Retour sur le Bloody week-end édition 2018

Comme tous les ans une partie de l’équipe de la pellicule brûle est venue au Bloody week end, et comme tous les ans le festival a réservé son lot de surprises, de rencontres et plus si affinités…

Au rayon des satisfactions notons en vrac, la grande qualité des cours métrages en compétition, des avants premières vraiment excellentes (en cours ou long métrage), une convention qui regorge d’objets rares et insolites, des films à gogo…bref de quoi y perdre la tête, ses économies et le reste aussi.

Et bien sûr un jury au top entre Robert Kurtzman, Fred « the hammer » Williamson, Marcus « Santa Klaus » Nispel, Pascal Laugier et sa groupie, Xavier Gens, Alain Schlockoff, Jeff Liebermann, franchement tous accessible (mention spéciale à Marcus Nispel proposant un shoot photo en mode père Noël), sympa vraiment au diapason de l’ambiance de ce festival décontracté.

Et bien évidemment une équipe de bénévoles, encore une fois au top, sympa, mention spéciale à l’accueil à qui je n’ai même plus besoin de dire qui je suis pour avoir mon badge d’accès et tous (et toutes aussi…) les autres.

Mais revenons à ce qui fait une partie de l’essence du Bloody week-end, la compétition internationale de cours métrage qui s’annonçait, rien que sur le programme, déjà très dense en terme de qualité.

Commençons donc avec la première session où Alexandre Jousse et son Massacre au débouche 2 était très attendu par l’équipe (et tous cas par moi). C’est la deuxième fois que ce réalisateur fait l’ouverture du festival, la première fois avec Cinémaniac (la 2ème ou 3ème édition), et donc cette année tout en remportant le grand prix avec Mascarade à la 4ème édition. Et c’est toujours difficile d’ouvrir un festival, surtout qu’il y avait un problème technique de décalage entre le son et l’image, ce qui est vraiment dommage car ce court en 2 parties, où Slip Pliscon tueur psychopathe au débouche chiotte s’évade de prison (partie plus burlesque) puis une partie plus tendue où il reprend du service, est vraiment réussi. Ok on soutien Alexandre depuis longtemps, Ok être cité dans les remerciements ça fait vraiment plaisir, mais cela n’empêche pas d’être un minimum impartial et donc Massacre au débouche chiotte 2 fait partie des petites bombes du week-end.

-Atomic spot (Fra) de Stéphanie Cabdevila, où une créature mutante marine (suite à une catastrophe atomique), l’une des dernières de son espèce s’en prend et s’éprend d’une surfeuse. Ambiance plutôt poétique, costume réussi, c’est bien joué, forcément on pense à l’univers de la forme de l’eau (que je n’ai pas vu), mais ce court se suffit à lui même, bien écrit, bien réalisé.

 

-Et le diable rit avec moi (Fra) de Rémy Barbe, l’un des courts que j’attendais car il fait partie de l’équipe (avec Joséphine Darcy Hopkins et Joseph Bouquin) derrière le court « Margaux » présenté l’année dernière et qui avait retenu notre attention. Ce court est centré sur Samuel, fan de punk-rock hardcore, et de ciné underground mais plutôt misanthrope. Il se fait plaquer par sa petite amie à cause de son égocentrisme, en rencontre une autre dans sa boutique de rareté fétiche… Ambiance assez tendu, oppressante, un diable dont on ne verra que les contours, l’apparition de Jackie Berroyer…Un très bon court malgré une fin que j’ai trouvé un peu en décalage avec l’ensemble.

-La chambre noire (Fra) de Morgane Segaert. L’une des constantes du bloody week-end de cette année, c’est qu’il y a pas mal d’enfants au sein des courts métrages, et chose assez rare pour être souligné, ils sont tous bons (donc bien dirigé et avec des textes bien écrits) et c’est le cas ici, dans un court très classe, élégant avec le thème de la maladie en toile de fond dans les années 1910. Beaucoup de travail au niveau des ambiances, encore une réussite.

-RIP (Esp) de Caye Casas. Quand on prépare des funérailles, que la famille et les amis viennent que tout est prêt, mais que le (futur) défunt s’obstine à ne pas mourir alors qu’il est condamné. C’est drôle, bien joué, bien rythmé, le genre de court qui marche très bien en festival, la preuve il remporte le prix du jury et du public, pas forcément mon choix, mais loin d’être immérité.

-Reruns (Fra et NL) de Rosto, trip entre souvenirs et rêverie, court en images de synthèse, perso j’ai pas trop accroché, mais beaucoup de travail au niveau de l’image et du son.

Au final une première session qui commence fort, avec l’impression que la compétition s’était déjà joué là entre la chambre noire / RIP voire Massacre malgré le problème technique (le court a été bien apprécié par le public). La suite me donnera raison malgré la très grande qualité du reste…

Avec la deuxième session j’ai moins trouvé mon compte, non pas que les courts ne soient pas de qualité, mais les thèmes et ambiances proposés me correspondait moins.

-Scaramouche scaramouche (Fra) d’Arthur Môlard. Ophélie vit avec son père dans un mobil-home sur un terrain vague où l’amie imaginaire de la fillette commence à prendre un peu trop de place. Les ambiances sont bonnes, c’est bien joué et suffisamment original.

