Alien, la Resurrection de Jean-Pierre Jeunet (1997) par Tootsif

Deux cents ans après le suicide de l’officier Ellen Ripley une équipe de généticiens clone la jeune femme afin de récupérer l’alien vivant en elle, qui n’est autre qu’une reine. À leur grande surprise, le clone de Ripley a hérité de certaines caractéristiques génétiques de l’alien et ce dernier possède en partie la mémoire de Ripley. Afin d’étudier cette fascinante espèce et de lui permettre de se reproduire, les scientifiques font appel à des pirates de l’espace qui leur fournissent des « cobayes humains » pour héberger les embryons d’alien. Les généticiens arriveront-ils à apprivoiser ces « bébés » ?

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R.I.P LEY BIS

(Mais cette fois c’est la saga qu’ils ont tué)

Si Alien 3 malgré ses nombreux défauts mérite néanmoins sa place dans la saga Alien grâce à son appropriation personnelle (certes pas toujours réussie) des codes de la saga et par son dénouement qui semble la clore brillamment, ce n’est pas du tout le cas d’Alien, la résurrection.

Car en effet, Alien 3 semblant apporter le point final à la saga, il est difficile de voir dans ce nouvel opus qu’un moyen de prolonger le succès commercial de cette dernière. Ainsi, avant même tout visionnage, cet épisode partait avec un a priori négatif, a priori hélas confirmé, me faisant même me demander si pire dénaturation était possible.

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Trahir les attentes des spectateurs est une bonne chose lorsque l’on reprend les commandes d’une franchise pour éviter que cette dernière ne tombe dans la routine de la bête suite commerciale, mais en trahir l’esprit est tout autre chose. Et c’est que qu’Alien, la Resurrection fait cumulant ainsi les défauts de suite commerciale au viol d’un mythe.

Et comble de malchance, c’est un français aux commandes donc tant qu’à être trahi et poignardé dans le dos autant que ce le soit par un compatriote, la déception n’en est que plus grande.

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Trahison, déception, de biens grands mots pour un bien mauvais film, enfin un bien mauvais épisode d’Alien.

Pourtant le père Jeunet (dont j’étais un grand fan avant ce film et la suite de sa carrière) rempli son film de clins d’œil à la saga pour légitimer l’appartenance de celui-ci à cette dernière.

Ainsi on retrouve en vrac la célèbre citation que sortait Newt dans Aliens, le Retour en guise d’introduction, l’ordinateur de bord de la station s’appelle Father renvoyant ainsi directement au Mother du 1er volet, un droide (qu’est ce qu’il fout là ?), le retour de la reine Alien, des œufs et face-hugger tandis que l’équipage du Betty rappelle les Marines forts en gueule du 2ème épisode.

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On sent vraiment d’ailleurs l’influence du volet réalisé par Cameron tout au long du métrage, le film reprenant ayant une structure quasi identique mais pourtant là, ça ne fonctionne pas.

La faute à quoi ?

Ben d’abord au fait que ces références à la mythologie Alien semblent avoir été placées là juste pour justifier l’apposition du nom Alien sur l’affiche du film afin de mieux le vendre.

En effet, ceux-ci donnent l’impression d’avoir été intégrés à coup de pieds au cul dans le film puisque ce dernier est bien loin d’offrir les sensations de ses prédécesseurs.

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Et pourquoi ça ?

Parce qu’en voulant trop copier le rythme plus nerveux et guerrier du 2ème film, Alien, la Resurrection franchit la ligne rouge que ce dernier avait brillamment évité en basculant dans l’actionner pur et dur oubliant totalement la partie huis-clos et stress.

Oui, il y a des coursives sombres et enfumées avec des sols métalliques où chaque pas résonne et des apparitions furtives et mortelles d’Aliens mais il ne faut pas juste ça (et le filtre jaune habituel de Jeunet, juste gonflant) pour créer chez le spectateur un sentiment d’oppression et de peur permanente.

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Ajoutez à cela des Aliens biens loin des redoutables machines à tuer des opus précédents (même si leur design est plutôt réussi contrairement à Alien 3), et la multiplication de séquences d’action pas terribles (même si je dois avouer que celle des cuisines inondées est plutôt bien mises en scène et procure, enfin, un peu de tension) et toute l’atmosphère propre à Alien vole en éclat pour nous révéler qu’un bête actionner.

 Bête il n’aurait pu ne pas l’être si le script, pas respectueux du background Alien comme je l’ai déjà dit mais plutôt osé, n’était pas gâché par un nombre incalculable de mauvais choix.

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Car oui, le script prend des risques au travers de quelques scènes qui laissent espérer une autre dimension au film, plus dérangeante (Ripley plus proche de l’Alien par moment que de l’humain), plus malsaine (notamment celle où Ripley se trouve face à ces clones) mais ces dernières sont parasitées pas un nombre incalculables de fautes de goûts (le design de l’Alien hybride entre xénomorphe et humain est simplement immonde, peut être est-ce voulu, tout comme la mise en scène de son « lien » avec Ripley en sont les meilleures illsutrations) et surtout un second degré quasi permanent (l’équipage du Betty vanne en permanence et fait dans la surenchère de répliques foireuses) qui enlève toute dimension dramaturgique au film.

Ripley n’est plus Ripley, elle ça l’a fait rire, moi, beaucoup moins.

 

Pas terrible...
Pas terrible…

« Alien, la Resurrection » de Jean Pierre Jeunet. Avec : Sygourney Weaver, Winona Ryder, Ron Perlman, Dominique Pinon, Gary Dourdan. Distribué par : 20th Century Fox. Durée : 01 H 49 (version courte) – 01 H 56 (version longue).

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5 commentaires

  1. C’est un peu violent comme verdict. C’est vrai que c’est un opus très second degré, Jeunet ne prend pas les aliens très au sérieux. C’est sans doute là que tu vois une trahison. Pour le reste, je trouve que c’est un très bon film, et je pense que Weaver est meilleure que jamais dans son rôle, par son ambiguïté assumée envers les Aliens. C’est ce que je retiens de ce film avec le recul. C’est sans doute son meilleur rôle à la dame.

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    • Ben le second degré est franchement pas à sa place ici (enfin pour moi). La saga Alien pour moi c’est des frissons, des créatures mortellement fascinantes, un survival S-F, et Alien la Ressurection c’est pas ça.
      La relation ambigue de Ripley avec l’Alien est une bonne idée malheureusement gâchée par cet humour second degré (les blagues de la dame n’ont pour moi rien à foutre là) et par une scène finale qui frise le ridicule (voire même le dépasse)

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  2. le plus faible de la saga mais pas une bouse, on reconnait le style Jeunet par petite touches et quelques séquences sont très réussies (la poursuite dans la flotte) la dernière scéne avec l’alien hybride est effectivement ratée. Weaver cabotine mais dans l’ensemble ça passe enfin c’est mon avis.

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      • C’ est celui que j’ aime le moins, mais bon vu les contrainte sur le tournage (Jeunet harcelé par les « executifs »), il reste tout de même des bonnes idées. Mais c’ est clair que la saga n’ avait pas besoin de 4ème volet (même si paradoxalement la créature le mérite de par son aura).
        Entre le 3 et 4 sur 7 pour moi…..

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