrant, mais je m’en fous !) Pari réussi ? Ben non. C’est tout pourri. Ok, on pourra s’amuser des énigmes à tiroir, qui s’enchaînent parfois bizarrement, et des pièges absurdes et injustes qui se nichent derrière elles. Cela se regarde d’un seul œil la plupart du temps, et pour le reste, c’est tellement incohérent, qu’il me semble impossible de défendre davantage cette incroyable bouse.

Game of Death, de Sébastien Landry & Laurence Baz Morais, Canada & France & États-Unis

Comme le nom l’indique, un groupe de jeunes éphèbes découvrent un jeu de société d’un genre nouveau. Si les participants ne veulent pas voir leur tête exploser, ils doivent buter 24 personnes avant la fin du chrono. Pourquoi 24 ? Je ne sais pas. Mais c’est beaucoup, ce qui promet un joli massacre ! Et c’est plutôt réussi à ce niveau. Le film est assez gore, assez réjouissant. Là où c’est moins rigolo, c’est que le design du film, l’interprétation, se rapprochent de l’amateurisme. On est dans le gros Z qui tache, avec quelques fulgurances premier degré pas désagréables. Moi, j’aime bien.

The Inhabitant, de Guillermo Amoedo, Mexique

Partant d’un début mille fois rabâché, à savoir des cambrioleurs qui découvrent des trucs pas jojo dans la cave des bourges qu’ils viennent dépouiller, le film installe sa petite ambiance, et fort heureusement, ne fais pas traîner le mystère trop longtemps. Le dénouement apporte un brin de cynisme pas désagréable.

Le Labyrinthe : Le Remède Mortel, de Wes Ball, États-Unis

Ah, là, là ! Le « Young adult »… J’ai vu le premier « Labyrinthe », le premier « Hunger Games », bref… et même tous les « divergente » tout cela se regarde, c’est vrai… mais honnêtement, même si le principe est d’offrir un produit aux « djeun’z », ce serait bien parfois que les scénaristes essaient de construire des univers cohérents. Faudra qu’on m’explique l’intérêt du premier « Labyrinthe » à la vision du troisième opus. Bref. Et que dire de ces scènes d’action – la plupart du temps, des courses-poursuites – sans intérêt, et à les solutions souvent prémâchées…
Voilà, quoi…
Que dire de plus ?

La Nuit a dévoré le monde, de Dominique Rocher, France

Oh ! Un film de zombies français… La bonne idée semble d’avoir tout misé sur un seul personnage. Philosophe, il va vite comprendre le délire de l’invasion de zombies, et s’enfermera dans sa résidence. Après avoir vidé la plupart des appartements, il va accumuler les provisions et vivre peinard pendant… longtemps… jusqu’au jour où…

Bref, le film se suit gentiment, ça ne casse pas des briques, pas de gore, pas d’action, mais quelques moments assez émouvants, le désespoir n’est jamais très loin, c’est normal vu le contexte. Sans rien renouveler, le film ne déçoit pas.

The Titan, de Lennart Ruff, Royaume-Uni, États-Unis & Espagne

La Terre est condamnée, l’espoir de l’humanité serait de s’expatrier sur Titan, l’un des satellites de Jupiter. Manque de bol, son atmosphère est irrespirable. Ok. Qu’à cela ne tienne ! On va modifier génétiquement des humains pour qu’ils puissent supporter cette atmosphère ! Et hop ! On finance un projet. On prend des spationautes de grand talent, les meilleurs, et on leur inocule un produit tout pourri qui va les transformer en monstres ! Et voilà ! L’avenir de l’humanité serait donc de devenir des monstres à la Lovecraft ! Je ne sais pas ce que l’on doit comprendre dans ce délire…
Comme si cette hypothèse n’était pas assez stupide, le film s’embourbe dans un sentimentalisme ridicule, hyper lourdingue.
Et à la fin, faudra qu’on m’explique ce que va glander notre « espoir de l’humanité », tout seul, sur Titan.

Ah, ah, ah !

Winchester, de Michael & Peter Spierig, Australie & États-Unis

Le fusil du même nom est à la base de ce film, lui-même inspiré par une histoire vraie. Ok, je veux bien. Pour le reste, je constate une fois de plus, qu’on nous refait le coup de l’énigme « gothique », à la « Golem », « The Lodgers », et autres « Dames en noir », on navigue en territoire mille fois exploré. Ce n’est pas désagréable à regarder, loin de là, c’est même plutôt bien fichu.

Alors, au final, on n’est jamais vraiment surpris, jamais vraiment effrayé, mais pour ma part, je conserve une bonne impression de ce que j’ai vu.

Beyond Skyline, de Liam O’Donnell, États-Unis & Chine

Curieux projet. À première vue, c’est un blockbuster. Une histoire d’invasion extra-terrestre forte en explosions, et de grande ampleur. Visuellement, ça le fait assez bien… mais. Car il y a un « mais » ; j’ai eu le sentiment, malgré tout, que la production n’était pas si friquée que ça. Certains effets sont assez cheap. Le casting est cheap. Vous connaissez Franc Grillo ?

Après quelques recherches, je trouve le montant du budget : 20 millions. Ouais. J’avais donc raison ! Ce film est un blockbuster du pauvre, qui prend la guerre des mondes en référence, pour sombrer dans le gros bis qui tâche, d’inspiration manga. Histoire d’achever l’absence de sérieux de l’ensemble, après une heure de film, le casting de « The Raid » fait son entrée, avec le karaté qu’il convient, et moi, honnêtement, je me suis bien marré !

Mayhem, de Joe Lynch, États-Unis

Sur un scénario hyper simpliste, ce film nous place en spectateur d’un jeu de massacre aussi stupide que jubilatoire ! Un virus se répand dans l’immeuble d’une grosse société. Glen, de The Walking Dead (miraculeusement remis des coups de Lucille) – je veux dire, Steve Yeun, qui vient de se faire virer, victime des manœuvres d’une « vipère », s’allie avec une ancienne cliente qu’il a lui même entubée (la sublime Samara Weaving) pour faire payer, en toute impunité, ces injustice à ses vilains patrons !
Ça ne vole pas très haut niveau réflexion, mais honnêtement, c’est bien violent, et ça saigne, que demander de plus ?

Voilà, j’en ai terminé. En ce qui me concerne, bonne programmation, cette année. Peu de déception, « The Titan » est certes calamiteux, « Escape Room » pas beaucoup mieux, mais pour le reste, c’était plutôt sympa. Même le 3ème « Labyrinthe » ne m’a pas déçu, je n’en attendais rien !

Vraiment, c’était très sympa, et je suis ravi d’annoncer que la 26ème édition est déjà financée, et prévue du 30 janvier au 3 février 2019 !

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