La colline a des yeux (non censuré) d’Alexandre Aja (2006) par Bruce Kraft

IN THE DESERT YOU CAN’T REMEMBER YOUR NAME.

Pour fêter leur anniversaire de mariage, Bob Carter, un ancien policier, et sa femme ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie. Tout le monde vient mais personne n’est vraiment ravi d’être là. Lynn, la fille aînée, s’inquiète du confort de son bébé. Son mari, Doug, tire une gueule de trois mètres de long . La jeune Brenda est une ado rebelle et son frère Bobby s’occupe des deux chiens de la famille. Sur les conseils d’un pompiste redneck ils vont emprunter une route qui va les mener en….enfer!!

Remarqué grâce à son premier long métrage « Haute tension », le petit frenchie Alexandre Aja se retrouve donc embarqué dans la réalisation du remake d’un classique de Wes Craven datant de 1977. Je peux l’avouer sans peine, je n’étais pas du tout emballé à l’idée de visionner ce film car dans l’horreur je reste très sélectif et bardé de préjugés vis-à-vis des films misant sur l’overdose de gore pour le gore et il faut l’avouer….je me trompais lourdement.

Tout d’abord cette chronique s’appuie sur la version non censurée du film puisque la censure est lourdement tombée sur le dos de Craven et Aja et certaines scènes avaient été, malheureusement, coupées au montage et il était presque indispensable qu’elles soient disponibles dans une version Dvd.

Alors et il donne quoi ce remakee? Aja mène sa barque et remanie l’ancienne version en s’attardant plus sur la psychologie de cette famille somme toute banale (on me dit typique dans l’oreillette!!) dont les membres essaient de cohabiter au travers de ce voyage en caravane. L’intéressant étant que la famille va connaître l’enfer (ouai…et même que personne ne sera épargné!!) et se ressoudera pour faire face à une autre famille….

Celle d’anciens mineurs « freaks » habitant les collines d’un désert où, et c’est annoncé d’entrée de jeu dans le pré-générique (d’ailleurs le générique est une
succession de vidéos d’explosions de bombes atomiques entrecoupées de photos de personnes ayant subies le contre-coup des retombées radioactives!!), des essais nucléaires ont été fait, pour couper court sur toute forme d’explications qui pourrirait le rythme du film. D’ailleurs, saluons le travail d’Aja sur ce point car même si le film n’est pas mené à un rythme d’enfer il existe une montée crescendo dans la tension et la violence qui est assez géniale et jouissive.

« La colline a des yeux » n’est pas le bête film d’horreur basique, et remplit de clichés à base de mutants qui tuent de manière mécanique, que l’on pouvait attendre et distille de bonnes séquences gores dérangeantes avec un humour burlesque non dissimulé bien que ça ne sautera pas forcément aux yeux du néophyte. En effet, Aja reste un fan-boy et le film respire à plein nez l’influence des slashers des années 80 où les tueurs étaient aussi violents que drôles par moment (un des « freaks » ne s’empêchant, en prenant un canari dans la main, de balacer un « Cui-cui l’oiseau » mémorable!!) même si, par exemple la scène du viol, certaines scènes restent dérangeantes.

Ainsi, la famille de mineurs (cannibales par obligation….bah ouai quant t’es un mutant et que t’es dans le désert tu bouffes quoi d’autres que des gens qui passent dans les environs?!!) fait penser à celle de « Leatherface » dans « Massacre à la tronçonneuse » et  la bande sonore rappelle celles que John Carpenter pouvait joyeusement composer pour ses films. Ce qui est bon c’est que l’hommage ne prend jamais le pas sur l’ensemble de la bobine et permet au spectateur de rester scotché, sans avoir la mauvaise sensation de « réchauffé », devant l’écran car franchement on a envie de savoir ce que qu’il va advenir de nos « héros » (y compris le chien de la famille qui est le personnage « vengeur » du film….du jamais vu dans un film d’horreur!!).

Aja a réuni un casting efficace d’acteurs convaincants. Aaron Stanford (Pyro dans « X-men ») en beau fils un peu con sur les bords, tout du moins au début, et Ted Levine en beau père républicain (le fameux Buffalo Bill du « Silence des agneaux ») restent les plus connus du grand public même si c’est Robert Joy, un des tueurs, qui garde la primauté de « la gueule la plus connue » du lot (Charlie dans « Land of the dead » et le rôle du Dr Hammerback dans « Les experts: Manhattan).

D’ailleurs, si on parle des « méchants » il faut avouer que les maquillages sont assez impressionnants (avec en prime le frère d’Elephant man qui chante l’hymne américain dans son rocking chair…vraiment glauque!!) et que chacun a une personnalité propre dans la démence (le « grand bêbête » faisant penser à un Synok des « Goonies » mais en version violente).

« La colline a des yeux » fait donc largement mieux que l’original et permet à Aja d’affirmer son style emprunt de l’esprit de ses mentors. Un film pop-corn
décomplexé aux multiples influences américaines qui reste diablement efficace…avec un français aux manettes? Putain alors ça c’est à voir absolument!!
Excellent, encore!!

« La colline a des yeux » d’Alexandre Aja. Distribué par Fox Pathe Europa. Avec Ted Levine, Aaron Stanford, Robert Joy. Durée: 1h47.


 

6 commentaires

  1. Mieux que l’original, j’suis d’accord. Quand on voit l’ancien, il est bien flippant mais il a prit un sacré coup de vieux. Il est à voir quand même.

    6 toasters yeeeaaahhh !!!!

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  2. Ouais bah moi je préfère l’ancien. Celui-là est honorable, mais la tension s’effondre pour laisser place à la comédie dans la confrontation finale. Il y a des choses que j’aime, et d’autres
    moins. Et tu l’as dit, à la fin, ça reste un film pop-corn, pas vraiment de quoi se tourmenter. Et c’est dommage car la scène dans la caravane est plutôt réussie. 4 toasteurs, pas plus… tchac !

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  3. Hommage aux eighties tu l’a dis, avec le moment trés « quatriéme dimension » en plus, Craven dans son com audio se moque avec un collaborateur ouvertement du film du fils Arcady comme si il était
    trés vexé que le remake ecrase sans conteste son film bien pourri, en tout cas c’est un excellent survival et son succés aux States et en U.k m’a bien fait plaisir, marrante la photo avec le
    drapeau ricain ancrée dans le crane du Cynock, certains voyaient dans ce plan une charge contre l’Amérique d’autrs décryptaient  plus dans cette image des Etats Unis triomphants, Aja lui n’a
    rien dit juste rigolé de tout  ces « interprétations »

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  4. Je ne suis pas convaincu par ton explication du cannibalisme XD
    Mais je suis d’accord sur les maquillages, ils sont bien faits. C’est beau le cinéma quand même! Il y a autant d’interprétations que de spectateurs.

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