-Protection Full moon (CH) d’Elias Jutzet. Au coeur de la Suisse, lors des nuits de pleine lune, les personnes susceptibles de se transformer en loup garou ont l’obligation d’aller dans les centres d’hébergements spéciaux. Alors l’idée est bonne, mais c’est vraiment court (9min), c’est un peu drôle, le décor est bien trouvé mais l’ensemble n’est pas totalement abouti et n’exploite pas complètement la bonne idée de base.

-Le jour où maman est devenu un monstre (Fra) de Joséphine Darcy Hopkins. Une relation mère / fille dont le fragile équilibre vacille à l’approche de l’anniversaire de la petite. C’est bien joué, c’est bien écrit, une réalisation classe. L’un des courts que j’attendais de découvrir, c’est réussi mais juste pas spécialement dans ma sensibilité.

-Event horizon (Fra, Sco) de Joséfa Célestin. Au fin fond de l’Ecosse un événement cosmique bouscule l’ordre des choses. Visuellement très réussi, de bonnes ambiances et de très beau extérieurs. Pas besoin de plus s’étaler sur ce court assez court (11’ au compteur), une bonne surprise.

-Twinky Doo’smagic world (Ita) d’ Alessandro Izzo. Braquage à l’italienne, c’est assez bordélique, pas très compréhensible, donc pas très bien écrit, à oublier.

-Fureur (Can) de APH Debiès. Un psychopathe vivant en compagnie des fantômes de ses victimes commet l’erreur de s’en prendre à une amérindienne. Je n’ai pas un souvenir impérissable de ce court, c’est sans doutes qu’il n’y a pas grand-chose à retenir….

Après une deuxième session m’ayant quand même un peu laissé sur ma faim, je ne savais pas trop à quoi m’attendre pour la troisième…et bien elle a dépassé toutes mes attentes :

-La station (Fra) de Patrick Ridremont. Une station essence, des toilettes à l’extérieur, un monstre mystérieux et vindicatif, Virginie Efira et un photocopieur magique. C’est drôle, bien rythmé, bien joué, réussi donc, un très bon court.

-Sons of bitch (CH) d’Arnaud Baur. Réal qui est déjà venu avec une « Dame blanche » assez réussie il y a quelques éditions, ici avec comme base une prostituée au fin fond du Wisconsin, malheureusement je n’en ai pas trop de souvenir hormis une bonne ambiance hivernale… la grande densité de la session pénalise ce court que j’avais quand même bien aimé sur le moment….

-Trauma industries (Fra) de Jethro Massey. Pour moi la bombe du week end, moi je l’aurais bien vu dans le palmarès … Au niveau du pitch c’est un peu « Charly et la chocolaterie » avec ce gamin qui visite une usine de jouet avec ses parents. Mais au niveau visuel ça tape vraiment fort, avec un look très soviétique, un bon paquet de figurants (150 quand même) à la mise en place impeccable, de nombreux plan très esthétique, un univers très totalitaire, un énorme travail sur le son (il n’y a pas de dialogue dans le film, toutes les paroles sont déformées, seule l’intention transparaît), un vrai parti- pris, j’y reviendrais plus longuement…

-Belle à croquer (Fra) d’Axel Courtière. Quand un cannibale s’éprend d’une végétarienne, dans un univers très coloré, avec l’apparition de Catherine Deneuve, c’est drôle, burlesque, sans doutes l’un des courts avec les moyens les plus confortables (c’est juste un constat, c’est quand même très bien utilisé), une très belle photographie, esthétiquement c’est vraiment très réussi, c’est bien écrit, bien réalisé, une belle découverte.

-The last well (Croatie) de Filip Filkovic. Face à face tendu entre une famille et un homme retranché au fin fond de la campagne possédant l’un des derniers point d’eau. C’est bien fait, c’est tendu, un bon court.

-La fille accordéon (Fra) d’Anaïs Vachez. Le plus court de la compétition (moins de 4 min), avec un concept vraiment très sympa, une fille avec un corps en accordéon tentant de s’échapper en silence d’une inquiétante demeure. Très réussis au niveau visuel, un côté forcément burlesque avec ce concept, une belle clôture pour la compétition des courts (hors animation).

Au niveau du palmarès on retrouve RIP pour le prix du jury et du public, la station pour le meilleur scénario, Event horizon pour le prix jury jeune (choix original mais judicieux), et des courts d’animation (que je n’ai pas vu…) pour le reste du palmarès avec la mort père et fils pour le prix d’animation, les effets spéciaux pour Overrun et mention spéciale du jury pour l’ogre.

La compétion fut très dense, forcément on peut toujours discuter sur le palmarès (en même temps c’est une spécialité nationale), mais le principal reste la grande qualité de l’ensemble, encore une bien belle sélection, avec aussi une partie hors compétition sur la quelle je reviendrais dans d’autres articles, des rencontres (la croque-mort la plus sexy de l’est), des retrouvailles viriles, bref une très belle édition !!!

Des retrouvailles très viriles, la suite de la soirée ne peut être dévoilé ici…

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