Martin de George A Romero (1977) par Marc Shift

Martin n’est pas un jeune homme comme les autres, il est obsédé par le sang, qu’il se procure en droguant et tuant, des jeunes femmes de préférences. Il va être hébergé par son oncle qui est persuadé de donner l’asile à un nosferatu….

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Night of a living serial killer

Ecrire des chroniques de films aussi lumineuse soit elle, n’est pas non plus synonyme de savoir encyclopédique sur les films de genre, car comme de nombreuses personnes je connais l’œuvre de Romero par son prisme zombiesque, représentant pourtant « seulement » 1/3 de sa filmographie. Tout comme moi il est urgent de réparer cette erreurs, et voici pourquoi…

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Alors oui bien évidement ce film tourne autours d’une de mes thématiques favorites (si si j’en ai d’autre), le tueur en série, et en plus je sais très bien que le film a une excellente réputation, à se demander pourquoi je ne l’ai pas vu plus tôt (mais il y a quand même des éditions de piètres qualités, j’en ai trouvé une bonne).

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Au delà du thème du serial killer, qui n’est d’ailleurs pas réellement au centre du film, Romero livre là selon ses dires son film préféré et le plus personnel et après une entrée en matière absolument brillante avec ce meurtre dans le train, utilisant un découpage chirurgical, la précision de la mise en scène centrant les actes du tueur sur des fantasmes et des névroses plutôt réaliste, Romero fait rapidement bifurquer son récit vers un univers plus fantastique et brouillera les cartes sur l’identité du tueur….

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Rapidement on comprend que ce brouillage est dans la tête de Martin lorsque celui ci va être recueilli par son oncle. Cet oncle voit en Martin un « nosferatu », issu d’une très ancienne faute perpétré par de lointains ancêtres et se met en devoir de l’exorciser par divers moyens que Martin ne tarde pas à tourner en ridicule….sans pour autant nier totalement son étrange nature.

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C’est dans cette partie que Romero distille le coeur de son argumentaire, une satyre sur le poids des superstitions, de la religion en centrant son récit sur Martin, pas un héros mais plutôt en victime d’un univers familial plus prompt à voir des signes démoniaques aux moindres événements qu’à prodiguer des marques d’affections. En utilisant parcimonieusement des touches fantastico/gothique (par flashback avec des plans très travaillés) au sein d’un cadre ultra-réaliste (tourné à Pittsburgh ville plutôt industriel, le carcan social, des dialogues tournant autours du boulot….) Romero parvient à créer de l’empathie envers Martin.

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Car le monstre qu’est devenu Martin, lui même de plus en plus persuadé d’être une sorte de vampire, sa famille ainsi que son oncle, en son la cause…De la à dire que les superstitions / religion / carcan moraliste sont à l’origine des plus grands monstres qui nous entoure…je vous laisse le soin de regarder le monde qui nous entoure pour répondre à cette question.

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Malgré tout le film n’est pas exempt de certaine faiblesse. Déjà dans son rythme car une fois l’intrigue installée le film perd en intensité avant d’aborder le dernier 1/3, et les acteurs sont assez inégaux, car si John Amplas, jouant Martin, est véritablement excellent,  pour moi il n’en est pas de même pour Lincoln Maazel campant son oncle, Cuda, ayant bien du mal à se mettre au niveau. Les autres, comme Tom Savini (dans un rôle assez succinct mais important), Christine Forrest (jouant la cousine de Martin, et qui par ailleurs deviendra la femme de Romero…), ainsi que Romero lui même en prêtre préférant la boisson au sermon, campent des personnages plus consistants.

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Reste que le film est très solide malgré ses imperfections et son budget assez ridicule (même pour l’époque), qu’il recèle de véritable moment de virtuosité, avec un scénario suffisamment malin jusqu’à son final abrupt qui laissera au spectateur le soin de créer sa propre opinion….

excellent, brillant
excellent, brillant

Martin de George A Romero (1977, USA) prod. Richard P. Rubinstein, avec John Amplas, Lincoln Maazel, Tom Savini (ainsi que maquillage et effets spéciaux bien évidement)…..durée 1h35

Pour une fois pas de lien direct….

http://www.cinetrafic.fr/video/bande-annonce/58684/bande-annonce-martin-romero

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